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Selon la Commission Nationale des Droits de l’Homme (il s’agit d’une commission officielle), les sept personnes qui ont été emprisonnées à Vera Cruz ont été torturées psychologiquement et physiquement, et cela a été caché par les médecins et les autorités qui les ont vues. . Les travailleurs de Ford Mexique ont obtenu une augmentation de salaire de 25 %, plus 4 % de prime ; ce sera sûrement l’augmentation la plus importante de l’année au Mexique.
Le ministère de l’intérieur a accepté la proposition de la Cocopa pour le dialogue, ce qui est une façon de dire qu’il n’acceptent pas les propositions de l’EZLN (en particulier en ce qui concerne le lieu de ce dialogue, Mexico ou le Chiapas).
Le sous-commandant Marcos a envoyé une lettre au responsable de la Basilique de Guadalupe à Mexico, pour lui demander de donner son accord pour que le dialogue se tienne dans cette église. Réponse négative. . Antonio Hernandez Cruz, dirigent de la Central Independiante de Obreros Agricolas (CIOAC, association de paysans, indépendante), et député du PRD, informe que des militants de la Confederacion National Campesina (association de paysans liée au PRI) ont assassiné un indien de son organisation près de Las Margaritas, sur des terres occupées depuis plus d’un an par 300 familles. La victime, âgée de 80 ans, travaillait la terre avec d’autres paysans quand les gens de la CNC sont arrivés et ont ouvert le feu. Il veulent dissuader les paysans de travailler ces terres.
A quelques jours de la fin du délai imparti par la loi d’amnistie pour entamer le dialogue, (délai qui s’achève le 9 avril), un officier de l’EZLN interviewé dans la Jornada a déclaré que le dialogue ne peut avoir lieu dans la zone de conflit, parce que les conditions de sécurité et les garanties nécessaires ne sont pas réunies. Il ajoute que le gouvernement ne veut pas que le dialogue se tienne à Mexico parce qu’il craint le soutien populaire à l’EZLN, et que l’EZLN est toujours ouverte au dialogue, mais à condition que l’armée quitte la zone.
Lettre de la CONPAZ publiée par la Jornada du 29 avril :
A monsieur Julio Cesar Ferro, gouverneur du Chiapas et monsieur Jorge E. Hernandez Aguilar, Procureur de Justice du Chiapas.
La commission des droits de l’homme de la CONPAZ a eu connaissance des faits suivants, qui ont eu lieu dans la communauté de Venustiano Carranza, Chiapas : le 27 mars dernier, près de 1000 indiens de la communauté tzotzil (Casa del Pueblo) de Venustiano Carranza ont été agressés à coup de feu par 70 éléments de la Sécurité Publique et “gardes blancs” (milices des propriétaires terriens). Cette agression a fait deux morts et quatre blessés dont un grave parmi les paysans. Les faits se sont produits alors que les indiens de la Casa del Pueblo allaient occuper 2500 hectares de terre qui sont leur propriété par arrêt présidentiel du mois d’août 1965, terres qui pourtant ont été occupées depuis par des petits et grands propriétaires. Alors qu’ils arrivaient au pont Rio Blanco, dans la même communauté, les indiens, qui voyageaient dans des camions, ont été interceptés par neuf voitures de la sécurité publique et des gardes blancs, qui les ont empêché de continuer. Ne pouvant passer avec les camions, les indiens ont décidé de continuer à pied, à travers de leurs terres (ces 2500 hectares sont voisins des terrains de la Casa del Pueblo). A ce moment-là, les policiers et les gardes blancs ont commencé à utiliser des gaz lacrymogènes et à tirer des coups de feu. Dans l’action, MMr Israel Perez Vasquez de la Torre et Javier Jimenez Aguilar sont morts. Natividad Vasquez Vasquez est dans un état grave à l’hôpital de Tuxtla Gutiérrez. Les paysans dénoncent les autorités du gouvernement du Chiapas et Jesus Orantes, Refugio Tovilla Orantes, et Maria de la Luz Pastrana comme étant les auteurs intellectuels de cet attentat. La présente commission des droits de la personne dénonce énergiquement l’utilisation irresponsable des policiers de l’État, ainsi que leur collaboration avec les gardes blanches. Nous exigeons une enquête approfondie afin d’éclaircir les faits, et la sanction des responsables, directs et intellectuels. Ceci en accord avec la Loi, et les droits de la personne humaine. Des autorités agraires, nous exigeons une responsabilité plus grande dans leurs fonctions : l’exécution normale de l’arrêté présidentiel aurait empêché les faits du 27 mars de se produire. Pour la commission des droits de l’Homme de la CONPAZ, Miguel Agel de los Santos, Edith Demesa.
César Chavez, député du PRD et porte parole de la Cocopa, annonce qu’il y a d’ores et déjà des négociations entre l’EZLN et le gouvernement par le biais de la Conai, sans en préciser le contenu. . La banque du Mexique annonce qu’entre janvier et mars 14.700 millions de dollars ont quitté le pays pour rembourser les dettes publiques et privées. . Bilan négatif de l’investissement étranger en janvier 95 : 1.856 millions de dollars d’entrées pour 17.300 millions de dollars de sorties. L’investissement étranger était à la base de la stabilité économique depuis 92. . Un sénateur américain a proposé que tout prêt du Fond de stabilisation des échanges du Trésor supérieur à 5.000 millions de dollars doive recevoir l’aval du Congrès américain.
Le gouvernement annonce la privatisation des Entrepôts Nationaux du Mexique, entreprise d’État qui joue un rôle fondamental dans le commerce mexicain, en particulier auprès des petits producteurs agricoles.
Un rapport du ministère de l’Intérieur, auquel La Jornada a eu accès, analyse les failles des services de renseignements et de sécurité de l’État Mexicain pendant le sextenat de Salinas, qui ont permis le développement de groupes tels que l’EZLN. Il signale en particulier le fait d’avoir négligé les méthodes de lutte anti-guérrilla qui avaient fait leurs preuves en 74 (anéantissement de la guérrilla dans l’État de Guerrero), ainsi que l’infiltration par les trafiquants de drogue des instances de pouvoir, qui a fait que le gouvernement était plus soucieux de cacher sa corruption et de protéger les trafiquants, que de lutter contre d’éventuels groupes insurgés. On peut penser que ce rapport préfigure une reprise en main des services de sécurité intérieure du pays. . Dans un document confidentiel sur le village de Guadalupe Tepeyac, présenté comme le quartier général de l’EZLN, et aujourd’hui occupé par près de 2.000 soldats, l’armée donne une description de l’organisation socio-économique du village zapatiste. Selon elle, il existait un programme de sécurité publique, un autre d’élevage du bétail, un autre d’éducation (maternelle et primaire, en espagnol et en tojolabal), un autre d’alphabétisation, de santé et d’intégration des familles. Ce document dit encore qu’il est probable que les personnes qui ont fui soient à cours d’aliments, mais que pourtant elles restent cachées dans la forêt. . Des militants de l’Organisation Prolétaire Emiliano Zapata (OPEZ) ont envahi 5 terrains de près de 500 hectares, consacrés à la production de bananes pour l’exportation, dans la municipalité de Suchiate, Chiapas, ceci afin de réclamer des terres. C’est la 4ème action de ce genre que mène l’OPEZ. . La Convention Estatal Democratica del Distrito Federal (ville de Mexico) demande que le dialogue EZLN-gouvernement ait lieu à Mexico, comme le demande l’EZLN, parce que l’État du Chiapas n’offre pas les conditions de sécurité nécessaires, ainsi que l’a démontré l’attaque de la caravane de Pastores por la Paz, et aussi parce que les raisons de la révolte zapatiste se retrouvent dans tout le Mexique, et qu’il s’agit donc d’un problème national (et non local, comme le soutient le gouvernement). Il ajoutent que la présence de l’armée est un obstacle au dialogue. . Après tractations interparlementaires, le sénateur américain qui avait proposé l’amendement sur les prêts du Fond de stabilisation des échanges du Trésor le retire, mais les députés votent un contrôle du Congrès américain sur les prêts au Mexique, incluant la possibilité de suspendre ces prêts si le gouvernement américain n’informe pas le Congrès sur les performances du Plan et l’utilisation des fonds. (Cette mesure doit encore être approuvée par le Sénat et le président). Depuis février, il y a eu différentes prises de position contre l’accord de sauvetage au Congrès, la plupart dues à des jeux politiciens entre républicains et démocrates. Cependant on commence à entendre des critiques comme quoi ces prêts serviraient à sauvegarder les intérêts des grands capitalistes américains et mexicains. . Avec la privatisation des chemins de fer, on estime que ceux-ci vont être rachetés par leur ancien propriétaire, l’entreprise américaine Union Pacific. . Mise en place d’un programme de capitalisation des banques, pour une valeur de 6.488 millions de pesos, soit environ 70% des capitaux des six banques concernées. L’objectif revendiqué est de permettre aux banques de faire face aux impayés, mais on peut aussi y voir une “nationalisation silencieuse”.
Publication de trois communiqués de l’EZLN. Le premier, daté du 3 avril et destiné au ministre de l’Intérieur, dit que suite à l’intérêt et aux mobilisations de la société civile nationale et internationale, et bien que le gouvernement n’ait pas clairement manifesté sa volonté de rechercher la paix, ils acceptent le dialogue afin de donner l’exemple. Le second communiqué est un communiqué “littéraire”, et le troisième, daté du 5 avril, dit que malgré les risques que cela représente pour eux, l’EZLN accepte une première rencontre avec le gouvernement, le 9 avril, dans l’ejido San Miguel, municipalité de Francisco Gomez (ex-Ocosingo). La discussion portera sur les principes du “protocole de base pour le dialogue et la négociation d’un accord de paix avec justice et dignité” et sur la réalisation (date, lieu, agenda) de la prochaine rencontre. l’EZLN demande à l’opinion publique de prêter attention au déroulement de ce dialogue. (Le village retenu pour le dialogue se trouve dans une zone hautement militarisée : outre le centre d’opérations aériennes et terrestres d’Ocosingo, il y a, dans un rayon de 40 km, au moins 12.000 soldats. Une des seules garanties pour l’EZLN est la présence dans le village de la Croix Rouge Internationale. . Des étudiants et professeurs de l’UNAM demandent au gouvernement mexicain de permettre que la commandante Ramona, gravement malade, puisse se rendre à Mexico ou à l’étranger pour y être hospitalisée et opérée. Pour soutenir leur demande, ils donnent les n de fax suivants : (5) 590 20 21 , (5) 548 81 30 , (5) 590 09 69 , (5) 519 70 63. . 600 agents de police (et vraissemblablement des “gardes blancs”) ont attaqué les 400 personnes qui occupaient depuis la veille cinq terrains dans la municipalité de Suchiate. Bilan, selon le procureur de justice du Chiapas : un paysan mort et un autre gravement blessé, ainsi que six paysans détenus. Suite à cette action, les militants de l’OPEZ ont kidnappé 6 policiers municipaux, une secrétaire du ministère public, un agent de police et une juge. Ils disent qu’ils ne les libereront que quand les six paysans seront remis en liberté. Ils dénoncent aussi la disparition de 12 paysans, et annoncent de nouvelles prises de terres. . Dans une étude réalisée par le Centro de Investigationes Historicas de Mesoamerica y el Estado de Chiapas (associé à l’UNAM), on apprend que l’espérence de vie des indiens du Chiapas est de 44 ans, (tandis que la moyenne nationale est de 70 ans) ; que le taux de mortalité à la naissance est de 15 pour 1.000 (moyenne nationale inférieure à 6 pour 1.000) ; Que la taille moyenne des femmes a dramatiquement diminué ces dix dernières années à cause de la malnutrition, des maladies et des mauvaises conditions de vie. . Le taux d’inflation entre janvier et mars 95 a été de 14,5%. . D’après la CTM (syndicat officiel), le chômage et les emplois informels représentent plus de 30% de la population économiquement active. L’OCDE estime le chômage au Mexique à 18% ( tandis que le gouvernement donne, lui, 4,5%). . Le solde du commerce extérieur entre janvier et février 95 a été positif : + 295 millions de dollars. . Le ministère du Trésor estime que les privatisations rapporteront 2 milliards de dollars en 95.
On apprend que participeront au dialogue 5 membres du CCRI CG de l’EZLN et 5 envoyés du ministère de l’intérieur, plus des membres de la Conai et de la Cocopa. . La mairie de Mexico annonce la faillite de l’entreprise publique des bus de la capitale, et licencie 13.000 travailleurs. Dans le même temps, les autorités judiciaires annoncent que cinq dirigeants du syndicat sont emprisonnés, accusés du détournement des fonds du syndicat au profit, entre autres, du Movimiento Prolétario Indépendiente (MPI) et du Frente Popular Francisco Villa (FPFV). Cette nouvelle peut être considérée comme suspecte : la faillite de l’entreprise en question ne paraît pas crédible tant celle-ci vit de subventions, quand au syndicat Ruta 100, il est connu qu’ils soutenait l’EZLN, et il est possible qu’ il s’agisse d’un coup politique.
A San Miguel, signature d’un accord gouvernement-EZLN pour la poursuite du dialogue. Celui-ci se tiendra à partir du 20 avril dans la municipalité de Andres Larrainzar, à 20 km de San Cristobal. Du coup, les mandats d’arrêts sont toujours suspendus.
Affrontements dans des conditions peu claires pour le moment dans la communauté de Badenia, Chiapas. Selon une autorité municipale, l’affrontement aurait opposé des militants du PRI et des zapatistes, et aurait fait quatre morts et neuf blessés. Le procureur de justice du Chiapas dit, pour sa part, qu’un groupe d’hommes cagoulés, cherchant apparemment un émetteur radio, ont attaqué le village, et ajoute que le problème vient de ce que certains habitants de ce village (et de La Candelaria et San Antonio) n’ont pas accepté de soutenir l’EZLN. . Pemex annonce la découverte de trois nouveaux champs pétrolifères dans l’État de Tabasco. Les américains peuvent être contents : le Mexique augmente ses capacités de payement. . Le prix de la tortilla, aliment de base, a augmenté de 26%, passant de 0,75 à 0,95 pesos le kg. . Le Mexique et l’Union Européenne ont signé un projet de déclaration conjointe en vue d’un nouvel accord politique, économique et commercial. . Depuis 89, L’industrie des biens de capital a perdu presque la moitié de ses entreprises et plus de 70.000 emplois. La politique gouvernementale a favorisé les importations et non l’industrie locale.
Une source non identifiée proche de la Comcopa déclare que le gouvernement ne souhaite pas que la Conai participe à l’organisation du dialogue du 20 avril. Ceci pour empêcher les manifestations en faveur de l’EZLN, de Marcos et de la Conai de la part des personnes qui font partie des “cinturones de paz” (“ceintures de paix”, membres de la société civile, chargés d’assurer la sécurité), comme cela s’était produit le jour de la première rencontre à San Miguel. Ce jour-là, quelques cinq cent personnes venues être témoins du dialogue ont manifesté leur soutien à l’EZLN au dehors de la salle de discussion. . Alienza Civica (qui est une organisation qui rassemble des ONGs), révèle que le gouvernement mexicain accorde une aide clandestine d’une valeur de 10.000 dollars par mois sous forme d’un bureau et du payement des factures téléphoniques, ainsi que d’autres avantages (tourisme...), à l’Association des Correspondants Étrangers au Mexique (ACEM), le but étant de s’assurer un contrôle sur l’information concernant le pays diffusée à l’étranger. Ce genre de pratique est très répandu au Mexique.
Discussion entre le directeur de la Human Rights Watch America (HRWA) (qui est une organisation américaine de défense des droits de la personne ), et le président de le Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH, commission officielle), sur les faits qui se sont produits à l’ejido Morelia (février 1994 ) . Les cadavres de trois indiens que l’armée fédérale détenait dans le cadre de cette affaire ont étés retrouvés, et des autopsies pratiquées à l’université de Berkeley (USA ), à l’initiative de la HRWA. Le directeur de la HRWA dit que, avec les éléments qu’elles ont entre les mains, les autorités judiciaires mexicaines pourraient retrouver les coupables, si elle le décidaient. . Dans un rapport préliminaire, le Centre pour les Droits de la Personne Fray Bartolomé de las Casas (indépendant) fait part de 95 cas de violations des droits de la personne, attribuées aussi bien aux autorités municipales et fédérales du Chiapas qu’à l’armée mexicaine, pour la période du 9 février au 9 avril 95. Parmi ces violations, on peut noter la détention illégale de 105 personnes à Altamirano, Ocosingo et Las Margaritas, mais aussi des tortures, des exécutions, des harcèlements, des vols, etc. Le rapport parle aussi de détention arbitraire et de fabrication de délits pour les cas de Javier Elorriaga, Jorge Santiago Santiago et Sebastian Entzin Gomez. . Dans une lettre à la Jornada, le président de l’ACEM dément les informations données la veille par la Jornada, et explique que l’ACEM utilise un bureau dans le Centre Internationnal de Presse, lequel est financé par le gouvernement mexicain. . Le budget de la sécurité nationale, qui est de 12.764 millions de pesos, ne sera pas affecté par la diminution de 10 % des dépenses publiques prévue par le plan de stabilisation économique. . La banque mondiale recommande de libéraliser les importations de maïs. Si le gouvernement appliquait une mesure de ce genre, ce serait une catastrophe pour la plupart des producteurs et des consommateurs. . D’après le Wall Street Journal, le gouvernement mexicain aurait décidé de ne pas prélever de commissions sur les licences d’exploitation accordées dans le service téléphonique ( abandon du monopole d’État), afin d’attirer les entreprises. Le journal s’étonne parce que ces commissions étaient une source potentielle de recettes pour les finances publiques. . A la bourse, le solde des investissements étrangers est passé de 34.395 millions de dollars en Décembre 94, à 19.945 millions en Mars 95, soit une baisse de 42 %.
Le directeur de la Human Rights Watch América déclare dans la Jornada que les conditions dans lesquelles Javier Elorriaga Berdegué et Jorge Santiago Santiago ont été emprisonnés laissent penser qu’ils sont des otages politiques, et que les procédures juridiques sont douteuses. . Le ministère de l’Intérieur fait savoir qu’il accède à la demande de la Convention National de Mujeres (Commission “Femmes” de la CND) et d’autres organisations concernant la possibilité pour la commandante Ramona d’être hospitalisée. . Le ministère de l’industrie a accepté l’installation sur le sol mexicain de 250 nouvelles “maquiladoras”, ces entreprises étrangères qui importent des produits non-finis, les font transformer à bas prix par la main d’oeuvre locale et les réexportent.. On annonce des investissements européens au Mexique dans le domaine des aéroports, ce qui va entraîner l’accord de crédits européens.
Mise en liberté, faute de preuves suffisantes, de Jorge Santiago Santiago, accusé d’avoir des liens avec l’EZLN. Santiago Santiago a déclaré que son arrestation, tout comme sa mise en liberté, a été motivée par des facteurs politiques. Quant à Javier Elloriaga Berdegué et Sebastian Etzin Gomez, leur situation juridique a été modifiée : on ne les accuse plus de “sédition et mutinerie” mais de “rébellion et terrorisme”, délits pour lesquels ils restent en prison.
Dans un communiqué daté du 10 avril (date anniversaire de l’assassinat de Zapata), le CCRI QG de l’EZLN rappelle que leur lutte pour la justice, la liberté et la démocratie s’inspire de celle de Zapata, et qu’il ne s’agit pas d’une lutte d’émancipation des seuls indigènes, mais de tous ceux qui vivent dans la misère, sans droits ni justice, ni démocratie, ni liberté. . D’après le syndicat des industriels, entre 10 et 30 % des usines ont fermé leurs portes entre janvier et mars 95.
Dans une interview à la Jornada, le Commandant Tacho raconte le dialogue du 9 avril avec le gouvernement : il dit que les représentants de l’EZLN et ceux du gouvernement ne se mettaient pas d’accord sur les termes de la discussion (apparemment le gouvernement ne voulait pas que le mot “liberté” apparaisse dans les accords). A propos du lieu du dialogue du 20 avril prochain ( San Andres Larrainzar), Tacho dit qu’une fois refusée leur proposition de réaliser le dialogue à Mexico, ils ont proposé Guadalupe Tepeyac ou San Andres parce que dans les environs il n’y a pas de “finqueros” (propriétaires de terres), (autrement dit, il n’y a pas de “gardes blanches”). A propos du refus par le gouvernement de choisir la ville de Mexico, il donne les “raisons” du gouvernement : l’EZLN est un groupe armé et clandestin; (eux ont répondu que n’importe où, c’est la même chose) ; ensuite, les représentants du gouvernement ont reconnu qu’ils craignaient les manifestations. Les zapatistes leur on fait remarquer que le gouvernement a bien offert la ville de Mexico pour les dialogues salvadoriens et guatémaltèques, et qu’il y a une contradiction à ne pas le faire pour les mexicains. Finalement, Tacho dit que l’EZLN a proposé la date du 20 avril afin de montrer leur volonté de dialogue (selon lui, le gouvernement s’attendait à une date plus lointaine). . Dans la Jornada, Amado Avendano raconte sa rencontre avec quelques membres du CCRI : selon lui les zapatistes sont prêts à tout pour rendre possible une solution politique au conflit, mais ils éprouvent ( et lui-même aussi, d’ailleurs) une grande méfiance quant aux intentions réelles du gouvernement. Pour ce qui est de la position du gouvernement en rébellion, ils sont d’accord sur beaucoup de points avec l’EZLN, sauf que eux ont choisi la voie civile. . Retour de la plupart des 1.000 habitants de l’ejido Morelia dans leur communauté, après 63 jours passés dans la montagne pour fuir l’armée fédérale. A leur retour, ils constatent la disparition de 600 kg de café, 100 litres de miel et plusieurs centaines de têtes de bétail volés par les éleveurs pendant l’occupation du village par la police et l’armée. Par contre, les débits de boissons alcoolisées que les zapatistes avaient interdits (à cause de l’alcoolisme) ont fait leur réapparition. . Sur les cinq dernières récoltes de café au Mexique, la valeur des exportations a chuté de 49 %, entraînant une forte concentration des exportateurs : ils étaient 1.100 en 1989, ils ne sont plus que 103 en 1995. Le café est l’un des produits les plus importants pour les paysans du Chiapas. . On annonce que les concessions des chemins de fer auront une durée de 70 ans.
Le porte parole de la Comcopa indique que le premier sujet de la discussion du 20 avril sera les mesures qui peuvent calmer la tension au Chiapas, par exemple le retrait de l’armée fédérale. . Le ministère de l’intérieur nomme un fonctionnaire du PRI peu connu , Marco Antonio Bernal Gutiérez, comme coordinateur du dialogue avec les zapatistes. On peut penser qu’à l’inverse du précédent coordinateur, Manuel Camacho Solis, personnage politique connu et qui avait pris un poids politique dans cette affaire, Marco Antonio Bernal Gutiérrez ne fera pas trop d’ombre à Zedillo. . Dans la deuxième partie de son interview à la Jornada, le commandant Tacho confirme que le premier point de la discussion du 20 Avril sera les mesures pour diminuer la tension au Chiapas. Ils négocieront ensuite l’agenda et la procédure des prochaines discussions. Les zapatistes veulent insister sur un dialogue sur des sujets nationaux, avec la participation d’autres organisations, parce que l’EZLN ne se considère pas comme le représentant des autres (par exemple des autres indiens ou des femmes). Un autre des sujets de discussion sera le délai accordé pour les consultations dans les communautés. Le gouvernement propose 15 jours, les zapatistes en demandent 20. Enfin, Tacho ajoute que le CCRI n’a pas permis à Marcos d’aller à San Miguel pour les négociations du 9 avril, car ils craignaient un piège. . Plus de 500 agents de police évacuent une route barrée depuis 11 jours par les militants de l’OPEZ. Cette route relie les zones de production de bananes du Mexique et du Guatemala, et sa fermeture a empêché la commercialisation de 3.600 tonnes de bananes d’exportation, selon les producteurs. Il n’y a pas eu d’affrontements.
Affaire Ruta 100 :
. Par ordre du gouvernement, les comptes bancaires du syndicat (sur lesquels
sont entre autres déposés les fonds de résistance,
prévus pour les conflits) ont été bloqués.
. 9 dirigeants du syndicats sont en prison.
. Le magistrat Abraham polo Uscanga a démissionné après
avoir dénoncé les pressions dont il a été l’objet
de la part du gouvernement pour qu’il délivre des mandats d’arrêts
contre les dirigeants du syndicat, selon lui sans base légale.
. Selon l’avocat Nestor de Buen, spécialiste du droit du travail,
la déclaration de faillite de Ruta 100 est illégale, ( exactement
comme cela avait été le cas il y a quelques années
avec Aeroméxico ), parce qu’il s’agit d’une entreprise d’État.
. On peut penser que cette mise en faillite visait : 1 à annuler
les conventions collectives de l’entreprise, 2 à détruire
le syndicat, parce qu’il était indépendant, bien organisé,
et qu’il était lié à des mouvements sociaux (MPI,
etc...)
Interview dans La Jornada de trois prisonnières accusées d’appartenir à l’EZLN, Maria Gloria Benavides, Rosa Hernandez et Hermelinda Zepagua. Toutes trois reconnaissent avoir des opinions politiques communes avec l’EZLN, mais nient faire partie de l’organisation militaire. Rosa et Hermelinda travaillaient dans la cuisine de la forge de Yanga (état de Vera Cruz) que le gouvernement a déclaré “base de repli” de l’EZLN la veille de l’offensive militaire du 9 février 95, et où ils disent avoir découvert une cache d’armes. Maria Gloria Benavides, accusée d’être la “commandante Elisa” travaillait dans les archives d’Argos (production télévisuelle). L’instruction de son procès a déjà commencé, au contraire de ceux de Rosa Hernandez et Hermelinda Zepagua. Toutes les trois sont en prison à Mexico ; Maria Gloria est accompagnée de son fils âgé d’un an. . Les députés du PRI et du PAN ont bloqué la discussion du projet de loi d’amnistie anticipée, alors qu’il y a une semaine, tous les partis politiques étaient d’accord pour discuter de ce projet de loi. Il semblerait que le gouvernement utilise ce projet de loi comme moyen de pression dans ses négociations avec l’EZLN, et pour cette raison, ne soit pas pressé de le voir aboutir. . Les députés du PRD ont proposé à la chambre des députés de demander au gouvernement de signer le protocole II de la convention de Genève, relatif à la protection des victimes de conflits armés non internationaux. . Le ministère de l’Intérieur annonce que l’armée fédérale sera déplacée à 7 km de San Andrés Larrainzar, siège du prochain dialogue. . Le taux officiel de chômage est monté à 5,3 % au mois de février. . Le prix du lait vient d’augmenter de 15,9 %. C’est la deuxième augmentation depuis décembre. . D’après le ministère du Trésor, environ 50 % de la population active est occupée dans le secteur “formel” de l’économie. Le secteur informel et le chômage recouvrent donc les 50 % restants. . Le gouvernement a proposé une modification de la loi sur les investissements étrangers, afin de permettre des participations étrangères supérieures à 49 % du capital des entreprises. . La chaîne de supermarchés Carrefour a ouvert son troisième magasin au Mexique.
Entre 5 et 7.000 indiens sont arrivés la veille à San Andrés Larrainzar, avec l’intention d’assurer, par leur présence, la sécurité de la délégation zapatiste. Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur a protesté : selon eux, la présence de ces sympathisants de l’EZLN risque d’empêcher le dialogue. . Les 9 délégués de l’EZLN sont arrivés sur le lieu du dialogue, acclamés par des milliers d’indiens. . Dans un communiqué daté du 15 Avril, l’EZLN affirme que les résultats de la rencontre du 9 avril constituent un bon début de dialogue et de négociation, remercient la société civile d’avoir participé à leur protection et leur sécurité, et l’invitent à continuer. Enfin ils annoncent qu’ils vont proposer au gouvernement quelques mesures pour faire baisser la tension militaire au Chiapas. . Sur la période de janvier-février 95, le solde commercial avec les États-Unis a été positif (+ 2,114 millions de dollars). . Des entreprises espagnoles vont faire des investissements conjoints avec une cinquantaine d’entreprises mexicaines, pour une valeur totale de 60 millions de dollars. . L’entreprise téléphonique Telmex a annoncé son alliance avec Sprint, une entreprise américaine qui a comme partenaires France Télécom et Deutsche Telekom. L’objectif de l’alliance est de développer les services de télécommunication et de profiter des réseaux de Sprint. . Les ventes de camions dans le marché intérieur sont tombées de 72 % entre mars 94 et mars 95. Par contre les exportations, encouragées par la dévaluation du peso, ont fait un bond de + 328 %.
La veille, la délégation du gouvernement a annoncé qu’elle ne participerait pas à la réunion, parce que la présence des indiens qui soutiennent les zapatistes “viole les accords du 9 avril”. Cependant, plus tard dans la journée on a appris qu’il y avait eu de nouveaux accords, notamment au sujet des “ceintures de paix”, ce qui pourrait débloquer la situation. . Selon la délégation zapatiste, la présence des indiens n’est pas contraire aux accords du 9 avril, puisque dans ceux-ci on ne parlait que de “bonne foi” et de “respect mutuel”. Mais la délégation gouvernementale dit que la présence des indiens ne permet pas sa sécurité. . On annonce qu’il y aura 4 “ceintures de paix” pour assurer la sécurité du dialogue. La première sera formée par les membres de la Croix Rouge mexicaine, et les suivantes par la police militaire (sans armes), des indiens et des paysans, la dernière par des ONGs. . La délégation zapatiste s’inquiète, parce qu’on dit que dans un campement de la police militaire, on a repéré des armes. . L’agence de presse officielle Notimex attribue aux prêtres Samuel Ruiz, Joel Padron et Pablo Romo l’organisation de la démonstration de soutien des indiens à la délégation zapatiste. . Publication d’un communiqué “littéraire” du sous commandant Marcos, daté du 15 avril et dans lequel, entre autre, il analyse brièvement la situation actuelle de la CND, et ses rapports avec la société civile. . Excédent commercial de 383 millions de dollars en mars ; sur le premier trimestre 95, le solde a été positif de 88 millions de dollars. . D’après l’association des industriels, au cours du premier trimestre 95, les ventes de l’industrie automobile ont chuté de 63 %, et la production a baissé de 14 %. Mais les exportations ont augmenté de 36,8 %.
Dans un communiqué daté du 21 avril, la délégation zapatiste fait savoir que : . Ils déplorent le fait que le gouvernement ait pris comme prétexte la présence de milliers d’hommes, femmes et enfants venus collaborer dans les “ceintures de paix” pour suspendre le dialogue, alors que leur présence montre seulement que les gens veulent une paix juste et digne. . L’EZLN dément avoir organisé leur déplacement. . Cette mobilisation répond aussi à la crainte des communautés indiennes d’un attentat du gouvernement ou des “gardes blancs” contre les zapatistes. . Comme démonstration de leur disposition au dialogue, ils ont demandé aux personnes venues à San Andrés de se retirer dans leurs villages. . Que le gouvernement se trompe s’il croit que les indiens ne sont pas capables de s’organiser eux-mêmes pour venir à San Andrés. . Les indiens venus à San Andrés commencent à repartir vers leurs villages. . On apprend qu’ordre a été donné depuis le ministère de l’intérieur, à Mexico, de faire circuler une version des faits selon laquelle la Conai et Samuel Ruiz auraient organisé le déplacement des indiens, et qu’il a été “suggéré” aux stations de radio et de télé de diffuser cette version. Un animateur de Radio Formula, ex militant du PAN, dénonce avoir été interdit d’ondes pour avoir refusé. . Le gouvernement a proposé de permettre l’investissement de capitaux nationaux et étrangers dans le secteur de la distribution du gaz naturel. Il s’agit d’un secteur très important, tant par son poids économique que par son intérêt stratégique (secteur de l’énergie). On peut s’attendre à ce qu’après le gaz, ce soit le tour de l’électricité et du pétrole. . Le journal la Reforma annonce que l’entreprise allemande Mercedes Benz s’est proposée pour renouveler les autobus de la ville de Mexico. . D’après l’ambassade des États-Unis, le Mexique est le plus important centre de blanchiment de l’argent des trafics internationaux, en raison de la faible surveillance du système financier.
Le dialogue a repris, avec deux jours de retard. La première demande de l’EZLN est le retrait de l’armée fédérale à ses positions d’avant le 10 février 95. la proposition du gouvernement est le dépôts des armes de la part des zapatistes, leur concentration dans trois zones du Chiapas, et la mise en oeuvre de programmes gouvernementaux de développement. . Pour la première fois dans le début du conflit, un militaire fait partie de la délégation gouvernementale. Il s’agit du général Tomas Angeles, collaborateur du ministre de la défense, et il est apparemment très influent au sein de la partie gouvernementale. Dans la délégation de l’EZLN il y a les commandants Moises, Domingo, Galindo, Guillermo, David, Tacho, Ramon et Zevedeo. . Dans une lettre à La Jornada, près de 40 journalistes, mexicains et étrangers, accusent les chaînes de télévision nationales de fausser l’information sur San Andrès. Il accusent autant Televisa (monopole privé qui contrôle les chaînes qui ont la plus grande part de l’audience dans le pays) que TV Azteca (ancienne chaîne gouvernementale, récemment privatisée).
Les deux parties du dialogue se sont mises d’accord pour reprendre les discussions le 12 mai prochain. D’ici là, les zapatistes vont faire des consultations dans les communautés indiennes, pour connaître leur position sur les propositions du gouvernement. . Commentaire de l’EZLN : le gouvernement ne veut pas la paix, mais la reddition des zapatistes. L’EZLN assure cependant que le dialogue continuera. . Le ministère de l’agriculture estime que quatre millions de d’agriculteurs produisant des produits de consommation de base (maïs, blé, haricots) peuvent abandonner leur activité, laissant en friche 10 millions d’hectares. Cause : la montée du prix des engrais et des semences, le manque de crédits et la hausse des taux bancaires.
Le ministre des affaires étrangères du Mexique a affirmé devant plus de 150 hommes d’affaires réunis à Mexico que “ la guerre du Chiapas est une guerre d’encre, de parole écrite, une guerre d’Internet”, avant d’ajouter que depuis 15 mois il n’y a pas eu un seul coup de fusil tiré au Chiapas. Les Chiapanèques auront mal vu. . Dans la suite de son interview à La Jornada, le commandant Tacho dit que l’EZLN va consulter la population qu’elle représente avant de donner une réponse aux propositions du gouvernement. Concernant l’attitude de la délégation gouvernementale, Tacho estime qu’elle ne se montre pas compréhensive, que les délégués donnent l’impression de ne pas être au courant des problèmes mexicains, et que, “bien qu’ils ne soient pas étrangers, ils sont racistes”. . Au cours d’un débat lors du forum du plan national de développement, Maria Campa Uranga, chercheuse employée par Pemex, a analysé les textes de l’accord de sauvetage du Mexique avec le FMI et le Trésor américain, et a ainsi montré que : . La garantie des crédits reçus par le Mexique comprend non seulement les recettes pétrolières, mais aussi les réserves en pétrole. . Le Mexique s’est engagé à fournir au gouvernement américain des informations secrètes sur ses réserves pétrolières. . L’accord est soumis aux lois de l’État de New-York, et non au droit mexicain ou au droit international. . Gaffe : Lors d’une conférence à l’université de Californie (San Diego),Mr Valenzuela, directeur au ministère du Trésor, a déclaré a propos des entreprises d’État : “durant notre mandat, nous allons nous débarrasser de pratiquement de tout, sauf de Pemex”. Interrogé par la suite par la presse mexicaine, Mr Valenzuela a bien sûr démenti ses déclarations. . Pemex a décidé de fermer 26 des 60 centres de distribution de fuel domestique. Cette mesure affecte principalement les familles pauvres, qui n’ont pas le gaz ni l’électricité. Sur les 20 millions d’utilisateurs, la moitié sont touchés. . La banque Serfin estime que le PIB du secteur de la construction baissera de 13,6 % en 95. Cette activité est très importante tant par son poids dans l’économie (équivalente à 60 % de l’activité financière) que par le nombre d’emplois qu’elle représente (estimés à 1.300.000 emplois formels).
Parmi les sept candidats que le ministère de la défense lui a proposé, au début de son mandat, pour diriger le ministère, Zedillo a choisi celui qui avait le plus d’expérience dans la lutte anti-guerilla : le général Cervantes Aguirre, qui a occupé plusieurs postes de responsabilité militaire dans l’état de Guerrero entre 1970 et 1978. (La guérilla dans le Guerrero s’est achevée en 1974 avec la mort du chef guérillero Lucio Cabanas). . D’après le ministre du Trésor, Mr Ortiz, le plus gros de la crise financière est passé. De plus, il a annoncé que 15.800 millions de dollars issus de l’accord de sauvetage ont déjà été utilisés en payement des titres du Trésor (Tesobonos). Pour le deuxième semestre, les crédits s’élèveront à 20.000 millions de dollars. . L’exploitation des lignes de bus de la banlieue de Mexico, assurée auparavant par Ruta 100, a été confiée aux propriétaires d’autobus, lesquels sont réputés pour être organisés en mafia. . Le secteur de l’entretien des autoroutes sera ouvert aux capitaux privés. . D’après le syndicat patronal, le secteur de la construction a perdu 250 mille postes de travail entre janvier et avril 95.
Suite des révélations sur les bénéficiaires de la faillite de Ruta 100 : le fils d’un journaliste tout puissant de Televisa, un membre influent du groupe des “dinosaures” d’Atlacomulco, et deux patrons des lignes de bus de la banlieue. Parmi les entreprises, les constructeurs de bus Dina (mexico- japonnais), Masa (mexicain), et Mercedes Benz (allemand) vont récupérer le marché.
Selon la Jornada, les propositions du gouvernement à l’EZLN (le
dépôt des armes et la concentration des guérilleros
en trois points du Chiapas), qualifiées par les zapatistes d’exigence
de reddition, rappellent les formules utilisées au Nicaragua avec
les “contras” et au Salvador avec la guérilla. Avec cette différence
que dans ce dernier pays la concentration des troupes rebelles s’est faite
après sept ans de négociations, et que la guérilla
a conservé ses armes pendant un an après la fin des hostilités.
Toujours selon La Jornada, la position du gouvernement mexicain dans le
dialogue se fonde sur ces deux principes :
. Lors d’une négociation, une force armée ne peut prétendre
à ce qu’elle n’a pas gagné par les armes.
. Les zapatistes ne sont pas une armée rebelle, mais des délinquants.
. La police a chassé plus de 300 paysans qui occupaient depuis le
mois d’août dernier les terrains “Liquidambar” et “Prusia” (Jaltenango),
où on produit du café. Selon les propriétaires, cette
occupation leur a fait perdre 50 millions de dollars.
. Une centaine de paysans de l’organisation paysanne Emiliano Zapata (OCEZ,
indépendante) et du Consejo Estatal de Organisationes Indigenas
y Campesinas (CEOIC, indépendante) ont occupé le terrain
de production de café “San Luis los Andes”, dans la municipalité
de Motonzintla. Les paysans réclament sans succès ces 300
hectares au Ministère de la réforme agraire depuis plus de
35 ans.
. Hernandez Aguilar, procureur de l’État du Chiapas, estimait récemment
que 1.712 occupations de terres avaient eu lieu depuis 15 mois, et que
623 paysans étaient morts dans des conflits agraires. Il ajoutait
que ces luttes avaient donc “provoqué bien plus de morts que la
lutte contre l’armée zapatiste”. . Le parlement du Mexique a approuvé
la privatisation des chemins de fer, et autorisé la participation
étrangère.
. Un reportage de La Jornada révèle que : entre décembre
94 et avril 95, l’inflation a été de 60 % .
. Environ 10 millions de personnes n’ont pas accès aux services
de santé.
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