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A Paris, dans la nuit du 8 au 9 juin 1997, le peuple de pierre et de bronze a
pris parti pour la cause zapatiste. Du quartier Latin à la place de la
république, les statues ont manifesté leur sollidarité avec
les indiens du sud-est du Mexique en adoptant provisoirement la pièce de
leur costume qui symbolise leur révolte : le passe-montagne ou le paliacate
(bandana du Chiapas), suivant la coquetterie de chacune. S'étant donné
le mot dans l'Europe entière, elles ont choisi ce jour pour protester :
contre le refus, sous un fallacieux prétexte, du gouvernement d'appliquer
les accords qu'il a signés avec l'Armée zapatiste de libération
nationale ; contre les violences perpétrées envers les populations
civiles du nord Chiapas par les guardias blancas, sous l'il bienveillant
de l'armée et de la police ; et enfin, contre 'l'invitation' à quitter
le territoire prononcée contre 12 observateurs européens. Leur 'crime'
: avoir voulu éviter par leur participation à une manifestation
de personnes ayant dû fuir les agressions des guardias blancas du nord du
Chiapas, de nouveaux actes de violence.
Le Mexique essaye de passer, aux yeux de l'opinion internatinale, pour un pays
démocratique. Pourtant aujourd'hui, le gouvernement trahit ses engagements,
entretient une guerre de 'basse intensité' contre la population civile,
protège les auteurs de violences et poursuit ceux qui travaillent à
la paix et au respect des droits humains.
La présence d'observateurs gène le pouvoir mexicain : celui-ci aurait-il
quelque chose à cacher ?
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