Bulletin du Collectif Ya basta.

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Ya Basta! No.117
- Communiqué de l'EZLN.
 
    Chronologie du 16 au 21 septembre  99 .
    16 septembre.
       
  •   Sept indigènes venant d’être libérés ont déclaré que leur libération n’a pas été ‘un geste de bonne volonté’ de la part du gouvernement, mais le résultat de la lutte qu’ils ont gagnée par la voie juridique. ‘Cette libération est une farce parce que nous étions sur le point de gagner la liberté complète, le gouvernement n’ayant pu prouver les délits d’usurpation de fonction et de coups et blessures dont nous étions accusés suite au démantèlement du conseil autonome de Tierra y libertad et de Ricardo Flores Magon’. A. Mendez Arcos, porte-parole des prisonniers zapatistes de la prison de Cerro Hueco affirme que 88 indigènes sont encore prisonniers sous de fausses accusations rapportées par des paramilitaires de Paz y justicia.

    17 septembre.

  •    
  •   Communiqué de l’EZLN (daté du 16 septembre) : 
    Mais comment pourrait-on répondre rapidement si le pouvoir suprême ne lâche pas le micro, si tous les jours il rajoute des déclarations, des rectifications et des Post Scriptums à sa lettre ouverte ? 
    Salut et prévenez-nous quand vous aurez terminé. 
    Depuis les montagnes du sud-est mexicain, 
    Sous commandant insurgé Marcos.
    P.S. J’ai déjà vu ce film : Le ‘suicidé’ ne l’était pas. C’est ‘le système de protection des témoins’ utilisé fréquemment par le système judiciaire des USA dans les cas de trafic de drogue international. Cela augure la venue de surprises pour celui qui sera l’’ex’ au lendemain du premier décembre de l’an 2000. (Références au ‘suicide’ de Mario Ruiz Massieu, ex-procureur inculpé aux USA pour avoir blanchi de l’argent venant du trafic de drogue, et aux élections présidentielles de l’an 2000 qui laisseront Zedillo sans la protection du statut de président au moment de rendre des comptes. NDLR).
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  •   Seuls des sympathisants de l’EZLN ont été libérés, les véritables zapatistes, une trentaine d’indigènes de la zone Nord sont toujours détenus. C’est pour eux que nous devons continuer à lutter ; c’est ce qu’a déclaré L. F. Menendez Medina, militant des droits humains qui venait d’être libéré après 17 mois de prison.

    18 septembre.

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  •   Selon le Centre des droits humains A. C., à Tila, un indigène de 70 ans a été assassiné  et décapité par 4 personnes vêtues de l’uniforme des policiers de la Sécurité publique. Ces assassins appartiendraient au groupe para-militaire Paz y justicia.
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  •   Le candidat du PAN à la présidence de la république, Vicente Fox, espère rencontrer le sous commandant Marcos avant la fin octobre. Il a annoncé cette rencontre comme étant un des objectifs de sa campagne.

    19 septembre.

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  •   Des personnes de l’organisation Global exchange sont allées à la Réalidad pour travailler au projet de célébration de l’an 2000 dans les communautés zapatistes.
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  •   Le manque d’hôpitaux, de réseaux d’eau potable et d’égouts sont les causes d’une maladie des yeux répandue chez plus d’un millier d’indigènes de la localité d’Oxchuc, a dénoncé le dirigeant de l’organisation Tres nudos.

    20 septembre.

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  •   Les violations des droits humains commises au Chiapas et dans d’autres endroits du Mexique n’empêcheront pas la réalisation d’un accord commercial avec l’UE, a déclaré l’ambassadeur de l’UE au Mexique M. Lopez Blanco. (Effectivement, on se demandait aussi à quoi pouvait bien servir une clause démocratique en article 1 de cet accord. NDLR.) Les droits humains sont une préoccupation légitime, mais celle-ci n’a pas le poids suffisant pour bloquer le rapprochement des relations internationales de ce type, a affirmé le diplomate. D’autant qu’il existe une nouvelle proposition gouvernementale qu’il a qualifiée d’intéressante.
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  •   Des diplomates de l’UE sont allés superviser avec des représentants de la Croix rouge internationale des projets européens d’alimentation et de santé dans les communautés de Chenalhò où sont toujours réfugiées des milliers de familles sympathisantes zapatistes.

    21 septembre.

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  •   Une délégation de 12 observateurs étrangers fait une visite de la zone de conflit invités ‘d’urgence’ par le Centre des droits humains Fray Bartolomé de las Casas. Ils voyagent avec un visa de tourisme et dénoncent avoir été harcelés par les forces de l’ordres qui leur ont réclamé sans cesse leurs papiers. Ils ont découvert 36 pièges faits pour que les personnes s’empalent sur des pieux placés au fond des trous, et des armes et des conseillers militaires venant des US. Ils dénoncent la guerre de basse intensité qui se déroule au Chiapas dans laquelle les gouvernements mexicains et de Washington ont une responsabilité directe.
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  •   Le porte-parole actuel de la COCOPA, Benigno Aladro, a déclaré que l’EZLN devra faire une réponse sérieuse et concrète à la proposition du gouvernement pour que l’on ne reste pas dans cette impasse dangereuse et ce climat explosif au Chiapas. Même si la réponse est négative, un refus permettrait de négocier  ou permettra au gouvernement de faire de nouvelles propositions.
     
     
 
 

Communiqué de l'EZLN.

“Oui, don Alberto, loin de garantir l’ordre interne, l’Armée Fédérale a été une cause importante de désordre et de dégouvernement”.

Pour Alberto Gironella.
Août - septembre 1999.
Extraits. [...]
 Dans le texte de Julio Scherer Garcia, les militaires défilent avec leur dureté et leur étroitesse d’esprit. De moins en moins fréquente chez les civils, l’admiration pour tout ce qui est militaire, en cette époque aphone, oublie que les armées sont les structures les plus absurdes qui soient. Négation totale de la raison, écrasement de l’individu et culte de la destruction sont quelques unes de leurs caractéristiques ( ainsi que les portes permettant au crime organisé de tendre ses pièges).
 Je sais que cela peut paraître plus que paradoxal que cette critique soit émise par un chef militaire de l’EZLN, alors qu’elle est, elle aussi, une armée. Mais c’est précisément pour cela que nous aspirons à disparaître. J’ai déjà expliqué notre position à ce sujet et je ne veux pas vous ennuyer. Le sujet de ce texte c’est une armée, l’armée fédérale, qui est la source de déstabilisation.
 Lors de mon passage à l’Héroïque Collège Militaire et à l’école supérieur de la guerre, j’ai pu voir que ce n’est pas la fierté et l’honneur qui transforment l’armée fédérale en une entité fermée, intouchable et imprévisible. Non, c’est un autre monde dont la logique interne permet un tel arbitraire que le juge le plus corrompu du système judiciaire mexicain (pourtant il y en a beaucoup) en aurait de la peine.
- Un article d’une revue traitant du thème des droits humains des militaires (impensable puisque les militaires ne sont que de ‘froides machines à tuer’), valut au général Gallardo la prison, le discrédit et le harcèlement quotidien de sa famille.
- Ceux qui ont refusé d’exécuter les ordres d’assassinats donnés par les commandants militaires les plus gradés en janvier 1994, face à l’armée zapatiste, ont eu droit à la mort et à l’exil forcé.
- Ceux qui ont désapprouvés la création des groupes paramilitaires au Chiapas, en argumentant que le port d’une arme impliquait discipline et responsabilité, ont été éliminés.
- Ceux qui se sont engagés avec le rêve de défendre la patrie, «si un étranger ose profaner ton sol de son pied», se sont rapidement trouvés confrontés à des civils, des enfants, des vieux, des femmes et des hommes tous mexicains, tous pauvres, et durent fuir se cacher, implorant ceux là même qu’ils avaient attaqué de leur prêter des « tenues civiles » et un guide pour sortir de la zone de conflit.
 Si les événements de 1968 ont du attendre 30 ans que l’illogique logique militaire montre son arbitraire déstabilisant, en 1999 des publications honnêtes (il y en a) rendent compte quotidiennement des violations et des crimes impunis perpétrés sous l’uniforme vert olive et avec une arme pour unique argument. En quelques mots, l’état de siège destiné à l’origine au sud-est du Mexique s’est étendu aux peuples indigènes de tout le pays et a maintenant envahi les rues des villes.
 Dites-moi si je me trompe, mais tandis que le gouvernement argumente que la présence massive de militaires au Chiapas sert à éviter la déstabilisation, un rapide décompte des faits de ces deux dernières années montre que l’armée fédérale est la cause principale de la déstabilisation et de la détérioration de la situation du sud est mexicain. Là où les fédéraux apparaissent, les tensions augmentent et les conflits éclatent. 
 Depuis que le Señor Zedillo est arrivé à Los Pinos par la main des assassins de Colosio, l’Armée Fédérale a rompu le cessez le feu au moins en trois occasions : 
- En février 1995 (bilan : 5 morts zapatistes ainsi qu’un colonel et 10 soldats de l’Armée Fédérale morts au combat) 
- En juin 1998 à El Bosque (bilan : 8 zapatistes exécutés après avoir été faits prisonniers par des militaires).
- Et en août 1999 à San José La Esperanza (Bilan:  2 zapatistes blessés par balle et 8 militaires « frappés avec des pierres et des bâtons »).
 [...] Chuayffet, lui, a utilisé la méthode des paramilitaires dans l’affrontement et a offert à l’histoire mexicaine une de ses pages les plus honteuses et humiliantes : le massacre d’Acteal en décembre 1997.
 Au-delà de l’implication dans ces attaques des militaires fédéraux, toutes ces interventions déstabilisatrices ont un dénominateur commun : Ernesto Zedillo Ponce de León.

Sous-commandant insurgé Marcos.


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