|
Plus encore que lors des deux visites antérieures, les communautés ont insisté sur la détérioration de leurs conditions de vie, aussi bien sur le plan économique que social. La chute des prix des cultures traditionnelles et le manque d’accès à la commercialisation de leurs produits sont considérés comme les problèmes les plus aigus. Dans ce contexte, les carences des services élémentaires dans le domaine de l’éducation, de la santé, de l’alimentation, du logement et de l’approvisionnement en électricité et en eau potable deviennent d’autant plus dramatiques.
Les programmes de développement censés lutter contre la pauvreté sont estimés dans de nombreux cas comme discriminatoires, étant donné qu’ils n’envisagent pas le développement intégral des communautés. Au contraire, les critères employés pour le choix des bénéficiaires ne sont pas clairement définis, et sont de ce fait perçus comme une forme de prosélytisme électoral. Dans certains cas, on a pu constater que les bénéficiaires d’un programme de construction d’habitations appartiennent tous à un même parti politique.
L'application des programmes de développement dans cette situation de suspension du dialogue et de non-respect des Accords de San Andrés amène les indigènes à se convertir à une forme nouvelle de contre-insurrection, moins apparente et moins violente qu'au cours des phases précédentes, mais d'une efficacité accrue quant à la création de divisions dans les communautés. Le fait que le gouvernement prétende ignorer que les communautés sont en résistance à cause du non-respect des trois conditions posées pour renouer le dialogue et agisse comme si le problème était seulement économique et non politico-social, aggrave les conditions de vie dans les communautés et facilite la destruction du tissu social déjà si fragilisé.
L'application de cette politique économique se traduit dans la pratique en une politique sociale de contre-insurrection qui s'aggrave chaque jour un peu plus sans résoudre en rien la question de l'autonomie indigène.
|