Aller au : Jour précédent Page Principale
Des centaines de milliers de personnes ont défilé dans tout le pays à l’occasion d’un premier mai qui a été la plus importante manifestation indépendante de travailleurs depuis des années. A Mexico, où la traditionnelle manifestation officielle était annulée, 200.000 personnes ont manifesté, avec à leur tête les syndicalistes de Ruta 100. Les mots d’ordre étaient : . refus de la politique économique du gouvernement. . refus du chômage . exigence d’une augmentation des salaires . suppression de la TVA . soutien aux travailleurs de Ruta 100 . soutien à l’EZLN . A Tuxla Gutierrez, capitale du Chiapas, 35.000 personnes ont manifesté leur soutien à l’EZLN. . Le conseil national du PRD a déclaré que, dans les faits, la Comcopa défend le point de vue du gouvernement (par exemple en ce qui concerne sa positon face à la Conai, et son refus de dialoguer en présence des milliers d’indiens venus à San Andrés), et annonce qu’il va étudier l’ éventualité de demander à ses parlementaires de quitter cette commission.
Dans la région d’Ocosingo, l’armée a chassé des
indiens qui occupaient un terrain censé leur appartenir par arrêté
présidentiel. Motif : selon Pemex, il y aurait à cet endroit-là
un gisement de pétrole. Depuis, l’armée a installé
un campement dans les installations de Pemex. . Dans une lettre à
La Jornada, Maria Gloria Benavides (en prison à Mexico, accusée
d’être la commandante Elisa), dénonce le fait que les autorités
de la prison ne lui permettent pas d’avoir une machine à écrire
ni de travailler comme enseignante pour adultes dans la prison. Les “raisons”
que la directrice donne de ce refus sont :
a) Maria Gloria ne fait pas d’études,
b) elle ne travaille pas, et
c) elle refuse de se soumettre à de nouveaux examens psychologiques.
Par contre elle lui propose de travailler à la cuisine, ou au ménage..
Création dans la faculté de philosophie et de littérature
de l’UNAM (Mexico) d’un Comité Universitaire pour la Libération
de Javier Elorriaga Berdegué. Mr Gurria, ministre mexicain des affaires
étrangères, est venu à Paris signer une Déclaration
Conjointe entre le Mexique et l’Union Européenne, afin d’augmenter
la coopération et les relations entre les deux pays. Du côté
européen, ont participé à cette réunion Mr
Marin, (vice président de la Commission Européenne), et Mr
Juppé, ministre français des affaires étrangères,
qui a déclaré que cet accord de coopération montrait
leur confiance dans l’avenir mexicain”.
Augmentation de 30 % du prix du blé, qui vaut maintenant autour de 850 pesos (850 francs) la tonne. . On note une concentration importante du commerce extérieur du Mexique : 235 entreprises réalisent 70 % des exportations, tandis que 331 réalisent 51 % des importations. . Dans la zone du Nuevo Leon (deuxième zone industrielle du pays), les ventes du secteur industriel ont chuté de 50 % entre janvier et mars 95, entraînant la disparition de 750 petites et moyennes entreprises et 30.000 emplois entre janvier et avril.
Au 18 avril, les réserves internationales en devises du Mexique étaient de 8.706 millions de dollars, soit 2.503 millions de dollars de plus qu’au 31 décembre 94. . La sécheresse a causé la mort de 135.000 têtes de bétail dans le Chihuahua, ainsi que des dommages dans 40.000 hectares de maïs dans le Yucatán, et dans plusieurs unités de pisciculture dans d’autres États. . D’après le Conseil Coordinateur de l’Entreprise (qui est un syndicat patronal), l’appareil productif du Mexique travaille à 50 % de sa capacité. Par ailleurs, il estime à 400.000 le nombre des licenciements entre janvier et avril 95, et prévoit un doublement de ce chiffre d’ici décembre prochain.
D’après des témoins, des groupes de 100 à 200 soldats de l’armée fédérale font mouvement vers les montagnes dans la région du conflit. On note aussi une augmentation des vols d’avions et d’hélicoptères au dessus de la zone. Selon les indiens, ceci compromet les garanties de bon déroulement du dialogue du 12 mai prochain. . Selon La Jornada, des spécialistes étrangers des questions militaires sont de l’avis que l’offensive militaire du 9 février dernier a nécessité au moins 30 jours de préparation, ce qui implique que la décision a dû être prise au mois de Décembre 94. Cela contredit l’affirmation gouvernementale selon laquelle ils auraient lancé l’offensive en réponse à la préparation par l’EZLN d’actes violents.
On annonce que les “ceintures de paix” de qui assureront la sécurité du dialogue du 12 Mai seront de la responsabilité de la Comcopa. On peut penser que cela a pour but d’empêcher de nouvelles manifestations de soutien à l’EZLN de la part des participants aux “ceintures de paix”. . Les services des Renseignements gouvernementaux auraient identifié le commandant Tacho comme étant Francisco Lopez, un ex-dirigeant paysan. L’assurance et les prises de parole de Tacho lors du dialogue auraient surpris les délégués gouvernementaux.
Dans une interview à La Jornada, le Major Rolando (EZLN) affirme
que celle-ci est toujours disposée au dialogue, mais qu’ils refusent
de déposer les armes tant que leurs demandes ne seront pas satisfaites.
Il ajoute qu’ils ne luttent pas pour le pouvoir, mais pour obtenir la liberté,
la justice et la démocratie pour tous les mexicains. . La Confédération
Patronale du Mexique (Coparmex) conteste les chiffres gouvernementaux du
chômage : selon le gouvernement, celui-ci est de 5,3 %, selon le
syndicat patronal, de 10,4 % ; selon l’OCDE, de 18 %. . On apprend qu’en
décembre 94, les parlementaires mexicains se sont octroyés
une augmentation annuelle de 23.407 pesos, ce qui porte leur salaire mensuel
à 23.000 pesos, tandis que le salaire minimum mexicain se situe,
lui, à 600 pesos. Dans le même temps, le parlement a émis
une recommandation visant à renforcer la confidentialité
de son budget. . Dans l’industrie automobile, il y a eu plus de trois mille
licenciements entre janvier et avril 95.
Selon le procureur de justice du Chiapas, 623 assassinats ont été
commis dans les derniers mois à cause de problèmes agraires.
Dans la même période, il y a eu 1712 prises de terre et 25
personnes ont été kidnappées. Tandis que le ministre
des affaires étrangères mexicain déclarait que la
guerre au Chiapas était “d’encre et d’Internet”.
D’après certains dirigeants paysans (plutôt pro-gouvernementaux, semble-t-il), un groupe armé serait en train de rechercher des paysans mécontents pour récupérer des terrains de production de café. Selon cette version, le ministère de la défense connaît déjà les activités du groupe, lequel compterait parmi ses membres des militants de l’OCEZ. . Le procureur de justice du Chiapas informe que des faits violents se sont produits à Venustiano Carranza et à Salto de Agua. Le bilan est de 6 morts et 2 blessés. Officiellement on ne connaît pas encore les raisons de l’affrontement, mais apparemment les faits ont un caractère politique. . Manuel Villagomez, président de la Confédération des micro-industries, a déclaré que le Mexique n’était pas en mesure de payer la dette extérieure, et a demandé une suspension des payements. Les petites entreprises sont celles qui sont le plus touchées par la crise actuelle. . José Andrés de Oteyza, ex-ministre de l’industrie, propose de limiter les activités de Pemex à la recherche et l’extraction du pétrole, et de faire passer les activités les plus rentables au secteur privé.
Des étudiantes de L’UNAM et de l’UAM-I exigent la libération de 10 étudiantes de ces universités, arrêtées lors de la manifestation indépendante du 1er mai. Des lycéens du CCH-Oriente demandent la mise en liberté de Gerardo Pérez Maratin, élève de ce lycée arrêté lors de la même manif. Le Syndicat d’étudiants d’Espagne et quelques organisations italiennes demandent la liberté de Francisco Valero Fernandez, représentant espagnol dans la manif, menacé d’expulsion et accusé d’avoir des activités subversives. Les étudiants arrêtés dénoncent des irrégularités commises par les autorités dans le traitement de leurs cas.
Selon la version du procureur de justice du Chiapas, depuis le 21 avril dernier il y a eu 5 morts, 54 personnes kidnappées et 38 maisons brûlées (sur un total de 127) dans l’ejido Emiliano Zapata (municipalité de Tumbala). Tout cela est dû, selon lui, à des différents idéologiques et un manque d’accords sur les prises de terre. .L’inflation en avril a été de 8% ; entre janvier et avril elle a été de 23,66%, alors que pour toute l’année 94 elle a été de 7,05%.
Dans un communiqué daté du 5 mai, le sous-commandant Marcos explique son absence des négociations ; le CCRI ayant décidé de choisir un représentant pour chaque groupe ethnique. Marcos explique aussi que désormais il ne parlera plus beaucoup. Cela focalise trop l’attention sur lui et c’est une erreur. .Selon Antonio Garcia de Leon, analyste de la Jornada, les dépenses du gouvernement mexicain sont au moins de 200 millions de dollars par an à cause de la guerre au Chiapas. Le budget mexicain pour la défense a augmenté de 14% en 1995 et a atteint plus d’un milliard de dollars. .L’armée fédérale concentre entre 40 000 à 60 000 hommes dans 30 grands centres du Chiapas. Leur nourriture vient directement directement des USA et les dechets posent des problèmes à l'environnement de la forêt. .Des entreprises du Canada veulent faire des investissements dans le secteur de l’énergie au Mexique (gaz et électricité). .Les ventes de l’industrie des vêtements ont baissé de 50% entre janvier et avril 95, tandis que sa balance commerciale a un déficit de 600 millions de dollars.
L’ambassadeur uruguayen aux États-Unis annonce que les US proposent à 34 pays du continent américain la création d’une force multinationnale qui agirait dans les conflits régionaux. Cette proposition, qui a déjà obtenu l’accord de l’Argentine et du Canada, sera discutée lors d’un réunion des 34 ministres de la défense qui se tiendra du 24 au 26 juillet aux États Unis, à Williamsburg (Virginie). . Selon le procureur de Justice de la ville de Mexico, le nombre des délits a augmenté de 21 % dans la capitale du pays entre Janvier et Mars 95.
La Jornada a publié une lettre du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (Paris) en soutien aux zapatistes, où l’on annonce la mobilisation du 12 mai devant l’ambassade mexicaine à Paris. . Pour le premier trimestre, l’excédent commercial du Mexique a été de 164,9 millions de dollars ; la plus grande part de l’excédent est le résultat de l’augmentation des exportations. D’après le Centre d’études économiques du Secteur Privé (organisme patronal) les ventes au détail sont tombées de 13,4% ; il y a eu plus de 780 000 licenciements entre janvier et février.
L’hebdomadaire Impacto (droite, ouvertement pro-gouvernemental) assure connaitre l’identité du commandant Tacho, qui a joué un rôle très important dans la délégations zapatistes lors des précédentes sessions du dialogue. Selon eux, Tacho serait Francisco Lopez, ex-dirigeant de l’Association Rurale d’Intérêt Collectif “Unions d’Unions” (ARIC, organisation paysanne indépendante). .Aide du gouvernement d’un milliard de dollars afin d’augmenter les ressources des banques. Ces aides sont supérieures de 85% aux aides sociales du premier trimestre. .D’après Bancomer (2ème banque commerciale), les rachats et les alliances seront la principale solution aux problèmes des banques mexicaines. Aujourd’hui, le contrôle étranger sur des conseils d’administration de banques mexicaines est déjà possible. Pour augmenter leurs ressources, les banques mexicaines pensent vendre environ 10 000 propriétés pour une valeur d’un milliard de dollars.
Les professeurs de l’éducation primaire et secondaire ont obtenu une augmentation des salaires de 20%, soit 9 Frs par jour. . Le bilan commercial des produits pétroliers entre janvier et mars a un solde positif de 13,3 milliards de dollars. Des estimations des opérateurs financiers signalent que la chute du PIB dans le premier trimestre se situe entre 2 et 2,8%. Le gouvernement avait estimé la chute à 1,1%. On constate aussi une chute du "salaire réel" de 11,2% pour le premier trimestre. . Le CCF, entreprise française, a annoncé le démarrage de ses opérations au Mexique, sous la forme d’une entreprise de recyclage des automobiles, d’une valeur de 15 millions de dollars, embauchant des mexicains et des français.
Dans un communiqué de presse, les délégations zapatiste
et gouvernementale au dialogue font connaître qu’elles sont arrivées
à un premier accord pour abaisser la tension militaire dans la zone
de conflit. L’accord prévoit le regroupement de l’armée fédérale
dans un espace à déterminer qui définira une zone
où les zapatistes assureront la sécurité et le respect
de l’ordre public.
La prochaine rencontre aura lieu le 7 juin à San Andrés Larrainzar.
Marco Antonio Bernal Gutiérrez, coordinateur de la délégation
gouvernementale, a affirmé que le but du gouvernement est la transformation
de l’EZLN d’une force armée à une force légale. La
loi électorale du Chiapas a été modifiée pour
faire passer de 21 à 40 le nombre de députés. Les
partis politiques annoncent leur intention d’inclure des candidats indiens
sur leurs listes dans les communautés à forte population
indienne. Le 20 août prochain auront lieu les élections des
110 maires et 40 députés locaux du Chiapas.
Le commandant David, délégué de l’EZLN au dialogue,
a affirmé que le gouvernement aurait accepté d’être
présent dans les consultations dans les communautés indiennes.
Les zapatistes ont répondu : “très bien, ils peuvent y aller,
qu’ils marchent, qu’ils voient comment on fait les consultations dans nos
villages, qu’ils parlent avec les gens, avec les femmes et les enfants
(...) Pour nous, c’est très positif, car c’est le moyen le plus
correct pour comprendre comment est la vie des paysans, des pauvres. C’est
le seul moyen ; qu’ils marchent, qu’ils voient comment ils mangent, qu’ils
dorment comme ils dorment, même si ce n’est que pour un petit moment.”
. La dette extérieure publique du Mexique était de 87,542
milliards de dollars à la fin mars. Elle a augmenté de 2,106
milliards de dollars par rapport à décembre 94. Les paiements
de la dette ont été de 9,490 milliards de dollars entre janvier
et mars.
Dans une lettre à La Jornada quelques uns des prisonniers accusés d’appartenance à l’EZLN dénoncent des irrégularités dans les conditions de détention de Alvaro Castillo Granados, Ricardo Hernandez Lopez, Hilario Martinez Hernandez, Martin Trujillo Barajas et Luis Sanchez Navarrete, qui sont maintenus dans des cellules de 6 mètres sur 2, isolés dans une prison de la ville de Mexico. .Jorge Madrazo Cuellar, président de la Comission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH, officielle) a déclaré que les dispositions constitutionnelles qui parlent des droits des peuples indiens sont “lettre morte”. . Des chrétiens du Niger ont manifesté leur soutien à Samuel Ruiz pour le rôle qu’il a joué dans le processus de médiation et pour le travail qu’il fait avec les indiens du Chiapas. . Près de 30 000 personnes ont assisté au festival rock “Pour la paix et le dialogue honnête au Chiapas” au stade de la UNAM (Université nationale autonome du Mexique).
Le ministère de la santé annonce que, sur la semaine du
12 au 18 mai, 507 nouveaux cas de choléra ont été
recensés, ce qui est le chiffre le plus important depuis l’apparition
de la maladie en 1991. Alors que dans les 20 premières semaines
de 1994 on avait recensé 630 cas, pour la même période
de 1995 on en a compté 1737, qui ont fait 36 victimes.
Les régions les plus touchées sont :
1) le Chiapas,
2) la ville de Mexico,
3) le Querétaro,
4) l’État de Mexico,
5) le Tomolipas.
Selon la CNDH, au début de 1995, 5 400 indiens étaient prisonniers
dans les 445 prisons du pays ; 450 d’entre eux ont été mis
en liberté grâce à la révision de leur cas.
Dans la ville de Mexico, la campagne “Chiapatos” (Chiassures) vient de commencer. Le but est de réunir l’argent pour acheter 1000 paires de chaussures pour enfant et 1000 paires pour femme, afin de les envoyer aux communautés indiennes du Chiapas.
Selon la Comcopa, le gouvernement mexicain a accepté de participer comme observateur dans les consultations que l’EZLN soumettrait à la population du Chiapas. Y participeraient aussi la Comcopa et la Conai. . La CNDH (officielle) qualifie de “fait grave” la participation des gardes blanches dans le règlement de quelques conflits dans le Chiapas. Cela à propos des faits du 10 janvier dernier, où la police aidée des gardes blancs a chassé des paysans qui avaient pris la mairie de Chicomosuelo, faisant 6 morts et quelques blessés. . Selon les médias américains, (New York Times, etc ), Zédillo voudrait élargir le rôle de l’armée fédérale dans la lutte contre le trafic de drogue. Dans ce contexte, on annonce que 10 avions F-5 de la force aérienne mexicaine seront utilisés à cette fin, et (selon des sources officielles dans les deux pays) que le Mexique négocie avec les US l’achat ou la location d’hélicoptères militaires Huey-UH-1H suplémentaires (la police mexicaine en loue déjà 10). On dit aussi que l’achat d’hélicoptères SikorskyUH-70 Blackhawk, plus sophistiqués, serait à l’étude. On peut interprèter ceci comme des concessions de la part du Mexique envers les Étas-Unis : en effet, la lutte contre la drogue est plutôt un problème américain ; on peut aussi craindre que cet armement ne serve pas que à la lutte contre le traffic de drogue, et qu’il soit aussi utilisé au Chiapas ou ailleurs...
Publication de l’invitation à la deuxième “réunion
de réunions”, suite du “dialogue de la société civile”.
La première réunion, qui avait regroupé la CND, des
membres des caravannes pour la paix et des indivudus, avait eu lieu à
Aguascalientes (Guadalupe Tepeyac) le 29 mars dernier (Cf Ya Basta ! n
7, 30 mars 95). A cette réunion, qui se tiendra les 8 et 9 juin
prochains, sont invités tous (toutes) les citoyen(enne)s intéressé(e)s
à contribuer aux efforts pour arriver à des solutions pacifiques
aux problèmes du pays. Les organisateurs invitent l’EZLN à
y participer, en lui reconnaissant un rôle fondamental dans le reveil
de la société civile. Publication par La Jornada d’une interveiw
du commandant Tacho.
Voici quelques extraits :
Publication de l’invitation à la deuxième “réunion de réunions”
. Concernant la dernière cession du dialogue (12 - 16 mai) :
“...Le principal progrès que nous voyons c’est que le gouvernement reconnaît que nous sommes une organisation sérieuse, responsable, et que si nous acceptons un compromis, nous le respectons. Le gouvernement reconnaît que nous ne sommes pas des bandits, mais une organisation armée.” ..."Lors de la dernière cession du dialogue, le gouvernement a pris à nouveau une attitude agressive au moment de parler et de faire des propositions, ce qu'ils avaient déjà fait la fois précédente. Mais deux choses ont été différentes. D'abord, la Conai a agit plus comme un médiateur, qui recevait la parole de l'un pour l'apporter à l'autre; comme ça, nous n'étions pas tout le temps face à face, en train de nous affronter comme des ennemis. Un messager est au milieu. Nous trouvons cela très bien parce qu'il y a moins d'affrontements, et on peut discuter avec plus de clarté, si bien que nous sommes arrivés à un accord"... ..."La deuxième différence c'est que finalement le gouvernement a fait sa proposition par écrit. Jusqu'à aujourd'hui, c'était comme si le gouvernement avait peur de faire des compromis par écrit, mais, comme la commandante Trini l'a dit, les paroles sont balayées par le vent."
. Sur la prochaine rencontre (le 7 juin) :
"...Nous pensons que les délégués du gouvernement n'ont pas compris avec qui ils discutent. Ils vont arriver de la même manière, à nous parler fort, avec dureté, avec mépris, comme nous disons, en frappant avec leur parole. Mais cela ne nous inquiète pas s'ils nous traitent mal. Ce qui nous inquiète c'est d'arriver à des accords clairs pour que nos gens sachent ce que nous sommes en train d'obtenir ou non, et ce que nous allons faire". "Nous pensons aussi que le travail de la Conai sera toujours très important pour qu'il n'y ait pas tant d'affrontements lors du dialogue". "... Quand nous discuterons les détails, nous allons voir si les propositions du gouvernement sont sérieuses. Maintenant, les propositions sont floues...". ..."D'un autre côté, quand nous verrons les conditions de mise en oeuvre de l’accord minimum , nous allons voir si le gouvernement a l’intention de résoudre le problème. Les conditions servent à ce que le dialogue marche, mais ils veulent faire des conditions pour nous fermer la bouche. Ils s'inquiètent parce que nous allons parler. Nous nous inquiétons de pouvoir résoudre les problèmes. Le gouvernement veut que les conditions nous interdisent de faire des communiqués, de parler, ou que nous ayons des limitations. Comme ça, les conditions servent à gêner".
. Sur les consultations :
"...Je suis rentré, et j'ai expliqué aux companeros du comité tojolabal les conditions du dialogue et le contenu du document et de l'accord minimum auquel nous sommes arrivés (C.F. Ya Basta ! n 13, 16 mai). Maintenant, ils vont aller dans les régions pour se réunir avec les responsables du peuple. Ils vont donner l'information et vont expliquer le document. Alors, et c'est le dernier pas, les companeros de chaque village se réunissent et on leur explique." ..."Les gens du ministère de l'intérieur ont dit que nous n'avons pas besoin de tant de jours pour faire la consultation, ils ont dit que 20 jours était trop, qu'ils allaient nous démontrer qu'on peut le faire en moins de temps. Ils ont dit qu'ils savent très bien marcher : Bernal, Iruegas, del Valle( délégués du gouvernement). Nous leur avons dit que oui, qu'ils peuvent aller voir que ce n'est pas la même chose être autour d’une table ou aller consulter les gens. Mais nous ne leur avons pas donné de date. C'est pour leur sécurité. Nous devons veiller à ce que rien leur arrive, leur sécurité dépend de nous." ...“Ils croient que nous sommes en train d’essayer de gagner du temps. Il est possible que s’ils voient, ils comprennent pourquoi nous prenons tant de temps. Mais le plus haut comité doit décider où ils iront. Le Chol, le tzotzil, le tojolabal, le tzeltal. Et le comité choisi sera chargé de les recevoir, de les accompagner et de les ramener. Nous annoncerons publiquement le lieu et la date, et nous allons aussi inviter la presse qui osera venir".
. Sur Marcos :
Et parce qu'il y a des rumeurs comme quoi il y aurait des divisions au sein de l'EZLN, entre des “radicaux” (parmi lesquels Marcos) et des “conciliateurs” (dont les délégués), et comme quoi tout le CCRI ne serait pas toujours d’accord avec les communiqués écrits par Marcos
"...Tous les comités sont d'accord avec les communiqués. Les délégués ne sont pas la plus haute autorité, c’est le comité, et le collectif du comité commande les délégués et Marcos." ..."Ce sont des histoires que le gouvernement invente, comme pour la trahison de février..." (C’est à dire l’offensive militaire surprise, sous prétexte de la découverte de caches d’armes). ..."L'accord que nous avons c'est que, pour la première partie du dialogue, le travail de négociation avec le gouvernement sera accompli par les délégués qui ont été nommés, et que le rôle de Marcos est un rôle militaire et de communication avec la société civile et les organisations politiques".
Dans un communiqué daté du 24 mai, le sous commandant Marcos fait connaître les conditions du CCRI-CG de l'EZLN relatives à l'invitation faite au gouvernement d’être témoin d’une consultation dans une communauté zapatiste. Les zapatistes attendront les délégués du gouvernement le 31 mai dans l'ejido La Realidad. Ces derniers devront marcher et porter leurs affaires personnelles jusqu'à la commauté qui sera choisie. Les zapatistes demandent aussi que le gouvernement s’engage publiquement à ne pas attaquer la communauté visitée. L'invitation s’etend à la Comcopa, la Conai et la presse. . Dans un communiqué daté du 20 mai et destiné à l'Assemblée Démocratique du Peuple du Chiapas (Aedepch, organisation indépendante de la société civile, qui cherche une solution démocratique pour le Chiapas,dans laquelle participe le gouvernement rebelle de Amado Avendano ), le sous- commandant Marcos fait connaître la position du CCRI-CG de l'EZLN sur les négotiations entre quelques membres de l'Aedepch et du gouvernement rebelle, et le gouvernement fédéral. Les zapatistes dénoncent ces négociations et disent que le peuple du Chiapas veut lutter et dialoguer unis, et rappelent la position zapatiste, qui voudrait que participent au dialogue toutes les composantes de la société civile de la région; ils disent aussi que la stratégie du gouvernement est de diviser l'opposition pour dialoguer avec des forces dispersées, ce qui favorise la corruption et la trahison. Même si la division se perpétue, les zapatistes continueront de lutter pour que la volonté du peuple soit respectée. A propos du gouverneur en rebellion, le communiqué dit: "Pour l'EZLN il n'y a pas d'autre gouverneur que Mr. Amado Avendano, qui a été élu démocratiquement par la majorité du peuple du Chiapas et à qui la fraude et le mensonge ont ôté le triomphe légitime. Mr. le gouverneur rebelle nous a fait part de sa décision de continuer à lutter pour un gouvernement de transition et une nouvelle constitution issue d'une assemblée representative. En conséquence, nous réitérons notre soutien à Mr. le gouverneur rebelle et aux authentiques représentants de la société civile du Chiapas qui luttent pour la démocratie, la liberté et la justice". . Le ministère de l'intérieur annonce que, malgré son acceptation d'il y a quelques jours (C.F. Ya Basta! n 13, 24 mai), le gouvernement ne sera pas présent comme observateur aux consultations zapatistes. Ils considèrent l'offre zapatiste peu sérieuse et uniquement destinée à des fins de propagande. . La banque espagnole de Bilbao- Vizcaya a acheté 70 % du capital de la banque mexicaine Mercantil-Probursa. C'est la première banque vendue à des capitaux étrangers. . Le ministère du commerce a autorisé l'importation de 1.675 tonnes de maïs des Etats- Unis.
La Comission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH, commission officielle) ainsi que d'autres organisations, demandent la mise en liberté de Ramiro Arciga Martinez, enseignant accusé d'appartenance à l'EZLN et emprisoné depuis le 11 février dernier à Tehuacan (Puebla). Selon ces organisations, sa détention est illégale parce qu’elle ne repose sur aucun mandat d'arrêt. D’ailleurs, aucun des cinq policiers présents le jour de l'arrestation et ayant témoigné devant le juge ne reconnait avoir pris l’initiantive de son arrestation. On apprend aussi que Ramiro a été torturé physiquement et psychologiquement.
Aller au : Jour suivant Page Principale