|
Leur origine vient d'un plan de contre-insurrection qui se cache derrière des problèmes agraires, des affrontements partisans, des conflits religieux, des inimitiés personnelles, des vengeances familiales ou tout simplement accidentelles, occultant ainsi la stratégie paramilitaire de contrôle, de déstabilisation et de répression sélective qui fait partie intégrante d'une sale guerre, imaginée et dirigée par les plus hautes instances du pouvoir.
Après le soulèvement armé de l'EZLN en 1994 et la mise en place de la stratégie de contre-insurrection au Chiapas, la doctrine de sécurité nationale de l'armée mexicaine a été modifiée.
Dans le manuel de guerre irrégulière édité par le Ministère de la Défense Nationale en 1994, et dans d'autres du même type, on considère comme faisant partie de la stratégie anti-guérilla la création de groupes paramilitaires ou forces d' "autodéfense", composées de civils recrutés parmi la population, qui constitueraient une structure parallèle subordonnée à l'armée et destinée à des opérations de contre-guérilla et de rétablissement de l'ordre.
Dans le cas du Chiapas, les paramilitaires sont subordonnés à Arco Iris qui est un corps d'élite aéroporté créé par le général Renán Castillo.
Les groupes paramilitaires ont entamé une phase de décroissance suite à la déroute électorale et la mise à l'écart du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) des gouvernements fédéral et de l'état, car ils étaient restés pratiquement dénués de toute couverture officielle, mais loin de se désintégrer, ils ont conservé leurs structures et leurs organisations internes.
Le 27 octobre 2000, soit environ un mois avant le changement des gouvernements fédéral et de l'état, la PGR a arrêté onze membres du groupe Paz y Justicia ("Paix et Justice") – notoirement connu comme groupe paramilitaire – qui opérait dans la zone Nord du Chiapas, et parmi eux, les dirigeants Marcos Albino Torres, ancien caporal de l'armée mexicaine et Samuel Sanchez Sanchez, ex-député local priiste, accusés de terrorisme, possession d'armes à feu à usage exclusif de l'armée, association de malfaiteurs, rébellion, délinquance organisée, coups et blessures et expropriation.
Une nouvelle phase semble se dessiner au cours de laquelle pourrait être menée à bien une enquête approfondie afin de juger ceux qui ont participé, entraîné et collaboré avec les paramilitaires.
Mais loin des groupes tels que Paz y Justicia (dont les dirigeants ont été libérés sans explication aucune), les paramilitaires continuent de générer de nombreux conflits en barrant les chemins, en appliquant une politique d'intimidation et de terreur, en perpétrant des assassinats et des agressions constantes contre les communautés zapatistes, appuyés comme toujours, par les vieilles structures municipales et communales du PRI, et jouissant de la complicité par omission et de l'aide des troupes de sécurité de l'armée et de diverses structures gouvernementales.
Le 15 février, jour d'arrivée de la CCIODH au Mexique, le dirigeant de Paz y Justicia, Diego Vázquez Pérez a été arrêté pour sa participation présumée à des faits de privation illégale de liberté et pour coups et blessures.
|
 |