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Comme tous les 1er septembre, aujourd'hui, le président du Mexique, Ernesto Zedillo Ponce de Leon, doit, selon la constitution, lire son rapport annuel à la nation. C'est souvent l'occasion d'annonces importantes concernant la politique à venir. Les commentaires sur le Chiapas, sur l'EZLN et sur la Consultation, s'il y en a, seront interprétés avec attention. En même temps, une coalition d'organisations de l'opposition de gauche organisent une manifestation intitulée : "le contre-rapport". Il s'agit pour eux, de dénoncer "l'état réel du pays après neuf mois de gouvernement ". Parmi les participants on trouve les syndicalistes de Sutaur (le syndicat de Ruta 100), El Barzon, des organisations indiennes et paysannes, le Mouvement Prolétaire Indépendant (MPI, groupe politique de lutte urbaine présent dans les grandes villes, qu'on pourrait qualifier de "bras politique du syndicat de Ruta 100", et qui soutient ouvertement l'EZLN), le Front Populaire Francisco Villa (même genre, mais moins lié au Syndicat de Ruta 100) des syndicalistes de bureaux fédéraux et le Parti de la Révolution Démocratique (PRD).
Le président Zedillo a divisé son rapport annuel en trois grands thèmes : la situation économique, la justice et la démocratisation du pays. Il est difficile de faire le résumé d'un discours qui ne dit rien, mais en matière économique, Zedillo, a renouvelé sa foi néolibérale et s'est contenté de dire aux mexicains que, sans ses mesures, la crise "aurait été pire". Le technocrate issu d'une université américaine "d'excellence" a aussi dit qu'au Chiapas il faut arriver à la paix par le dialogue. Peut-être pense-t-il au dialogue des mitrailleuses... Près de 15 000 manifestants ont participé à México au contre-rapport . Les orateurs ont fustigé la politique gouvernementale et ont manifesté leur soutien aux demandes des indiens du Chiapas, aux syndicalistes de Ruta 100, aux citoyens de El Barzon et aux vendeurs ambulants. Ils ont aussi demandé la libération des prisonniers politiques et la destitution des gouverneurs du Tabasco et du Guerrero.
Selon les membres de la Cocopa (la commission parlementaire qui, dans le cadre de la loi d'amnistie, participe au dialogue gouvernement-EZLN), le président Zedillo serait d'accord pour que les zapatistes participent au dialogue national (il s'agit d'un "dialogue national" qui consiste à inviter les dirigeants des différents partis à négocier au sujet d'une réforme de l'État, et des grands problèmes nationaux. Rien à voir donc avec le "dialogue national" que préconise l'EZLN, et auquel pourraient participer tous les acteurs de la société), en particulier dans la discussion de "la réforme de l'État". (Il y a ensuite eu des démentis et des contre-démentis à cette annonce). Aujourd'hui, la Commission d'Organisation de la Consultation Nationale zapatiste en transmettra les résultats à la délégation zapatiste au dialogue de San Andrés.
Près de 600 indiens du Chiapas, parmi lesquels quelques commandants zapatistes membres du CCRI-CQ de l'EZLN, ont offert une fête à 150 personnes qui faisaient partie des Commissions d'Organisation de la Consultation zapatiste. Dans cette fête, où les zapatistes ont reçu les résultats de la consultation, ils ont déclaré que l'EZLN acceptera de former une nouvelle force politique, mais sans déposer les armes et sans pour autant former un parti politique. Selon le journaliste, les commandants Moisés, Jeronimo, Felipe et Guillermo semblaient très satisfaits de l'ampleur de la participation de la société civile à la Consultation.
Selon le Centre des Droits de l'Homme Fray Bartolomé de las Casas,
dirigé par l'évêque Samuel Ruiz, des centaines de militants
du PRI (le parti au pouvoir au Mexique), accompagnés de policiers
du Chiapas, ont mis le feu a 20 ou 30 maisons du village Nuevo Limar dans
la municipalité de Tumbala, et pris 25 civils en otage. Le PRD a
annoncé les meurtres de 4 de ses militants lors de cette agression,
dont on ignore les causes. Aujourd'hui commence la nouvelle rencontre du
dialogue de paix entre les zapatistes et le gouvernement à San Andrés
Larrainzar. La Jornada publie un très long article du chercheur
Pablo Gonzalez Casanova ( qui est un spécialiste, réputé
de gauche, des mouvements politiques populaires et ouvriers, et qui fait
aussi partie de la CONAI ), où celui-ci analyse les causes de la
rébellion au Chiapas. Parmi celles-ci, il note l'héritage
rebelle des mayas, la crise de l'hacienda (forme de propriété
et de production rurales) traditionnelle, l'action de la partie de l'église
qui a pris le parti des pauvres, le travail militant des étudiants
réprimés en 1968, le problème agraire, la politisation
des communautés indiennes et la violence et l'autoritarisme gouvernementaux.
Consultation nationale pour la paix et la démocratie Mexique, 27
août 1995. Voici les résultats définitifs de la Consultation,
présentés dans le rapport d'Alianza Civica. Le nombre de
participants a été de 1 088 094 personnes, dont 15.2 % issus
des communautés indiennes. Résultats par question, sur l'ensemble
du Mexique :
Question 1.- Etes-vous d'accord pour dire que les principales demandes
du peuple mexicain sont : terre, logement, travail, alimentation, santé,
éducation, culture, indépendance, démocratie,
liberté, justice, paix, sécurité, lutte contre la
corruption et défense de l'environnement?
Oui : 97.5 % Non : 1.3
% Ne sais pas : 1.2 %
Question 2.- Les diverses forces démocratiques doivent-elles s'unir
dans un front élargi, citoyen, social et politique, d'opposition,
et lutter pour ces seize demandes principales?
Oui : 92.7 % Non : 4.3
% Ne sais pas : 3.0 %
Question 3.- Est-ce que les mexicains doivent réaliser une réforme
politique profonde pour garantir la démocratie (le respect du vote,
un recensement électoral fiable, des organismes électoraux
impartiaux et autonomes, la participation libre des citoyens -y compris
ceux qui ne sont membres d'aucun parti ou d'aucune organisation gouvernementale-,
la reconnaissance de toutes les forces politiques nationales, régionales
et locales, et l'équité pour tous)?
Oui : 94.5 % Non : 2.5
% Ne sais pas : 3.1 %
Question 4.- L'EZLN doit-elle se transformer en force politique indépendante
et nouvelle, sans s'unir avec d'autres organisations politiques?
Oui : 52.6 % Non : 38.2
% Ne sais pas : 9.2 %
Question 5.- L'EZLN doit-elle s'unir à d'autres organisations pour,
ensemble, former une nouvelle organisation politique?
Oui : 48.7 % Non : 43.2
% Ne sais pas : 8.1 %
Question 6.- Doit-on garantir la présence et la participation égalitaire
des femmes dans tous les postes de représentation et de responsabilité
dans les organismes civils et de gouvernement?
Oui : 93.1 % Non : 3.7
% Ne sais pas : 3.2 %
Résultats dans les seules communautés indiennes :
Question 1 : Oui : 98.1 % Non : 1.0 % Ne sais pas : 0.9 %
Question 2 : Oui : 97.9 % Non : 1.0 % Ne sais pas : 1.1 %
Question 3 : Oui : 98.2 % Non : 0.8 % Ne sais pas : 1.1 %
Question 4 : Oui : 49.0 % Non : 41.6 % Ne sais pas : 9.4 %
Question 5 : Oui : 48.2 % Non : 44.8 % Ne sais pas: 7.0 %
Question 6 : Oui : 97.6 % Non : 0.9 % Ne sais pas : 1.5 %
Marco Antonio Bernal, chef de la délégation gouvernementale au dialogue, affirme qu'un accord avec les rebelles est en train de se préparer. Celui-ci porterait sur l'installation de tables de discussion de quelques-unes des revendications zapatistes. (Voir 12 sept). La Cocopa a invité l'EZLN, et Marcos en particulier, à participer au "dialogue national pour la réforme de l’État".(Cf. Ya Basta n 26, 3 septembre). Un groupe paramilitaire comprenant des militants du PRI a attaqué les communautés de Usipa et de Pantiajina (municipalité de Tila), où habitent des indiens Chols. Les agresseurs s'en sont pris aux militants du PRD et, selon le centre des droits de l'homme Fray Bartolomé de las Casas, il y aurait des morts de deux cotés. L'assemblée d'ejidatarios (paysans qui travaillent dans un ejido, sorte de propriété collective de la terre) de La Garrucha va porter plainte contre l'armée fédérale, qui a envahi une partie de ses terres pour installer un campement depuis le mois de février.
Marco Antonio Bernal a précisé qu'avec les zapatistes le gouvernement pourrait discuter, mais non négocier, les sujets d'intérêt national. Ceci parce que, dit-il, il doit avoir d'autres acteurs nationaux qui participent aux négociations.
Les chiffres de la malnutrition à Mexico se sont multipliés par 6 au cours des 20 dernières années. Dans cette ville, selon des chiffres officiels, il y aurait 70 000 enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition. Après une nouvelle journée de négociations, on a appris que le gouvernement et les zapatistes seraient sur le point d'arriver à un accord sur la date et le lieu d'installation d'une première table de discussion sur les revendications zapatistes. Cependant, les deux délégations n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le sujet de cette discussion ; les zapatistes veulent qu'elle porte sur le développement et le bien être social, tandis que le gouvernement voudrait commencer par les droits et la culture indienne. On a aussi appris que les deux délégations sont en désaccord sur les règles et les procédures des discussions. La délégation zapatiste au dialogue a affirmé que l'invitation faite par la Cocopa à l'EZLN à participer au "dialogue national" est un pas en avant parce que cela signifie que la délégation gouvernementale reconnaît les zapatistes comme interlocuteurs sur des questions nationales. Cependant, la délégation zapatiste a annoncé qu'une consultation auprès de la population du Chiapas sera réalisée pour savoir si cette proposition est acceptée.
Selon la CTM, (la confédération des syndicats contrôlés par le gouvernement), au Mexique il y aurait 8 millions de chômeurs et 5 millions de personnes qui ne touchent que le salaire minimum (autour de 400 FF par mois). Toujours selon la CTM, rien que pour acheter l'alimentation de base pour une famille, un salaire trois fois plus élevé que le salaire minimum actuel serait nécessaire. General Motors a fermé son usine de la ville de Mexico, pour la transplanter dans une autre ville du Mexique, mettant du même coup 1.100 ouvriers au chômage, ce qui réduit ses effectifs de 40 %.
Pour 1995, le Mexique devra payer près de 58 milliards de dollars au titre de sa dette extérieure (capital + intérêts), ce qui représente le 18 % du PIB mexicain. Plusieurs comédiens, réalisateurs et producteurs de Hollywood ont manifesté leur soutien à la consultation zapatiste qui est pour eux "un effort vers la démocratie, dont le Mexique a besoin depuis si longtemps". Parmi ceux-ci, on trouve Francis Ford Coppola, Oliver Stone et Antonio Banderas. Pour la cinquième journée de négociations, le refus du gouvernement de reconnaître la portée nationale de sujets de démocratie, justice, bien-être et développement, proposés par l'EZLN, ainsi que celui de l'abaissement de la tension militaire, a été le principal obstacle à la réalisation d'accords.
Communiqué du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène-Commandement Général de l'EZLN.
Mexique, 10 septembre 1995.
Au peuple du Mexique :
Aux peuples et aux gouvernements du monde :
A la presse nationale et internationale :
Frères :
Le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène-Commandement Général de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale donne son point de vue sur le résultat de la sixième rencontre de San Andrés Sacamch'en de Los Pobres.
Premièrement.- L'Armée Zapatiste de Libération Nationale tient parole. Toujours nous avons dit notre volonté de trouver une solution juste et digne. Aujourd'hui nous l'avons démontré, aujourd'hui nous avons tenu promesse et nous continuerons à le faire.
Deuxièmement.- Les avancées obtenues dans cette rencontre sont seulement un premier pas. Notre peuple continue à souffrir de l'injustice, de la faim, des maladies. Il n'y a pas de quoi faire la fête. Il n'y a toujours pas de réelle réponse aux demandes de notre peuple.
Troisièmement.- Le gouvernement fédéral a dit "laisser de côté la discussion sur les règles de procédure qui entraînent des retours en arrière et des retards". Nous disons que sans règles on ne peut avancer : il n'y aurait pas de sérieux dans le dialogue. Aujourd'hui nous nous sommes mis d'accord sur la quasi-totalité des règles.
Chaque chose en son temps. Sans pressions, sans rien forcer. C'est cela l'expérience des indiens zapatistes, l'expérience du Commandement Général, l'expérience de nos ancêtres, et maintenant la nôtre.
Quatrièmement.- Nous appelons le peuple du Mexique à être attentif, à étudier et à comprendre ces accords, à prendre une part active dans cette nouvelle étape du dialogue, et à surveiller leur mise en oeuvre. Ne doutez pas de l'EZLN.
Cinquièmement.- Nous, l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, ne nous reposerons pas. Nous continuerons à lutter jusqu'à ce que existent sur le sol mexicain la liberté, la démocratie et une paix juste et digne.
C'est tout.
Démocratie! Liberté! Justice!
Depuis les montagnes du sud-est mexicain.
Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène-Commandement Général de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale.
Mexique, septembre 1995.
Après six jours de négociations, les délégations
zapatiste et gouvernementale sont arrivées à un accord important.
Il s'agit de la mise en place d'une table de discussion sur les droits
des indiens. Cette discussion commencera le 1er octobre prochain. Dans
un meeting ou les zapatistes ont convoqué les jeunes à participer
à la consultation du 13 septembre (pour les jeunes âgés
entre 12 et 18 ans), les commandants Tacho et David, ont déclaré
que la consultation nationale a servi à "ouvrir les yeux du
gouvernement" sur la portée nationale de l'EZLN. Les organisateurs
de la consultation zapatiste chez les jeunes informent que deux questions
ont été ajoutées aux six questions répondues
par les adultes. Ces questions sont :
7.- Est-tu d'accord pour lutter pour que l’éducation publique et
gratuite soit garantie à tous les niveaux, pour que des budgets
suffisants soient accordés, pour que l'autonomie des centres d’éducation
supérieure soit respectée, et pour que la liberté
des jeunes dans les écoles soit respectée?
8.- Est-tu accord pour refuser l'initiative gouvernementale selon laquelle
l'âge de la responsabilité pénale sera changé,
pour passer de 18 ans actuellement à 16 ans?
La Convention Nationale d’Étudiants (CNE), qui est l'une des organisations
qui réalisent la consultation, la voit "comme un appel de nos
frères zapatistes à tous les mexicains afin de discuter d'un
programme de lutte et d'organiser le mouvement national contre le parti
d’État". Les organisateurs de la consultation des jeunes ont
demandé au ministère de l'éducation d'accorder toutes
les facilités pour que celle-ci puisse se réaliser sans problèmes.
Ils invitent les gens à passer remplir les bulletins aux tables
qui seront installées, ou a organiser des assemblées "pour
voter à main levée, comme les indiens du Chiapas l'ont fait".
Selon les responsables du Métro de Mexico, dans ses stations il
y aurait 2 563 vendeurs ambulants.
L'évêque Samuel Ruiz, (président de la Conai), et
des membres de celle-ci et de la Cocopa, ont lu, dans une conférence
de presse, les textes des accords gouvernement-zapatistes. Les deux parties
se sont mises d'accord pour la mise en place de quatre tables de discussion
:
1) droits et culture des indiens;
2) bien-être et développement;
3) démocratie et justice; et
4) droits des femmes.
La dernière table a été proposée par les commandantes
zapatistes Trini et Susana. Cependant, sur ces quatre tables, il n'y a
d'accord que sur l’installation de la première, qui sera installée
le 1er Octobre et commencera ses travaux le 17 du même mois.
La table sera divisée en quatre sujets:
a) reconnaissance des droits des indiens;
b) garanties de justice pour les indiens;
c) participation et représentation politique des indiens; et
d) situation, droits et culture des femmes indiennes.
Chaque sujet sera discuté par 12 représentants zapatistes
et autant du gouvernement. Chaque délégation aura le droit
d'amener des invités dont la participation reste à définir
par les parties. Commentant les résultats de la négociation,
la délégation de l'EZLN a dit qu'il n'avait pas de raison
de "faire la fête". Les commandants zapatistes estiment
que même si ces résultats sont "une lueur d'espoir pour
tous les mexicains qui désirent la paix", ces accords ne sont
qu'un "premier pas" vers la fin de "l'injustice, de la faim
et de la maladie dont notre peuple continue de souffrir". En même
temps, ils ont appelé le peuple mexicain à s'informer, étudier
et comprendre les accords, et à avoir une "participation plus
active dans cette nouvelle étape du dialogue, et à surveiller
l'application des accords".
Aujourd'hui a lieu la consultation nationale zapatiste des jeunes âgés entre 12 et 17 ans. Dans la capitale du pays, près de 1.500 tables de réponse seront installées dans quelques lycées et sur le campus de l'UNAM. Par contre, le ministère de l'intérieur n'a pas donné son autorisation pour les installer dans les écoles secondaire. L'armée fédérale mexicaine a déplacé troupes et équipement militaire basés dans le Tabasco (état voisin du Chiapas) vers les communautés de la municipalité de Tila et vers la vallée de Tulija au Chiapas. Cette zone est habitée par des militants du PRD et est considérée par le gouvernement comme l'une des principales zones indigènes -hors de celle du conflit- sympathisant avec l'EZLN. Près de 600 indiens Choles bloquent l'entrée de la mairie de Salto de Agua, pour demander le retrait de l'armée fédérale de ses communautés et le démantèlement de groupes paramilitaires opérant dans la région.
Selon Hector Larios, président du Consejo Coordinador Empresarial (association d'entrepreneurs et patrons), l'année 1995 aura vu l'apparition de 2 millions de nouveaux chômeurs au Mexique. Selon des associations nationales de commerçants et industriels, 3500 petits commerces de Mexico ont fermé à cause de la crise cette année, entraînant la disparition de 7000 emplois. Sur cette période, les ventes de l'industrie dans la capitale ont chuté de 63 %.
La revue américaine Fortune, dans son édition du 4 septembre, consacre un reportage à la situation économique et politique du Mexique. On peut y lire que le trafic de drogue basé au Mexique rapporte chaque année 120 milliards de dollars, soit l'équivalent d'un tiers du PIB mexicain. A propos de la politique de privatisations de l'ancien président Salinas, Fortune affirme qu'elle a transformé des monopoles d'État en monopoles privés et que les privatisations ont bénéficié à l'oligarchie mexicaine.
Dixième anniversaire des tremblements de terre qui ont paralysé Mexico en 1985. Cette année-là, les événements ont démasqué une fois de plus un système corrompu coupable de la mort de milliers de personnes (les normes de construction n'ayant pas été respectées dans nombre de bâtiments publics), incapable de réagir au désastre (la société civile a dû s'organiser par elle-même pour faire face à la situation) et plus soucieux du sort des stades de football pour la coupe du monde de 1986 que de celui de ses citoyens. (A ce propos, lire l'article publié dans la brochure du Comité Solidarité Chiapas ,N 2 ). Selon José Angel Pescador Osuna, consul du Mexique à Los Angeles, les mexicains immigrés aux États-Unis envoient chaque année 3.6 milliards de dollars au Mexique, une somme que seule dépasse celle provenant de l'achat du pétrole mexicain.
Guadalupe-Tepeyac : le village errant.
Guadalupe-Tepeyac, village indien du Chiapas, est un endroit symbolique pour le mouvement zapatiste parce que:
• c'est le premier village où la population indienne s'est ouvertement proclamée zapatiste.
• c'est là que les zapatistes ont établi leur quartier général (QG) dès les premiers jours de la révolte. Le sous-commandant Marcos habitait dans les environs.
• c'est là que les zapatistes accueillaient leurs visiteurs (presse, organisations et leaders politiques).
• c'est là que les zapatistes ont construit le grand amphithéâtre pour accueillir les 6000 délégués de la Convention Nationale Démocratique (CND) au mois d'août 1994. Pour la même occasion, ils ont doté le village d'une bibliothèque.
Pour le gouvernement mexicain Guadalupe-Tepeyac est:
• un village où n'habitaient pas des indiens, mais des mercenaires nationaux et internationaux.
• un endroit stratégique militairement.
C'est pour cela que, lors de l'offensive militaire de février dernier, les troupes du gouvernement ont occupé le village et détruit l'amphithéâtre et la bibliothèque.
Depuis ce mois de février, la population de Guadalupe-Tepeyac (570 personnes originellement) n'a plus de logement fixe, ni le droit de travailler la terre (seul moyen de survivre). A deux reprises, ils ont été hébergés dans des villages amis, en pleine forêt Lacandona.
En mai dernier, les habitants du village errant ont décidé (dans une assemblée, comme pour toutes les décisions importantes) de mettre fin à cette situation. Pour cela, les indiens d'un autre village proche de l'ancien Guadalupe-Tepeyac, leur ont offert des terrains pour construire leurs nouvelles maisons.
Les dépenses pour la construction d'un nouveau et modeste Guadalupe-Tepeyac ne sont pas énormes, mais les frais sont hors de portée d'une population soumise à la persécution militaire. C'est pourquoi le mouvement national et international de solidarité a entrepris une campagne de collecte de fonds pour aider à ce projet si nécessaire. Au Mexique, la caravane universitaire Ricardo Pozas a organisé un festival artistique avec des concerts de rock, des représentations de théâtre et de danse, des projections-vidéo, et a récolté plus de 33 000 dollars, lesquels ont été immédiatement envoyés dans la forêt Lacandona.
A quand une campagne comme celle-ci en Europe?
Résultats de la consultation zapatiste en France :
Nombre total de réponses reçues : 1640
Oui
Non
nsp
Nb total % Nb total % Nb total % Total Question 1 1606 97,9 5 0,3 29 1,8 1640 Question 2 1460 89,0 74 4,5 106 6,5 1640 Question 3 1535 93,6 25 1,5 80 4,9 1640 Question 4 612 37,3 501 30,5 527 32,1 1640 Question 5 663 40,4 473 28,8 504 30,7 1640 Question 6 1324 93,6 32 2,3 58 4,1 1414 Sexe : Hommes : 62,2 % Femmes : 37,8 % Domicile : Paris et RP. : 58, 2 % Province 37,2 % Etranger 4,6 % Age : le plus jeune : 12 ans ; le plus agé : 76 ans Professions : (Total réponses : 1260) Etudiant(e)s :29,6 % Employé(e)s (dont fonctionnaires) : 23,3 % Professeur : 14,3 % Ouvrier(e)s : 7,4 % Cadres : 6,7 % Chômeur(se)s : 5,2 % Professions libérales : 4,1 % Retraité(e)s : 3,9 % Artistes : 4,8 % Paysan(e)s : 0,7 %
La commission chargée de promouvoir la consultation zapatiste au niveau international communique les résultats : il y a eu 81 775 participants, dans 47 pays. La plupart (65 %) se sont prononcés pour que l'EZLN devienne une nouvelle force politique indépendante ("oui" à la question 4 ). Les pays où la participation a été la plus importante sont, dans l'ordre : l'Italie, l'Espagne, les États- Unis, l'Argentine, le Canada et l'Autriche. Après une réunion entre des membres de la Conai (la commission nationale de médiation entre le gouvernement et l'EZLN, présidée par l'évêque Samuel Ruiz) et de la Cocopa (la commission parlementaire crée par la loi d'amnistie), ces derniers ont annoncé que les zapatistes ont accepté le principe d'une réunion entre la Cocopa et le CCRI (comité clandestin révolutionnaire indigène, le commandement général de l'EZLN), pour analyser et définir les modalités de la participation de l'EZLN dans ce qu'on appelle le "dialogue national pour la réforme de l'État" (cf. Ya Basta! N 26, 3 septembre, et N 27, 6 Septembre).
Dimanche dernier, trois inconnus ont assassiné de six coups de feu le candidat du PRD (le parti de gauche dont le leader est Cuauhtemoc Cardenas) à la mairie de Angel Albino Corzo, M. Antelmo Roblero Roblero, alors que celui-ci rentrait chez lui après une réunion électorale dans la communauté de Queretaro. Les circonstances de ce meurtre n'ont pas encore été clarifiées. Un deuxième militant du PRD a été assassiné dans la municipalité de Angel Albino Corzo. Il s'agit du paysan Higinio Sanchez Hernandez qui, selon un dirigeant du PRD, s'est fait agresser par des militants du PRI, lorsqu'il marchait dans une rue de la communauté en compagnie de son frère. A moins d'un mois des élections locales au Chiapas (cf. Ya Basta! N 22), la tension politique continue de faire des victimes. Des indiens militants du PRD de la municipalité de Tila (Chiapas) dénoncent l'augmentation, depuis le mois de juillet, des agressions par les groupes paramilitaires du PRI ("gardes blanches")qui opèrent dans la zone . Selon un document préparé par des militants du PRD du village de El Limar (commune de Tila), le groupe "Paix et Justice" (Cf. Ya Basta N 27, 6 septembre), qui est soutenu par les "caciques" (notables locaux, propriétaires et éleveurs, qui ont beaucoup de pouvoir), policiers et militaires de la région, a arrêté et menacé de mort Gustavo Hernandez, candidat du PRD sur la liste des fonctionnaires de la mairie, pour qu'il "démissionne de son parti". Deux jours plus tard, le 10 septembre, le même groupe a arrêté Adolfo Alvarez et Manuel Mendez, président et secrétaire du PRD local, et les a relâchés le lendemain avec la condition qu'ils "entrent au PRI". Encore plus grave, les 9, 10 et 11 septembre, le groupe paramilitaire a installé une table "d'ajusticiamiento" (espèce de tribunal hors-la-loi) pour "juger publiquement" 63 familles, lesquelles ont été soumises à des interrogatoires très stricts. La table était formée de militants du PRI, et les familles ont été "condamnées" à verser 500 pesos (environ 400 FF, soit à peu près le salaire minimum mensuel d'un ouvrier mexicain) par paysan, 1 000 par professeur et 5 pesos pour la nourriture de l'armée. Les familles se disent désespérées parce qu'elles ne pourront pas payer cet "impôt de la guerre sale". Dans les interrogatoires les miliciens leur ont "demandé qui sont les dirigeants du PRD" et "pourquoi nous sommes sortis du PRI ; ils nous ont dit que si nous ne rentrons pas à nouveau au PRI, ils vont nous tuer comme des animaux et que nos propriétés seront à eux". Ils leur ont aussi demandé d'accuser les prêtres de provoquer la violence. Les indiens demandent la présence de la Commission Nationale des Droits de l'Homme et d'observateurs civils afin d'être protégés contre les agressions. Le diocèse de San Cristobal a annoncé que les autorités mexicaines ont empêché le retour au Mexique du prêtre américain Pablo Juan Nadolny, qui depuis 1989 travaille avec Samuel Ruiz, dans la municipalité de Salto de Agua. Le prêtre avait quitté le Mexique il y a trois semaines, et possédait les documents officiels nécessaires pour entrer dans le pays. Si cette interdiction est confirmée, il sera le cinquième prêtre du diocèse à être expulsé : le 23 juin dernier trois prêtres ont été expulsés (cf. Ya Basta! N 17, 23, 24 et 26 juin) .
Le Département d'État des États-Unis a confirmé que l'ambassadeur américain au Mexique, James Jones, a présenté au président Zedillo, lorsque celui-ci est entré en fonction, une liste de fonctionnaires mexicains dont les États-Unis ne voulaient pas au gouvernement. Les noms des fonctionnaires, d'une intégrité "douteuse" selon les gringos, n'ont pas été révélés, mais aucun d'eux a été nommé ministre.
Le comité promoteur de la consultation zapatiste chez les jeunes a annoncé que 200.160 jeunes y ont participé, dans 870 tables et 42 assemblées. (voir encadré). Le ministère de l'intérieur a déclaré avoir refusé l'entrée au Mexique du prêtre Nadolny parce que celui-ci aurait essayé de "tromper les autorités" à propos de sa situation d'étranger résident au Mexique. Le diocèse de San Cristobal dément la version officielle et estime que cette action démontre la "mauvaise foi" du gouvernement vis-à-vis de lui. Dans une lettre adressée au président Zedillo, le gouvernement rebelle du Chiapas, qui a à sa tête a Amado Avendano, dit que les efforts de paix de l'EZLN, du gouvernement fédéral et d'autres acteurs ne servent à rien, parce que "la société du Chiapas se précipite rapidement vers une confrontation globale, provoquée par les centres de pouvoir des caciques et les institutions officielles elles-mêmes". Selon la lettre, c'est dans la région de la Sierra (municipalités de Jaltenango la Paz, Villacorzo, La Concordia, Bella Vista, etc.) où dominent les caciques des familles Orantes, Ruiz et de quelques familles "allemandes" que la situation est la plus dramatique ; dans cette zone, et malgré la forte présence militaire et policière, des groupes de guardias blancas (les milices privées des éleveurs et des agriculteurs) opèrent impunément. Le PRD informe que les conditions de vie des 600 réfugiés Choles à Salto de Agua (cf. Ya Basta! N 27, 6 septembre) sont dramatiques. Cette semaine, une petite de 4 ans est morte de problèmes gastro-intestinaux, et il y a beaucoup d'autres enfants malades; les réfugiés demandent l'intervention des ONG's pour recevoir une aide humanitaire. Le secrétaire du PRD des droits de la personne et des peuples indiens a aussi ajouté que "la violence croissante de groupes paramilitaires et de militants du PRI a pour but décourager la participation de électeurs qui favorisent le PRD dans les prochaines élections" du 15 octobre. Les étudiants qui n'ont pas été acceptés à l'UNAM (la plus importante université du Mexique), et qui se sont organisés pour protester, ont occupé les principaux bureaux de l'université pour exiger l'augmentation du nombre de places dans les diverses facultés. Ils demandent un dialogue public avec les autorités. 12 d'entre eux ont fait la grève de la faim pendant 33 jours dans le cadre de ce mouvement. 30ème anniversaire de l'assaut de la caserne Madera (dans le Chihuahua), qui avait donné naissance à la Liga Comunista 23 de septiembre. Ce groupe guérillero urbain avait déclaré la guerre au gouvernement mexicain, et avait été anéanti vers le milieu des années 70. Les autorités de México ont annoncé l'ouverture à la participation des capitaux privés des services de traitement des eaux et de traitements de déchets toxiques, des transports publics, des parkings, des musées, des parcs de loisirs, etc. Ceci pour financer d'autres projets de la ville.
L'Assemblée Démocratique du Peuple Chiapanèque (Aedepch, l'analogue locale de la CND) informe que, en 1995, 60 paysans membres de cette organisation ont été assassinés, 30 autres ont disparu et 150 ont été séquestrés. Selon l'Aedepch, le Chiapas traverse en ce moment une "vague de répression et de violence intenses, dirigée contre les organisations indiennes et paysannes et les candidats du PRD" (aux élections locales du 15 octobre). L'Aedepch prépare une réunion nationale pour essayer de mettre fin à la violence. La Conpaz (coordination de ONG's pour la paix, indépendante) dénonce que les 20 et 21 septembre, des soldats de l'armée fédérale sont entrés dans la communauté de La Mendoza pour intimider et harceler la population. Les soldats cherchaient maison par maison Benjamin Velazquez Gomez, qui avait porté plainte contre l'armée pour protester parce qu'elle avait été prendre des pierres sur les terrains de la communauté, semble-t-il pour construire des barrages; les militaires ont pris des photos des indiens qui se trouvaient dans les maisons. La coordination d'organisations indiennes du Chiapas Xi'Nich exige le retrait des soldats fédéraux qui, depuis le 5 septembre, ont installé un barrage militaire sur un chemin près de l'ejido Cintalapa, dans la municipalité d'Ocosingo. Les indiens se plaignent de subir des contrôles d'identité non justifiés, et signalent que les militaires maltraitent la population, qui a peur d'eux. Le comité pour l'attribution du prix Nobel de la paix à l'évêque Samuel Ruiz fait savoir que 5 millions 300.000 signatures ont étés recueillies dans le monde entier pour soutenir sa candidature.
Selon un rapport de la Banque du Mexique (la banque officielle) sur l'épargne bancaire, 24 000 comptes (soit 0.2 % du total ) totalisent 56% de l'épargne dans le pays. Le solde moyen de chacun de ces comptes est de 8 millions 649.581 pesos, soit près de 7 millions de francs (nouveaux). En comparaison, en 1988, les plus gros épargnants ne détenaient que 27.7 % des richesses gardées dans les banques. Cette situation peut être expliquée par la perte de valeur des salaires : 60 % des chefs de famille qui étaient en mesure d'épargner en décembre 1994, n'en ont aujourd'hui plus la capacité, à cause de la crise.
Résultats de la consultation chez les jeunes âgés de 12 à 17 ans :
Question 1.- oui 93.25 % non 3.51 % nsp 3.23 % Question 2.- oui 78.21 % non 9.76 % nsp 12.03 % Question 3.- oui 83.72 % non 6.04 % nsp 10.23 % Question 4.- oui 48.73 % non 33.14 % nsp 18.13 % Question 5.- oui 37.69 % non 46.72 % nsp 15.59 % Question 6.- oui 80.56 % non 9.92 % nsp 9.52 %
Questions ajoutées ( Cf. Ya Basta N 27, 11 septembre 95) : Question 7.- oui 88.52 % non 3.76 % nsp 7.72 % Question 8.- oui 52.77 % non 32.86 % nsp 14.37%
La Cocopa annonce que le 30 octobre se tiendra une réunion entre elle-même et une délégation de l'EZLN. Les sujets de discussion proposés par la Cocopa seront : le dialogue national, la législation sur les questions indiennes et des sujets électoraux. - 4 paysans, dont un adolescent de 16 ans, ont été assassinés dans la communauté de La Cebada (Etat de Guerrero). Selon les autorités municipales, cinq hommes armés et en uniforme sont entrés dans une maison et en ont fait sortir les paysans, puis les ont tués. Les circonstances de ces meurtres n'ont pas encore été éclaircies, mais un représentant du PRD de la région a déclaré qu'il n'y avait apparemment pas de motif politique, ajoutant que cela "fait partie de la vague de violence et d'insécurité dans la région". - Sur les trois derniers mois, 71 habitants de l'Etat de Guerrero ont été assassinés pour des motifs politiques, dans des embuscades ou des exécutions collectives. Le PRD et l'Organisation Paysanne de la Sierra del Sur (OCSS) dénoncent ces meurtres, et affirment que pour 21 de ces cas, les responsables sont des agents de la Police, et que parmi les autres cas, plusieurs sont le fait de tueurs à gages payés par des maires ou des caciques locaux.
Des milliers de jeunes ont participé a un festival de rock réalisé à l'UNAM pour récolter de l'argent et de la nourriture pour les communautés indiennes du Chiapas. - Publication (qui s'étalera sur trois jours) dans La Jornada d'un très long article de Gustavo Iruegas, membre de la délégation gouvernementale au dialogue, où il explique la position officielle du gouvernement vis-à-vis de l'EZLN. Le diplomate répète et essaie d'argumenter ses points de vue, qui sont assez connus : l'EZLN n'a qu'une représentativité locale et chez les indiens (elle ne représente pas le peuple mexicain dans son ensemble et ne peut donc pas négocier les sujets nationaux) ; avec l'EZLN le gouvernement accepte dialoguer mais pas de négocier les sujets nationaux ; les zapatistes ne peuvent pas demander plus de ce qu'ils sont capables d'obtenir par la voie militaire ; etc. Selon Iruegas, les deux parties ont déjà trouvé "la solution pacifique au conflit armé déclenché le 1 janvier 1994 par un groupe de mexicains majoritairement indiens ". L'ambassadeur ne fait aucun commentaire sur les assassinats politiques au Chiapas et ailleurs, ni sur la répression et la misère, qui font partie peut-être de sa "solution pacifique " au conflit.
Cuauhtémoc Cardenas, leader du PRD, ( le principal parti de gauche ), en tournée électorale dans la région du conflit au Chiapas pour les élections locales du 15 octobre, y a trouvé que les paysans subissent un climat de "répression, de menace et de mort ", et sont les victimes des intérêts des caciques et des groupes de pouvoir locaux. - A Ocosingo, plus de 3000 indiens ont dénoncé les préparatifs de la fraude électorale (comme partout le Mexique, c'est le parti officiel et le gouvernement local qui contrôlent l'organisation du scrutin) : les bureaux de vote sont mal placés, en des endroits où il n'y a pas de population, ou dans des communautés reculées. Ainsi, dénonce Cardenas, "les indiens devront aller voter dans une municipalité autre que la leur, ce qui signifie marcher plus de 15 heures et traverser des montagnes et des cols ". C'est pourquoi les manifestants demandent la présence d'observateurs d'Alianza Civica. Dans la communauté de Yajalon, des indiens tzeltales ont chaleureusement accueilli le leader du PRD, lequel a déclaré qu'il fallait "lutter par le vote pour changer le mauvais gouvernement ". A Salto de Agua, Cardenas a écouté les dénonciations de la répression féroce dont les habitants sont l'objet. Enfin, à Tila, les habitants ont remercié Cardenas de sa visite. - Le ministère de l'intérieur a envoyé une lettre au prêtre Alberto Mahoney, qui travaillait dans la paroisse de San Pablo, dans la municipalité de Chalchihuitan (diocèse de San Cristobal), pour l'informer qu'il ne peut plus entrer au pays (il était en voyage au Canada). La lettre est datée de trois jours après le refus d'entrée au pays du prêtre Pablo Nadolny (cf. Ya Basta! N 29, 21 septembre) qui travaillait aussi dans le diocèse de San Cristobal. - Les étudiants qui protestent parce qu'ils n'ont pas pu entrer à l'UNAM (cf. Ya Basta! N 29, 23 septembre) ont accepté la proposition de dialogue du recteur de l'université. La possibilité de libérer les bureaux de l'administration universitaire occupés est en discussion.
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