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Le centre des droits de l'Homme Fray Bartolomé de Las Casas a annoncé que les autorités gouvernementales, qui semblaient "intéressées" par la capture et la déportation de 5 prêtres et 9 religieuses étrangers travaillant pour le diocèse de San Cristobal, ont garanti qu'elles ne prendraient aucune mesure à leur encontre.
La prise de possession du gouvernement du Yucatan par Victor Cervera Pacheco (PRI) a donné lieu, de la part du PAN, à de nombreuses critiques. Lors de la cérémonie, leurs députés sont sortis. Les PANistes accusent le PRI de fraude électorale, éloignant ainsi le gouvernement du Pan à la veille de l'approbation de la réforme politique "définitive". Le ministère du tourisme appuiera fortement le projet touristique intitulé "le monde Maya". Ce projet a pour destination un lieu stratégique et, selon le ministère, l'ONU le considère comme le premier programme touristique multinational (au moyen du système d'"écotourisme", qui consiste à visiter les zones archéologiques et à redécouvrir les cultures préhispaniques et actuelles). Le projet prévoit l'agrandissement de l'infrastructure touristique dans une région comprenant le Belize, le Salvador, le Guatemala, le Honduras et les états mexicains de Campêche, Yucatan, Quintana Roo, Tabasco et Chiapas, la zone du conflit armé étant incluse dans le projet.
La superficie utilisée pour cultiver les "granos basicos" (nourriture de base de la population mexicaine : maïs, haricot, riz, blé, soja...)a diminué de 15 %. Une étude réalisée conjointement par la Centrale Indépendante d'Ouvriers Agricoles et de Paysans (CIOAC) et l'Université Autonome Chapingo, estime que cette situation met en danger la sécurité alimentaire, et, en conséquence, la souveraineté du pays, en transformant le Mexique en importateur de ces aliments. Hector Larios, chef du Conseil Coordinateur des Entreprises affirme qu'à la fin de l'année 95 environ 2 millions d'emplois auront disparu au Mexique. Il ajoute que, selon les estimations faites par ce même organisme, 70 % de la capacité productive industrielle du pays reste inactive du fait de la récession économique. il demande donc au gouvernement de prendre des mesures de réactivation urgentes.
Pablo Salazar, député priiste et membre de la Commission de Concorde et de Pacification au Chiapas (COCOPA), a dit que l'on ne doit, d'aucune manière, éliminer la possibilité d'une réunion entre le sous commandant Marcos et le ministre de l'intérieur Emilio Chuayffet. Le député a ajouté qu'il était nécessaire d'établir par avance les différents points à traiter pour que cette réunion ai lieu. Il a déploré les déclarations du représentant du gouvernement pour le dialogue ( M. Antionio Bernal) qui avait affirmé que Marcos n'avait pas la "stature" politique pour dialoguer avec le ministère de l'intérieur. La Cour Suprême de Justice de la Nation s'occupera des requêtes posées par des avocats indépendants. Ces requêtes démontrent le caractère anticonstitutionnel de la présence de l'armée fédérale dans l'état du Chiapas. Cette présence transgresse divers articles constitutionnels ainsi que les lois estatales et fédérales en conférant aux forces armées des attributions propres à l'autorité civile et au pouvoir judiciaire. Les avocats (tous professeurs de l'Université Nationale) accusent directement le président Zedillo, car c'est lui qui possède le grade de "Commandant Suprême"des forces armées fédérales.
Commémoration au Mexique et dans de nombreux pays du centième anniversaire de la mort de Freidrich Engels. Dans un supplément du journal "La Jornada", divers intellectuels mexicains affirment que le "socialisme scientifique" n'est pas mort avec la chute du modèle soviétique, et que l'apport d'Engels pour la connaissance historique économique et politique des sociétés reste en vigueur et en attente d'être revalorisé. Tout en ayant accepté la réalisation de la consultation le 27 août dans tout le pays, le ministère de l'intérieur n'a donné aucune garantie de sécurité aux délégués de l'EZLN pour l'organisation de celle-ci. Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, au ministre de l'intérieur et au vice-ministre de l'intérieur, le comité directeur promoteur de la consultation nationale signale que le refus de ces garanties est sans aucun fondement juridique et est contre la loi d'amnistie accordée comme condition avant le début du dialogue entre l'EZLN et le gouvernement mexicain.
La répression continue contre les dissidents dans l'état de Tabasco. 80 ex-balayeurs et 50 paysans militants du PRD ont été agressés par la police anti-émeute. Le premier incident a eu lieu à côté de la maison du gouverneur à Villahermosa, où les ex-balayeurs s'étaient installés depuis un mois en signe de protestation, exigeant la réintégration à leurs postes de travail. La seconde action de la police s'est déroulée sur la route du ranch de Aztlan. Cette voie a été bloquée par une cinquantaine de paysans qui protestaient contre l'Institut Estatal pour le logement, qui, selon eux, aide seulement les membres du PRI en leur fournissant le matériel nécessaire à la construction. Aucun blessé grave ne fut à déplorer lors de ces deux incidents.
D'après une étude réalisée par la Centrale Indépendante des Travailleurs agricoles et des Paysans (CIOAC) et l'Université Autonome Chapingo, 60 % des travailleurs agricoles (environ 3 millions de personnes) reçoivent moins du salaire minimal (315 FF / mois). A ce chiffre s'ajoute environ 1.300.000 paysans qui cultivent de petites parcelles (superficie moyenne 1/2 hectare) pour leur propre consommation, et qui ne reçoivent aucun salaire.
Maximilliono Barbosa, dirigeant de la Confédération de Producteurs Agricoles "El Barzon" dénonce devant le vice-ministre de l'intérieur la mort de Miguel Vargas, coordinateur de ce mouvement dans l'état du Michoacan ainsi que la séquestration d'un autre membre barzoniste, dont l'identité n'a pas été révélée. "El Barzon" - titre d'une chanson paysanne de protestation - est une association nationale de producteurs qui lutte contre la banque commerciale qui pratique des taux d'intérêts illégaux (les plus hauts du monde) sur des prêts destinés à la production agricole. Barbosa exige une enquête sur les fonctionnaires du ministère des finances et sur les banquiers, qu'il suspecte d'être responsables de ces crimes. Le mouvement a menacé le système bancaire d'effectuer une suspension générale du payement si les dettes ne se restructurent pas de manière légale.
Dans une vidéo, diffusée à Mexico et à San Cristobal de las Casas lors du premier anniversaire de la Convention Nationale Démocratique (CND), le sous-commandant Marcos convoque tous les Mexicains à participer à la consultation nationale. Dans sa première apparition publique depuis l’offensive gouvernementale de février dernier, Marcos signale que ce type de consultation des citoyens est sans précédent dans l’histoire du pays, et que derrière les questions il y a la possibilité de se rendre compte de la capacité de mobilisation de la société mexicaine. «La consultation par elle-même ne va pas changer la situation actuelle, elle fait partie d’un processus plus ample où la transition vers la démocratie ne sera pas déterminée par le gouvernement, mais par les forces démocratiques du pays», ajoute le dirigeant zapatiste. La version originale de la vidéo est de 80 minutes (disponible au Comité), mais une version plus courte (30 minutes) a été diffusée lors de cet anniversaire.
Des milliers de paysans indiens du Chiapas attendent que l'État mexicain leur donne au moins 1 million d’hectares de terre, lesquels leur appartiennent légalement depuis 1920. Au cours des trois derniers jours, plus de 100 cas de choléra se sont déclarés dans la forêt Lacandona, dont 50 pour le seul ejido «San Miguel», lequel compte une population de 432 habitants. La situation sanitaire dans cette forêt est qualifiée par des fonctionnaires du ministère de la santé comme «extrêmement grave», puisque, au choléra, on doit ajouter d’autres maladies gastro-intestinales et celle qu’on appelle la «lèpre des montagnes» (leishmaniose) qui a tendance à devenir une épidémie et dont 90 cas ont été signalés.
On estime que 36 000 à 40 500 soldats participent à l’encerclement militaire contre l’EZLN. Selon une estimation réalisée par des observateurs d’ONG et par des membres des communautés indiennes, le nombre d’effectifs a augmenté pendant les derniers mois, jusqu’à représenter une proportion d’un soldat pour trois personnes de la population civile. Les 5 prisonniers accusés d’appartenance à l’EZLN, qui ont été arrêtés en février dernier à Yanga (Veracruz), ont été déplacés vers le secteur de haute sécurité du Reclusorio Norte (la prison dans laquelle ils sont détenus) dans la ville de Mexico. Cette mesure a été prise après qu’un rapport sur l’état psychologique des détenus a déterminé qu’ils sont d’une «grande dangerosité». Les prisonniers commenceront une grève de la faim le 14 août si cette mesure, qu’ils qualifient d’illégale, n’est pas annulée par les autorités. (Lire dans ce bulletin la lettre envoyée par ces prisonniers à La Jornada).
Sabás Cruz, 42 ans, a été arrêté à Mexico lorsqu’il distribuait la propagande de la consultation nationale zapatiste. Il a été frappé et menacé par la police mexicaine qui l’accuse d’être en possession d’explosifs. Le Comité Directif Promoteur de la consultation demande sa libération immédiate. Alianza Cívica (AC) annonce que dans la capitale du pays, 3 000 tables seront installées le 27 août prochain pour effectuer la consultation, et que 2 500 000 bulletins de réponse y seront distribués. Les premiers résultats seront annoncés au petit matin du 28 août. D’autre part, dimanche 13 août, AC organise un festival pour la paix et la démocratie auquel participeront des artistes et des intellectuels. Ce festival servira à diffuser la consultation. La comédienne mexicaine Ofelia Medina, membre de la commission d’organisation de la consultation internationale, informe que les 6 questions zapatistes seront traduites dans les 56 langues indiennes parlées au Mexique, et qu’elles seront diffusées dans des cassettes. Pour Ofelia, la consultation permettra de tester la capacité de la société civile à s’organiser sans contrôle gouvernemental et offrira l’occasion de montrer au gouvernement un point qui pour lui n’est pas clair : «le problème du Chiapas est national». La député du PRD (opposition de gauche dont le leader est Cuauhtémoc Cárdenas), Rosario Robles, a déclaré que la sixième question de la consultation synthétise d’autres expériences de la lutte des femmes, depuis les demandes de droits de Citoyen des années trente jusqu’à la lutte pour obtenir une représentativité féminine de 30% au sein du PRD. La Commission des Droits de l’Homme du District Fédéral -CDHDF, officielle- (le district fédéral (DF) est l’appellation officielle de la ville de Mexico) considère comme «inacceptables» les tests de personnalité effectués sur 5 prisonniers accusés d’appartenance à l’EZLN et arrêtés à Yanga (Veracruz). Ces tests ont servi à leur placement dans la section de plus haute sécurité de la prison où ils se trouvent actuellement. Selon la CDHDF, le rapport officiel contient beaucoup d’erreurs et de contradictions qui ne permettent, en aucun cas, d’arriver à la conclusion qu’il s’agit d’individus à la «capacité criminelle élevée». La CDHDF propose que ces tests ne soient pas pris en compte et demande la réalisation d’autres tests dans des conditions plus acceptables. Rosario Ibarra de Piedra, présidente de la CND, a demandé l’immédiate mise en liberté des 27 prisonniers politiques accusés d’appartenance à l’EZLN et dont les autorités judiciaires n’ont pas pu prouver les chefs d’accusation. Dans une réunion de paysans et d’indiens du Chiapas, 250 délégués de plus de 60 ejidos (terres de propriété collective) et 20 fermes, appartenant à l’Asociación Rural de Interés Colectivo-Independiente (ARIC-I, organisation paysanne qui est considérée par beaucoup comme l’expression la plus réussie du zapatisme civil) ont manifesté leur soutien à l’EZLN «parce que leurs demandes sont les mêmes que celles pour lesquelles nous luttons depuis plus de 20 ans». Un groupe de jésuites européens demande au gouvernement mexicain de faire un effort plus grand dans le dialogue de paix avec l’EZLN. Le Comité International de la Croix-Rouge a dépensé 3 millions de dollars pendant les 14 mois du conflit au Chiapas. L’essentiel de cet argent a été utilisé pour l’aide humanitaire aux paysans et aux indiens affectés par les hostilités ; entre mars 1994 et mars 1995, cette aide a bénéficié à plus de 20 000 déplacés. Parmi les actions les plus importantes que mène la Croix- Rouge au Chiapas à l’heure actuelle, se trouvent : a) l’assistance à un groupe de 750 indiens tojolabales qui ont fuit le village de Guadalupe-Tepeyac le 10 février dernier (jour de l’offensive gouvernementale) et qui ne peuvent pas encore y retourner, et b) le transport de la délégation zapatiste au siège de dialogue de paix (San Andrés Larráinzar). La Jornada organise une loterie ayant comme prix un ordinateur. Eh bien, un formulaire a été rempli et envoyé depuis le Chiapas, il est signé par... le sous-commandant Marcos lui-même. Bonne chance ! Lettre de cinq prisonniers accusés d'appartenance à l'EZLN (La Jornada, 12. août 95) : Mr le directeur, Par ce moyen, nous faisons savoir à la société civile que la situation dans laquelle nous nous trouvons emprisonnés est très incertaine, parce que la direction du Reclusorio Norte (NdT : la prison dans laquelle ils sont retenus) ne clarifie pas notre statut. Nous sommes ici depuis le 10 février 95, et on nous a retenus dans une section isolée pendant quatre mois. Ensuite on nous a déplacés, le 6 juillet, au Centre d'Observation et Classification (COC). Jusqu'à aujourd'hui, nous nous trouvons dans une section du COC, ce qui est contraire aux délais légalement établis. C'est pourquoi nous voulons dire que nous sommes prêts à entamer une grève de la faim pour demander : . Que notre détention dans la section de plus haute sécurité soit annulée. . Que les autorités nous assignent des dortoirs ou, si on nous laisse dans le COC, qu'on nous garantisse l'accès libre à toutes les installations sportives, culturelles et éducatives de l'institution. Nous voulons aussi vous faire savoir que nous ne permettrons pas qu'on nous fasse de nouveaux tests de personnalité. Nous ne sommes pas des jouets, et personne ne peut nous traiter comme une chose qu'on peut manipuler à loisir. On ne va pas continuer à jouer avec nous. Nous voulons dire que le début ou la suspension de cette grève dépend de la réponse des autorités carcérales. Nous demandons aux organismes de droits de la personne et aux organisations non gouvernementales qui s'intéressent à cette situation que le problème soit résolu de la façon la moins conflictuelle possible. Luis Sanchez Navarete, Alvaro Castillo Granados, Hilario Martinez Hernandez, Ricardo Hernandez Lopez, Martin Trujillo Bajaras.
Près de 30 journalistes ont manifesté à Tuxtla Gutiérrez, Capitale du Chiapas, pour demander l'arrêt du harcèlement à l'encontre de la correspondante de la Jornada à Tapachula (Chiapas). La journaliste a été l'objet de menaces téléphoniques, et des inconnus ont pénétré dans les locaux où elle travaille, apparemment pour la chercher. Selon les documents du ministère de la réforme agraire pour la région d'Ocosingo, le pourcentage cultivable des terres octroyées aux indiens est rarement supérieur à 25 % . De plus, toujours selon les mêmes sources, 414.431 hectares de terre n'ont pas encore été donnés à près de 6.000 paysans qui y ont droit, selon les arrêtes présidentiels qui datent des années 50, 60, 70 et 80.
Jean Paul II a nommé Mgr Raul Vera Lopez évêque auxiliaire de San Cristobal de la Casas, diocèse dont l'évêque titulaire est Mgr Samuel Ruiz, qui a salué cette nomination. Cependant les analystes remarquent que Vera Lopez, évêque de Cuidad Altamirano, et qui dans cette position est le successeur désigné de Samuel Ruiz, est proche des cercles conservateurs de l'Église, et que cette formule a été utilisée dans le passé pour neutraliser des évêques dérangeants pour le Vatican (notamment dans les cas de Manuel Talamas, évêque de Cuidad Juarez, et de Bartolomé Carrasco, archevêque de Oaxaca). Cette mesure ferait partie du bras de fer que livre le nonce apostolique Giromalo Prigione, contre Samuel Ruiz.
La Cocopa, la commission parlementaire créée dans le cadre de la loi d’amnistie et signalée comme pro-gouvernementale, a annoncé pourtant qu’elle allait proposer au président Zedillo d’inclure le dialogue national dans les négociations avec les zapatistes à San Andrés Larrainzar, ce qui va à l’encontre de la position officielle. Le Centre des Droits de l’Homme Fray Bartolomé de las Casas, présidé par l’évêque Samuel Ruiz, dénonce la disparition de 15 indiens, originaires de Sibaja, qui ont été arrêtés par la police le 15 août. Les indiens, liés à une organisation paysanne indépendante, étaient sortis faire des achats à Ocosingo lorsque la police les a interpellés; selon des informateurs, ils ont été torturés et, dans un premier temps, retenus dans le local de l’Association d’éleveurs de bétail (privée) de la région. Selon les mêmes sources, l’organisation dont font partie les indiens disparus est accusée par les autorités et par les éleveurs de bétail d’appartenance à l’EZLN et ses bureaux ont été saccagés à plusieurs reprises. Selon Giromalo Prigione, nonce apostolique au Mexique, la nomination de Mgr. Raul Vera Lopez comme évêque auxiliaire à San Cristobal, diocèse de Samuel Ruiz (cf. Ya Basta! No. 23, 19 août 1995), servira à «améliorer les choses» et à corriger ce qui peut être corrigé. Le Secrétariat de Girona (Espagne) qui regroupe 86 organisations dans ce pays, demande la paix et une solution avec justice au Chiapas, laquelle devra reconnaître les droits légitimes des communautés indiennes. Dans une lettre à La Jornada, le comité pro-libération de Javier Elorriaga annonce qu’il continue à lutter pour obtenir sa mise en liberté et rappelle que le témoin clé pour l’accuser d’appartenance à l’EZLN, un tel Morales Garibay, ne s’est jamais présenté aux tribunaux pour ratifier ses «déclarations», ce qui fait supposer qu’il n’existe pas. Selon les autorités, Morales Garibay serait un déserteur de l’armée zapatiste qui aurait permis, en février dernier, l’identification des dirigeants rebelles, mais jusqu’à présent, personne ne l’a vu. Le comité rappelle que dans le cas de Maria Gloria Benavides, un autre «fantôme» ne s’est jamais présenté non plus, Odilon Hernandez qui, selon les autorités, accusait Maria Gloria de l’avoir attaqué.
Selon Emilio Krieger, juriste mexicain, la réponse du ministère de l’Intérieur à la commission qui organise la consultation zapatiste n’autorisant pas à un commandant zapatiste à se rendre à la ville de Mexico pour diffuser cet événement, va à l’encontre des libertés consacrées par la Constitution à tout citoyen mexicain, et, en même temps, donne à la loi d’amnistie un caractère inconstitutionnel . Les organisateurs de la consultation maintiennent l’invitation faite au commandant zapatiste pour qu'il participe aux travaux de la consultation.
L’évêque de Saltillo (Coahuila), Francisco Villalobos Padilla, a encouragé les prêtres et les fidèles de son diocèse à participer à la consultation zapatiste et à donner toutes les facilités pour que cet événement puisse être réalisé. Il a déclaré que «comme chrétiens, nous ne pouvons pas laisser passer cette opportunité que l’histoire nous offre pour contribuer à la paix au Chiapas et au Mexique». Au même moment, le porte-parole de la conférence de l’épiscopat mexicain a déclaré que chaque évêque est libre et responsable de ses actes et a encouragé les gens à prendre en compte l’invitation pour participer à la consultation. Samuel Ruiz, évêque de San Cristobal, a reconnu que la nomination d’un évêque auxiliaire dans son diocèse est la conséquence de certaines «accusations» contre lui, aussi bien de caractère politique que pastoral. Dans le cadre de la réunion des chefs d'État des pays des Caraïbes, le président Zedillo a invité Fidel Castro à dîner. Lors de ce dîner, une journaliste a demandé au leader cubain: «les guérillas, sont-elles toujours nécessaires pour conquérir quelque chose ?», et le président cubain de répondre : «Je n’oserais pas affirmer cela». Après, un autre journaliste l’a surpris avec la question : «qu’est-ce que vous recommanderais au sous-commandant Marcos ?». La réponse a été : «Tu veux me mettre dans un piège... Tu veux que je parle des questions internes au Mexique, mais je ne vais pas le faire. Je désire la paix pour tous, et je veux que le Mexique ait la sagesse nécessaire pour une paix avec justice ?» Paix avec justice et dignité, c’est justement le slogan zapatiste...
Le ministère de l’agriculture, de l’élevage et du développement rural a instauré une quarantaine et des barrages sanitaires dans plusieurs municipalités du Chiapas pour, dit-il, lutter contre la mouche de la Méditerranée, fléau qui vient du Guatemala et qui a été détecté, selon le ministère, dans le fleuve Usumacinta et dans les lagunes de Montebello. Curieusement, l’isolement phytosanitaire comprend la région du conflit : Tziscao (dans la forêt lacandona), Comitan, Altamirano, Palenque, Ocosingo, Chancala, La Trinitaria, Salto de Agua, Tumbala, La Independencia et Las Margaritas. Selon Amado Avendaño, gouverneur en rébellion, cette mesure, prise quelques jours avant la consultation zapatiste, a été prise pour empêcher le bon déroulement de celle-ci. Avendaño a ajouté que cette mesure fait partie de l’hostilité du gouvernement fédéral qui utilise tous les organismes officiels dans sa lutte de contre- insurrection. Pour la première fois, depuis que le choléra a été détecté au Mexique le 17 juin 1991, plus de 600 cas ont été signalés cette semaine (5 personnes sont mortes). Jusqu’à présent, on reporte 8 276 personnes affectées dans tout le pays cette année. Crise au sommet du PRI: on annonce la démission de son président et de son secrétaire général, María de Los Angeles Moreno et Pedro Joaquín Coldwell, qui seront remplacés par Santiago Laborde et Juan S. Millán Lizárraga. Ce remaniement se produit une semaine après les élections locales dans plusieurs États du pays, où le PRI a perdu beaucoup de terrain face au parti de droite, le PAN. M. Oñate était jusqu’aujourd’hui à la tête du ministère du travail.
Selon des documents officiels, le ministère de la Défense a augmenté substantiellement ses achats d’armes dans la période 1993-1994. Avant le début du conflit au Chiapas, il s’agissait d'équipement anti-émeute, mais à partir de janvier 1994, d’armement pour la lutte dans la forêt principalement. La Jornada publie une liste détaillée des armes achetées.
Selon un rapport du FMI, la spectaculaire dévaluation de la monnaie mexicaine, le peso, a été provoquée par la fuite des capitaux des investisseurs mexicains. Cela contredit les versions initiales du gouvernement qui accusait les zapatistes d’être les responsables en créant un climat d’instabilité politique, mais aussi la version de Washington, selon laquelle la dévaluation serait due aux investisseurs étrangers.
Hier, des vendeurs ambulants du quartier de “la Merced”, affiliés au PRI, se sont affrontés à des policiers anti émeute qui essayaient de les déloger de cette zone, une des plus commerciales de la ville de Mexico. Cette opération policière a été menée suite à la demande de commerçants établis légalement dans ce quartier. Bilan: au moins 70 blessés et 5 personnes emprisonnées. Il faut rappeler que le nombre de vendeurs ambulants a augmenté de plus de 1000 % ces 15 dernières années, conséquence de la politique économique du gouvernement.
300 policiers anti émeutes ont empêché le déroulement d’un acte de promotion pour la Consultation Nationale. Il devait se dérouler dans le jardin “La Alameda” de la ville de Mexico et comprenait les présentations d’une pièce de théâtre populaire et d’une vidéo du sous- commandant Marcos. Sans présenter d’ordre de mission officiel, les policiers agressèrent les personnes présentes et saisirent les 2 camions et tout l’équipement qui devait être utilisé lors de cet acte. Cette opération contredit le ministre de l’intérieur qui avait promis que le gouvernement n’entraverait d’aucune manière le déroulement de la Consultation.
Maximiliano Barbosa, dirigeant du mouvement “El Barzon” (Association de débiteurs luttant contre les pratiques anticonstitutionnelles de la banque commerciale) a rejeté la proposition de "renégociation" des dettes, faite par le gouvernement et les banquiers. Selon lui, ce n’est qu’un nouveau mensonge cherchant la reconnaissance par les affectés, de la légalité de leurs dettes. D’un autre côté, un groupe de “barzonistes” a interpellé 5 députés priistes qu’ils accusent d'être complices des banquiers. Ils ont évoqué, si les actes de violences contre les membres du Barzon persistent, la possibilité du passage à la clandestinité de certains des barzonistes pour pouvoir, plus facilement, attaquer “ ces fonctionnaires corrompus et ces banquiers voleurs”. Par ailleurs, Alfonso Ramirez, du Barzon aussi, rappela le début prochain de la campagne “vols pour la liberté” consistant à affréter un avion pour suivre le président Zedillo lors de ses voyages internationaux “pour alerter le monde, de la politique gouvernementale mexicaine qui est en faveur, seulement, du grand capital et contre son propre peuple”. Le juge Aurora Gomez a confirmé l’emprisonnement des dirigeants du syndicat de la route 100, accusés d’avoir utilisé les fonds de ce syndicat et par la même d’avoir abusé de la confiance de ses adhérents. Néanmoins, les 120 personnes qui ont porté plainte ne se sont toujours pas présentées pour confirmer leurs accusations. Lors de sa première interview depuis l’offensive de l’armée mexicaine en février dernier, le sous commandant Marcos affirme que si la nouvelle proposition démocratique ne se concrétise pas, il va se produire un coup d’état fasciste ne venant pas de l’armée fédérale mais “ commandé par la droite la plus réactionnaire à la tête de laquelle se trouve le Parti d’Action National (PAN)”. Plus loin, il signale que, pour lui, la consultation sera un succès si elle arrive à faire rejeter l’utilisation des armes par les deux forces en présence, et si la discussion, par la suite, reste seulement sur le terrain politique. Cette interview fut faite au quotidien “La Jornada” pour contribuer à la promotion de la Consultation Nationale.
Affrontement armé sur la route qui relie Ocosingo au territoire militaire du Rancho Nuevo, près de la “zone de conflit”. La version officielle nous apprend que 12 individus au visage couvert et portant un uniforme de l’EZLN ont attaqué une patrouille de la police judiciaire fédérale. Le bilan est de deux policiers blessés et un présumé zapatiste mort, les autres réussissant à fuir. Dans une interview au quotidien “La Jornada”, Joaquin Villalobos, ex-commandant de la guérilla salvadorienne affirme : “ le mouvement zapatiste a atteint en quelques semaines ce qu’a réussi à avoir le FMLN en 10 ans”. D’un autre côté, il dit que si la guerre reprenait, l’EZLN “ne pourrait compter sur les arrière-gardes politiques sur lesquelles s’était appuyé le FMLN. L’ex-guérillero a nié être conseiller du gouvernement mexicain dans le dialogue avec les zapatistes comme l’ont affirmé quelques moyens de communication mexicains.
Les travailleurs du syndicat de la route 100 exigent l’intervention de la commission des droits de l’homme du District Fédéral. On a retrouvé, en effet, des micros cachés dans les cellules d’emprisonnement de leurs leaders syndicaux. Ils rendent responsables les autorités du ministère de l’intérieur de ces actes d’espionnage. Le journal “La Jornada” a publié une lettre du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte ou nous les informions du déroulement de la consultation en France. Dans celle-ci, on détaillait les activités organisées, depuis l’appel fait par l’EZLN.
Publication d'un communiqué adressé à la Conférence Nationale pour la Paix ( il s'agit d'une rencontre d'une journée, organisée par des personnes de la société civile juste après la Consultation, pour analyser les moyens de parvenir à la paix. Samuel Ruiz y participait) et signé par le sous-commandant Marcos, dans lequel il salue ce nouvel effort de la société civile pour trouver le chemin d'une paix juste et digne. Il ajoute que le dialogue de San Andrés est dans une impasse et que le dernier espoir se trouve dans la société civile. Publication des résultats de la consultation zapatiste (70 % de bulletins dépouillés). La plupart des gens demandent à l'EZLN de devenir une "nouvelle force politique, sans s'unir à d'autres ". Vous pouvez lire une analyse des résultats dans Quetzalcoatl (supplément au Ya Basta! No. 25. Les résultats complets et définitifs de la consultation au Mexique, sont publiés dans ce n ci (voir encadré).
Dans une conférence de presse, la Commission de Diffusion de la Consultation Zapatiste en a présenté les résultats définitifs. Elle a annoncé aussi que d'autres consultations populaires auront prochainement lieu, notamment : un référendum "pour la liberté", convoqué par Alianza Civica, El Barzon (cf. Ya Basta! n 25) et d'autres organisations syndicales et sociales ; une consultation sur la privatisation des services de santé ; et un plébiscite sur la demande de démission de Rubén Figueroa, gouverneur de Guerrero (un des états du Mexique où les paysans sont réprimés le plus brutalement). Dans un article, l'analyste Octavio Rodriguez Araujo affirme que, du point de vue du nombre de participants, la consultation zapatiste a été un succès (près de 1 100 000 participants). Aux deux dernières consultations populaires, la participation avait été de 320 000 ( pour ou contre faire de la ville de Mexico un état comme les autres, et non un "District Fédéral") et de 660 000 personnes ( à propos de Salinas et à propos du conflit au Chiapas, cf. Ya Basta! n 3, 27 février 95).
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