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Raul Salinas de Gortari, frère de l’ex-président Salinas, est arrêté dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Ruiz Massieu, secrétaire général du PRI, le 28 Septembre dernier, assassinat dont il est soupçonné d’avoir été le commanditaire. Les deux précédents enquêteurs sur cette affaire sont, eux, soupçonnés d’avoir manipulé l’enquête. . On parle de début de retour des réfugiés. La présence de l’armée est pourtant toujours très forte, mais les conditions de survie dans la forêt sont très difficiles. . Parallèlement à la destruction des villages indiens, le gouvernement essaie de créer de nouveaux villages au Chiapas. Pour cela les autorités demandent 5000 pesos (soit dix fois le salaire minimum) pour donner des terrains pour construire des maisons, et demandent aussi de dénoncer les zapatistes. Il s’agit en fait de créer des “villages stratégiques”, pour encercler l’EZLN avec une population qui n’est pas sous son influence, et de le couper ainsi de ses bases d’appui. . La commission législative approuve le projet de loi “pour le dialogue, la conciliation et la paix digne au Chiapas” (loi d’amnistie), proposée par le gouvernement avec l’avis de quelque députés et sénateurs de l’opposition. Cette loi prévoit la suspension des mandats d’arrêt contre les dirigeants de l’EZLN pour 30 jours, mais pas l’arrêt des arrestations ni des procédures judiciaires, et ne reconnaît pas ni l’EZLN ni la CONAI. . Le dirigeant du PRD de Vera Cruz dénonce que sous prétexte de chercher des zapatistes, le gouvernement a opéré 150 perquisitions illégales, a lancé des mandats d’arrêt contre des militants, et kidnappé et torturé des citoyens.
La Jornada avance l’hypothèse selon laquelle la stratégie militaire de lutte contre l’EZLN, et en particulier celle des “villages stratégiques”, aurait été négociée avec le gouvernement Américain, en échange des informations sur les dirigeants de l’EZLN. . A Mexico, le maire parle de durcir la répression des manifestations et des blocages de rues, pour contrer la mobilisation.
L’armée a complètement détruit le village de Prado Pacayal, l’un des plus gros de la région ( 700 habitants, Tzeltals pour la plupart ). Ils ont détruit le petit hôpital, les maisons. Protégés par l’armée, les éleveurs ont volé le bétail des habitants. Quelques-uns n’osent pas rentrer chez eux, parce que les soldats ont marqué les portes. On dit que très près de ce village, Marcos avait sa maison.
Trois semaines après la fin officielle de l’offensive militaire, il y a toujours un blocus militaire (non officiel) qui rend très difficile l’accès à la zone. L’armée occupe toujours 152 communautés de la zone; à Las Margaritas, il y a 5000 soldats. . La situation est critique en ce qui concerne la nourriture et les médicaments. Des épidémies se déclarent, entre autres une épidémie de varicelle. Une caravane de 5 tonnes d’aliments et de médicaments part de Comitan et Las Margaritas vers La Realidad, sans savoir si l’armée va les laisser passer. Une autre, à l’initiative de l’Organisation Multidisciplinaria para la Salud de la Poblacion Indigena Marginada partira le 18 Mars pour La Realidad et apportera de la nourriture, des médicaments, des outils de travail de la terre et des ustensiles domestiques à la population de la forêt. . Dans le cadre de la répression des dirigeants zapatistes, le procureur général de la République annonce 21 personnes emprisonnées, 14 en fuite, et 6 laissées en liberté. Chiffres officiels.
Le bras de fer autour du cas de Samuel Ruiz se poursuit. Des éleveurs, des propriétaires de terres et des commerçants ont annoncé une manifestation contre Ruiz, pour la présence de l’armée et le récupération des terres occupées par les paysans. De l’autre côté, les déclarations de soutien à Ruiz se multiplient, et la population de San Cristobal continue de défendre la cathédrale de la ville. . Mexico. une manifestation pour la paix et contre le projet de loi d’amnistie a rassemblé 40 000 personnes.
Début à l’Assemblée Nationale de la discussion sur la loi d’amnistie. Celle-ci a été très contestée dans les milieux de gauche les jours précédents. Pour sa part l’EZLN manifeste son refus de cette loi d’amnistie, qu’elle qualifie d’humiliante, indigne et d’injuste.
Cardénas et 20 députés du PRD sont allés rendre visite et exprimer leur solidarité aux présumés membres de l’EZLN emprisonnés, que Cardénas a qualifié de prisonniers politiques. . Discours de Zédillo dans lequel il affirme son attachement à l’État de Droit, aux droits de l’Homme, ainsi que sa volonté de régler le conflit du Chiapas par le dialogue. . Le Mexique demande l’extradition de Mario Ruiz Massieu, arrêté aux États-Unis le 4 Mars, alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour l’Espagne avec sa famille. Outre une fraude à la douane, cet ex procureur général adjoint du Mexique est accusé, d’avoir, dans le cadre de ses fonctions, couvert l’assassin de son frère José Francisco Ruiz Massieu pour protéger le gouvernement Salinas, lequel semble de plus en plus impliqué dans l’affaire. Soupçonné d’être lié au narco trafic, Mario Ruiz Massieu fait aussi l’objet d’une enquête au sujet de sommes importantes qu’il a déposé sur des comptes aux États-Unis, alors qu’il était en fonction. . On apprend que Raul Salinas de Gortari encoure une peine de 40 ans de prison.
Le Congrès Mexicain a approuvé l’accord de sauvetage financier du Mexique par les États-Unis et le F.M.I.. Ont voté pour : le P.A.N. (droite) et le P.R.I. , contre : le P.R.D. et le P.T.
Pour la première fois depuis l’offensive de l’armée, 3000 indiens ont manifesté à San Cristobal, pour soutenir Samuel Ruiz et exiger le retrait de l’armée. . La Commission Nationale des Droits Humains (organisation dépendante du gouvernement mexicain) a recensé 379 cas de violations des Droits de l’Homme liées au conflit. . La loi d’amnistie a été approuvée par le Sénat. Selon la Jornada, les amendements exigés par l’E.Z.L.N. auraient été pris en compte. . Affaire Ruiz Massieu, suite du feuilleton : Carlos Salinas de Gortari, président du Mexique à l’époque des faits, apparaît de plus en plus comme le commanditaire de l’assassinat. Vrai ou faux, il semble en tous cas que l’équipe Zédillo veuille faire d’une pierre deux coups : d’un côté se débarrasser de ses rivaux politiques, de l’autre ils essayer de donner le change en prétendant nettoyer le P.R.I.. . D’après le Wall Street journal, en raison de l’aggravation de la crise, il est possible que le Mexique se trouve dans l’impossibilité d’honorer sa dette, et ce, malgré le plan de sauvetage de 52 milliards de dollars. . Un reportage de la chaîne de télé NBC sur le cartel de Golfo, principal groupe de trafic de drogue au Mexique, estime les revenus des trafiquants à 50 000 millions de dollars . D’après le FBI et la DEA (Office anti-trafic), le Cartel donne entre 40 et 50 millions de dollars de pots de vins aux autorités mexicaines.
La Chambre des Députés a adopté la loi d’amnistie par 424 voix pour, 7 contre, et 2 abstentions. Les voix contre proviennent du PRD, et notamment de Rosario Ibarra de Piedra, membre de la Convention Nationale Démocratique, qui a condamné la loi en affirmant qu’il s’agissait d’un “piège”, et qu’il n’y avait pas de garanties qui permettraient de faire confiance au gouvernement. Cette loi ne parle pas de retrait de l’armée, ni de libération des prisonniers politiques. . Un porte parole du Procureur de la République annonce par ailleurs la prochaine mise à exécution de trois mandats d’arrêt lancés contre des personnes liées à L’EZLN. Il parle aussi d’importants moyens mis en oeuvre par la police dans les montagnes de Vera Cruz pour capturer des insurgés. . Le cinéaste Olivier Stone demande la mise en liberté de Elorriaga Berdegué et de Maria Eiloria Benavides, prisonniers victimes selon lui d’accusations fausses. Il est d’ailleurs aujourd’hui admis que les fameuses “caches d’armes” trouvées à Mexico et qui ont servi de prétexte à l’offensive répressive du 9 Février dernier ont été inventées par la Police. . Un plan économique “de stabilisation”, adopté par le gouvernement, prévoit entre autres mesures la réduction des dépenses publiques et l’augmentation des prix et des impôts. L’enjeu est, encore une fois, d’attirer les capitaux étrangers. Pour la période Janvier- Février, l’inflation a été de plus de 8%.
Amado Avendano, gouverneur rebelle du Chiapas a appelé la société civile à ne pas les “laisser seuls”. . En Janvier-Février 94 il y a eu 250 000 licenciements, soit, en deux mois, presque autant que pendant toute l’année 94.
Entrée en vigueur de la loi d’amnistie. . La CONAI (Commission de Médiation) demande le retrait de l’armée, afin d’offrir de bonnes conditions pour le dialogue. En effet, les habitants de la région dénoncent le fait que l’armée cherche à faire croire qu’elle se retire, mais qu’en fait les militaires se cachent dans la forêt et continuent de poursuivre les membres de l’EZLN. . Le PAN dit craindre que la mise en oeuvre du plan économique de stabilisation provoque une explosion sociale et condamne le fait que ce soit la population qui supporte le coût de l’ajustement. . 40 % des investissements étrangers entrés au Mexique entre 89 et 94 ont quitté le pays depuis un an. . Carlos Salinas de Gortari s’enfuit aux États-unis.
Cardenas, accompagné d’une commission de la “gauche unie” espagnole (communistes), dénonce la loi d’amnistie et les emprisonnements arbitraires de présumés membres de l’EZLN.
Le PAN, le PRD et le PT, les trois partis d’opposition représentés à la chambre des députés ont annoncé qu’ils voteraient contre le plan économique. . La Commission Bancaire Nationale déclare qu’il est établi que Mario Ruiz Massieu a accumulé plus de 11 millions de dollars sur ses six comptes aux États-Unis.
Le gouvernement annonce qu’il a ordonné la disparition des barages militaires et le rétablissement de la liberté de circulation dans la zone de conflit. En fait, l’armée a ordre de sortir des villages, mais sans abandonner ses positions autours des communautées et dans la forêt. . Une “commission de Concorde et de Pacification”, prévue par la loi d’amnistie, a commencé à fonctionner. Après une visite dans 35 villages du Chiapas, celle-ci reconnaîtra le 18 Mars que la sortie de l’armée des villages et son instalation dans les alentours ne remplit pas les conditions nécéssaires à la reprise du dialogue. . La CONAI déclare que les mesures annoncées par le gouvernement ne permettent pas la reprise du dialogue. Il faudrait libérer les prisonnier s politiques, cesser le harcèlement contre Samuel Ruiz et éliminer les “guardias Blancas” (milices privées des propriétaires de terres, connues pour leur violences). . Le congrès du travail, (qui est le principal organisme syndical du Mexique et regroupe des syndicats officiels ) a rejeté l’augmentation des salaires de 10 % proposée par le gouvernement, en disant que cette augmentation n’est qu’un leurre, vu l’ampleur de la chute du pouvoir d’achat. . L’Union Européenne et le Mexique ont décidé de commencer des discussions pour la mise en place d’un Accord d’Association visant à augmenter les échanges commerciaux et politiques.
Sur les 80 kilomètres qui séparent Las Margaritas de Guadalupe Tepeyac, l’armée n’a pas encore exécuté l’ordre de levée des barages donné par le gouvernement. . De source gouvernementale, on dément la rumeurs selon laquelle Marcos serait mort dans un affrontement avec l’armée. . La Covac et la Sedac, qui sont des organisations représentant plus de 200 communautées indigènes dans l’état de Hidalgo, dénoncent le harcèlement constant qu’elles subissent de la part des autorités, qui recherchent d’éventuels liens avec les zapatistes. Le siège de ces organisations a été perquisitionné, et leurs comptes bancaires ont étés arbitrairement gelés. . Le Mouvement des Citoyens pour la Démocratie dénonce à San Cristobal le harcèlement contre les familles qui défendent la cathédrale et l’évèque Samuel Ruiz.
Dans un communiqué daté du 11 Mars, l’EZLN déclare que la loi d’amnistie n’est pas satisfaisante, mais qu’elle contient des éléments qui peuvent permettre la reprise du dialogue, et annonce qu’ils reprendront le dialogue dans le cadre de cette loi ; que ce dialogue sera épistolaire dans un premier temps, et personnel seulement lorsque l’armée se retirera à ses positions d’avant le 8 Février 95. Dans ce même communiqué, l’EZLN salue l’importance des mobilisations de la société civile nationale et internationale, qui ont pesé en faveur de cette reprise du dialogue. . D’après le ministère du trésor, le Mexique aura besoin en 95 de 29 Milliards de dollars pour payer la dette extérieure. Le gouvernement justifie par ce chiffre sa décision d’augmentation de l’IVA (TVA mexicaine).
Selon le témoignage de certains journalistes, l’armée a, dans la montagne, opéré une distinction entre des villages considérés comme “non zapatistes”, où la population a été respectée , et d’autres considérés comme “zapatistes”, qui ont été sacagés. Dans ces villages, les problèmes de famine et de maladie sont énormes. . La situation militaire n’a en fait pas évolué depuis l’offensive du 10 Février. . Les prisonniers politiques Elorriaga Bedegué et Jorge Santiago (en prison au Chiapas) et la défense de Maria Gloria Benavides (emprisonnée à Mexico) dénoncent le caractère politique de leur procès et le manque de preuves de ce dont on les accuse. Ces personnes avaient été capturées lors de l’offensive du 10 Février. . Amado Avendano, gouverneur rebelle du Chiapas, a assisté à l’inauguration d’un consulat en rebellion à Chicago. La consul, Maria Alcauter, a déclaré qu’elle ne donnerait pas de documents officiels, mais qu’elle défendrait le peuple mexicain exilé à Chicago. . La Jornada publie la lettre de solidarité envoyée de Paris par plus de 50 personnes et co-signée par le Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte. . Adoption par les députés de l’augmentation de la TVA, qui va passer de 10 % à 15 %. Seul le PRI a voté pour. Cette mesure est très impopulaire, et on attend des contestations fortes dans les mois prochains. . D’après le directeur de PEMEX (le monopole pétrolier), les réserves de pétrole du Mexique ont baissé de 1.296 millions de barils en 94. Les États Unis sont le principal client (75 % des ventes) du pétrole mexicain.
Publication de deux communiqués “littéraires”. Le premier, daté du 12 Mars et signé par le commandement de l’EZLN, fait état de leur intention de continuer la lutte. Dans le second, daté du 14 Mars, Marcos raconte leur vie en fuite et critique le gouvernement mexicain. . Campagne à San Cristobal pour demander la mise en liberté de Jorge Santiago Santiago, conseiller de la CONAI, et emprisonné depuis 36 jours. Cette campagne dénonce le fait que le gouvernement s’attaque aux ONGs. . Les “auténticos coletos” (citoyens anti zapatistes et favorables à la présence de l’armée) décrètent une pause dans leur combat contre Samuel Ruiz et la CONAI, mais déclarent qu’ils ne cèderont pas. . Le gouvernement annonce la vente de 61 installations de pétrochimie, activité la plus rentable de ce secteur industriel. . Les exportations des “maquiladoras” (il s’agit de ces usines à capitaux étrangers, qui importent des produits non finis, les transforment en produits finis et les réexportent), ont augmenté en 94 de 20 % par rapport à 93, pour représenter aujourd’hui plus de 43 % du total exporté par le Mexique. En fait, l’activité des maquiladoras est la seule qui n’a pas arrêté sa croissance depuis longtemps. Son solde commercial, positif, est de 5.775 millions de dollars.
La Sedeso (ministère du gouvernement pour le développement social) annonce le retour de 4000 réfugiés. il y a eu, selon eux, 17 000 réfugiés depuis le début du conflit, dont 80 % habitent à Las Margaritas et Ocosingo. . La Coordination de Emergencia en el Estado de Chiapas, formée par la CONPAZ et le CDHBFBC ( Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de las Casas, organisation non-gouvernementale de défense des droits de l’Homme), annonce l’instalation de 9 campements dans la zone de conflit pour apporter une aide humanitaire aux personnes affectées et surveiller le respect des droits humains. Elle annonce que 17 caravanes apportant de l’aide humanitaire arriveront d’ici à la fin du mois, et dénonce le harcèlement des communautés, les détentions arbitraires, la destruction des outils de travail, les assassinats et les exécutions sommaires perpétrées par l’armée.
La commission de Concorde et de Pacification déclare que les condition du dialogue sont maintenant réunies, et fait pression sur l’EZLN pour qu’elle accepte un dialogue direct. . Le groupe des représentants d’indiens de la région (Tzeltales, Tzotziles, Choles, Zoques et Tojolabales) qui a parcouru 1 100 kilomètres depuis le Chiapas jusqu’à Mexico est rentré parce que les autorités n’ont pas voulu entendre leur revendication : le dialogue pour une solution politique aux conflits dans la société. Ils sont restés 12 jours sur la place principale de Mexico. . En Janvier 95, le chômage était de 4,5% de la population active (ce chiffre ne prend pas en compte les employés dans le secteur “informel” de l’économie).
Des étudiants de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM), organisent une solidarité matérielle (aliments, médicaments, vêtements ...) et politique (demande du retrait de l’armée, d’une solution pacifique, et soutien à la CONAI). . 20 % des industries et commerces de Nuevo Leon (la deuxième zone industrielle du Mexique) sont en situation d’insolvabilité face aux banques.
Des membres de la Copoca (Commission pour la Concorde et la Pacification)
informent que la Copoca et le Ministère de l’Intérieur attendent
une réponse de l’EZLN à leur proposition sur les conditions
du dialogue. En fait le dialogue se fait pour l’instant par lettres. Le
contenu de ces lettres reste secret, mais on dit que les principaux sujets
de discussion sont :
a) La présence de l’armée dans la zone
b) le délai de suspension des mandats d’arrêt
c) la création d’espaces “neutres”, pour le dialogue.
Le gouvernement du Chiapas annonce qu’il prévoit le retour de 11.500
réfugiés et que pour aider au retour il offre des outils
de travail, des ustensiles domestiques, de la nourriture et une aide pour
le transport.
4.000 indiens Tzeltales et Tojolabales réfugiés dans la montagne depuis l’offensive du 9 Février annoncent qu’ils ne retourneront pas dans leurs communautés tant que l’armée mexicaine restera dans la zone, et dénoncent la pratique du gouvernement qui essaie de les faire rentrer en leur donnant des aliments. . Un affrontement armé a fait quatre morts dans des circonstances peu claires dans l’éjido Emiliano Zapata, communauté de Tumbala. Selon le procureur du Chiapas, l’affrontement se serait produit lorsque près de 100 militants du PRD auraient attaqué la communauté, à majorité PRIiste. Selon une autorité locale, ce serait l’EZLN qui aurait attaqué la communauté. . D’après le ministre des finances Guillermo Ortiz, entre Janvier et Mars 95, le Mexique a liquidé 16 milliards de dollars de sa dette extérieure. . D’après la Chambre de Commerce, l’activité commerciale perdra 100.000 postes en 95. Entre Janvier et Mars 95, cette activité a perdu 20.000 emplois.
Des représentants des caravanes “para todos todo” et “pastores por la paz”, qui apportent 170 tonnes d’aide humanitaire pour le Chiapas, dénoncent le harcèlement de la part de la Sécurité Publique (fouilles exagérées) et les obstacles des autorités mexicaines, qui font perdre beaucoup de temps. Ces caravanes sont arrivées dans l’état de Vera Cruz. . Plus de 1.100 membres de la faculté de philosophie de l’UNAM demandent la mise en liberté de Javier Elorriaga et des autres prisonniers politiques. . Depuis 14 ans, le salaire réel a baissé au Mexique de façon continue : entre 88 et 94, la perte a été de 28 %. en Janvier 95, le salaire minimum était de 528 pesos, soit environ 500 francs. . Trois installations pétrolières ont été inaugurées par Pemex, avec un investissement de 40 millions de dollars.
Des paysans, membres de l’Organisation Campesina (paysanne) Emiliano Zapata (OCEZ), qui occupaient des terrains dans la communauté de Venustiano Carranza, ont étés attaqués par des éléments de la sécurité publique, de la police et de bandes paramilitaires. Il y a deux morts parmi les paysans.
La Caravana internacional por la paz (qui regroupe plusieurs caravanes dont celle de Pastores por la paz) a été attaquée par dix individus, qui ont ouvert le feu sur un bus dans lequel il y avait 48 personnes. Ils ont volé de l’argent et crié : “ne vous mêlez pas de cette lutte, l’armée fédérale ne partira pas”. Une personne a été légèrement blessée. Tom Hansen, le directeur de Pastores por la paz, dit qu’il faut considérer comme possible la présence de membres de l’armée ou de la police parmi les attaquants. Cette caravane, formée de 350 personnes et 21 véhicules, transporte 180 tonnes d’aide humanitaire. . Un groupe de militants du PRD a pris la “présidencia municipal” (mairie) de Tonala, et retenu le maire et quelques fonctionnaires. Ils demandent la création d’un Consejo Municipal (autorité collective et provisoire). . Selon certains dirigeants des entrepreneurs du Chiapas, le ministre de l’intérieur leur aurait promis de demander au Vatican le départ de Samuel Ruiz du diocèse de San Cristobal, une fois le conflit réglé. Ils se sont aussi adressés au représentant du pape Giromalo Prigione, lequel a promis d’envoyer une demande au Pape. (En Octobre 93, Rome avait déjà, par la voix de Prigione, demandé à Ruiz de démissionner, suite à des pressions du même ordre. Il s’en était suivi une manifestation de 15.000 indigènes devant la cathédrale de San Cristobal, en soutien à leur évêque ; le Vatican recula.)
Dans une lettre adressée au Procureur de Justice et au Gouverneur du Chiapas, et publiée dans la Jornada, la CONPAZ dénonce les événements du 27 mars, et donne des précisions : “(...)Les faits se sont produits alors que les indiens de la Casa del Pueblo allaient occuper 2500 hectares de terre qui sont leur propriété par arrêt présidentiel du mois d’août 1965, terres qui pourtant ont été occupées depuis par des petits et grands propriétaires. Alors qu’ils arrivaient au pont Rio Blanco, dans la même communauté, les indiens, qui voyageaient dans des camions, ont été interceptés par neuf voitures de la sécurité publique et des “gardes blancs”, qui les ont empêché de continuer. Ne pouvant passer avec les camions, les indiens ont décidé de continuer à pied, à travers de leurs terres (ces 2500 hectares sont voisins des terrains de la Casa del Pueblo). A ce moment-là, les policiers et les gardes blancs ont commencé à utiliser des gaz lacrymogènes et à tirer des coups de feu. Dans l’action, MM Israel Perez Vasquez de la Torre et Javier Jimenez Aguilar sont morts. Natividad Vasquez Vasquez est dans un état grave à l’hôpital de Tuxtla Gutiérrez.” . Dans l’état du Chiapas, l’analphabétisme est estimé à 40% de la population, soit 3 millions d’habitants. . D’après l’Institut National de Lutte contre la Drogue, Juan Garcia Abrego, le plus gros trafiquant du Mexique, possède une fortune d’environ 15 milliards de dollars ; on estime qu’il peut contrôler 10% des agents fédéraux anti-trafic. L’institut, qui fait partie de la Police du Mexique (GPR), indique que Enrique Alvarez del Castillo, Procureur Général du pays pendant le gouvernement Salinas, et Javier Cuello, chargé de la lutte contre la drogue, accorderaient leur protection à Garcia Abrego. .Au moins huit lignes aériennes on dû cesser de fonctionner suite à la hausse des coûts née de la dévaluation, ainsi que la chute des demandes.
Publication de deux communiqués de l’EZLN datés du 24 Mars. Dans le premier, Marcos décrit la vie des communautés indiennes sous l’occupation de l’armée. Dans le second, les dirigeants zapatistes rendent publiques les propositions qu’ils ont faites le 12 mars au gouvernement concernant le dialogue, à savoir : . Ils acceptent la loi d’amnistie comme point de départ des conditions pour le dialogue. . Pour le dialogue, ils proposent quatre lieux possibles, tous les quatre à Mexico : la cathédrale de Mexico, l’Université Nationale, la basilique Guadalupe, ou le siège de l’ONU ; ceci parce que ces quatre lieux présentent les conditions de neutralité nécessaires au dialogue, tandis que la présence de l’armée et des “gardes blancs” au Chiapas empêche que le dialogue ne s’y déroule. . Ils proposent comme sujets de discussion des sujets d’intérêt régional ou national, la trêve, la participation politique de l’EZLN et de ses membres. . Le ministère de l’intérieur répond que, selon la loi d’amnistie, c’est la Copoca qui doit proposer le lieu des négociations, et que l’agenda des discussions doit se faire en accord avec les deux parties. . L’armée mexicaine a empêché près de 400 membres de la CND, de la Caravane pour la Paix, et individus d’entrer à Aguascalientes (Chiapas), pour y tenir une réunion. Quand la députée Rosario Ibarra leur a fait savoir qu’il s’agissait d’une violation de la constitution mexicaine, les soldats on répondu qu’ils agissaient sur ordre présidentiel. . Des indiens “évangélistes” et des catholiques traditionalistes se sont affrontés à coup de feu à San Juan Chamula (village près de San Cristobal). Bilan : deux blessés. La version officielle dit qu’il s’agit de problèmes “régionaux”, mais des dirigeants évangélistes disent que le fond du problème est économique et politique. En effet, les évangélistes se sont déclarés de façon plus ou moins officielle en faveur du gouvernement en rébellion. . Le Mexique va augmenter sa production de pétrole, qui va passer 2.685 à 2.785 millions de barils par jour ; on peut penser que cette augmentation a pour but de s’assurer les devises nécessaires au paiement de la dette. Entre janvier et mars 95, la dette mexicaine sous forme de Tesobonos (bons du trésor) a baissé de 45%. ( passée de 29.206 à 16.206 millions de dollars). . La chambre de commerce annonce que 300 entreprises contrôlent 70 % des exportations mexicaines. . D’après les nations unies, le Mexique présente un niveau de destruction des forêts parmi les plus élevés du monde ; pourtant, entre 87 et 94, le produit de la sylviculture a baissé de 35%. . Le Mexique a d’ores et déjà touché 12,8 milliards de dollars sur les 53 accordés par le plan d’urgence.
Dans un rapport officiel, l’armée et la police donnent les chiffres suivants : . 227 zapatistes ont déserté depuis le début du conflit, . Il y a eu trois affrontements au mois de février, dans lesquels un officier et deux zapatistes sont morts, et trois rebelles faits prisonniers, . Depuis janvier 94, il y a eu cinq attentats dans le pays, dont deux revendiqués par le PROCUP (groupe armé clandestin d’ultra gauche), . Sur les 40 personnes sous mandat d’arrêt, 15 sont en fuite et 6 ont été remises en liberté par manque de preuves. (Chiffres officiels). . La Copoca a proposé six endroits possibles pour le dialogue, tous dans le Chiapas. . Le salaire minimum augmente de 12%, soit 1,96 peso par jour, (soit 2 francs), tandis qu’on attend une inflation de 100% pour l’année 95. Le salaire minimum passe ainsi à 556,32 pesos. Le porte-parole des syndicats “charros” (“vendus”, c’est à dire les syndicats officiels) a déclaré que la paix sociale était plus importante que n’importe quelle augmentation du salaire minimum, qu’il ne fallait donc pas s’obstiner davantage, ni risquer d’attiser l’inflation en augmentant trop les salaires.
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