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 3ème Commission civile
internationale dobservation
des droits humains au Chiapas




 
Gouvernement de l'état du Chiapas

 

 
   
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Pablo Salazar accompagné des responsables des différents secrétariats Le Ministre du Gouvernement, Emilio Zebadúa González ; la Ministre du Développement Social, María de los Ángeles Cruz ; Le Procureur Général de Justice, Mariano Herrán Salvatti ; Le Ministre de la Sécurité, Mauricio Gándara Gallardo et le Ministre aux Peuples Indiens, Porfirio Encino Hernández. Résumé de l'entrevue réalisée le 26 février 2002

CCIODH : Pourriez-vous commencer par nous expliquer un peu comment vous voyez les conséquences de la rupture du dialogue de l'EZLN avec le gouvernement et de quelle façon cette rupture affecte la situation au Chiapas et dans quel sens.

Le gouvernement : Elle l'affecte dans la mesure où il n'existe pas de certitude en vue avec d'un processus de paix, qui a débuté tout d'abord lorsque les deux parties ont décidé de décréter le cessez le feu et ensuite de s'asseoir pour parler, et que, dans l'opinion de ce gouvernement, ce processus de paix doit s'achever comme tous les processus de paix, par un accord entre les parties. Cela nous affecte donc en termes d'incertitude, c'est un processus inachevé qui, pour des raisons éthiques et politiques, devrait se terminer. Comme gouverneur de l'état, comme gouvernement de l'état, cela nous affecte, car le Chiapas est l'état qui occupe la première place en matière d'extrême pauvreté dans ce pays et que nous voulons encourager des projets de développement social dans les communautés, pour lesquels nous avons besoin d'un climat de détente, de réconciliation, d'un environnement de dialogue, d'une ambiance de paix. Regrettablement, comme résultat de cette suspension de dialogue, l'EZLN a déclaré sa résistance à tout ce qui vient du gouvernement, tous les programmes fédéraux et les programmes du gouvernement de l'état. Cela nous préoccupe et nous peine car, non seulement les programmes sociaux peuvent creuser une différence entre la société urbaine et la société rurale du Chiapas, mais elle pourrait aussi creuser une différence entre les communautés rurales elles-mêmes. Ceux qui reçoivent les bénéfices du développement, ceux qui sont disposer à participer aux programmes de développement et ceux qui n'y sont pas disposés.

CCIODH : Au cours d'entrevues que nous avons réalisées dans les communautés, nous avons écouté des versions très intéressantes des programmes de développement qui sont en train d'être créés et qui ont commencé à être appliqués, mais la majorité persiste à penser qu'il s'agit d'une nouvelle tactique de contre-insurrection. Comment affrontez-vous ce genre d'accusations ? Et que pensez-vous faire pour les résoudre ?

Le gouvernement : Si vous me le permettez, je demanderai à Maria Cruz qui est celle qui s'occupe de tout le programme de développement social de vous répondre et je lui demanderai aussi de vous dire comment ce gouvernement a tout d'abord démonté un programme de contre insurrection, le dénommé programme "Programa Cañadas". Je ne sais si vous avez entendu parler de ce programme, qui était un véritable programme de contre insurrection. Le processus de démantèlement de ce programme nous a pris plusieurs mois et la manière de construire le nouveau programme, qui s'appelle maintenant "programme de développement de subsistance" a impliqué, lui aussi, plusieurs mois de travail pour que nous puissions l'appliquer aux communautés. Nous avons consulté les communautés une par une, et les gens ont voté au doigt levé pour dire qu'elle sorte de programme ils voulaient. Je ne doute pas qu'il y ait encore dans les communautés quelques non-conformités, car nous pouvons difficilement remonter en un an ce qui s'est passé en plus de 70 ans au Chiapas, mais il n'y a rien, absolument rien qui puisse prouver que ce gouvernement est anti zapatiste. Nous ne sommes pas anti zapatistes, je ne suis pas non plus zapatiste, je ne suis ni zapatiste ni anti zapatiste, je suis un constructeur d'accords et je veux gouverner pour la paix au Chiapas. Nous voulons développer une culture de paix dans l'état. De fait, il y a ici une rupture très nette entre ce qu'était le précédent gouvernement et ce gouvernement ci. Je demanderai donc à Maria, et peut-être à Pablo, s'ils veulent en quelques traits vous parler de tout ce que nous sommes en train de faire à ce sujet.


- Le gouvernement : Durant la campagne pour la gouvernance, nous avons recueilli toutes les demandes et les opinions des communautés et des organisations sociales qui contestaient fondamentalement l'application du programme Cañadas. La marginalisation et ces éléments présentés devant le cabinet social de la fédération, ont tout d'abord obtenu l'accord d'abandonner le Programme Cañadas. Comme le disait le gouverneur, tout ce programme de protections était destiné à être appliqué au niveau fédéral. Peut-être que, pour d'autres états de la république, l'application de ce programme ne représentait aucun symbolisme, mais pour le Chiapas, nous ne l'avons pas accepté de manière définitive car il ne comptait avec aucun appui social ni avec aucun consensus. Nous avons proposé l'intégration d'un programme intégral pour le développement de subsistance de la forêt et nous avons implanté fondamentalement des programmes en profondeur. Une des conditions était que ce programme reposerait sur les unités opérationnelles du gouvernement de l'état, alors qu'auparavant, il était exécuté depuis le niveau central de la fédération, sans passer par les délégations d'état et que le gouvernement d'état se contentait de l'appuyer symboliquement.

Un autre changement substantiel a été de modifier la partie territoriale du programme. Celui-ci était uniquement conçu pour toucher les cañadas de la région de la forêt et consistait en un plan pratiquement irréalisable, les centres étant situés dans les zones des militaires. Nous avons fait tomber les centres d'attention sociale (c'est ainsi qu'ils s'appelaient) qui étaient situés dans les concessions militaires et ouvert l'extension afin que le programme pénètre dans toute la forêt. Nous y avons incorporé 3 nouvelles municipalités et une partie du sud de Palenque.

Ce n'est plus uniquement le programme Cañadas. Nous considérons que cette ouverture territoriale était aussi une approche très claire du fait que le programme ne serait plus dirigé uniquement vers les cañadas à présence zapatiste, mais à toute la région de la forêt qui est une région intègre. Nous y avons incorporé deux composantes : la vision du milieu ambiant depuis la perspective de développement de sustentation et la partie agraire, et nous pensons que nous ne pouvons ni comprendre ni agir dans la forêt si ces deux composantes ne sont pas incorporées dans une vision sociale.

A ces deux composantes, s'en sont ajoutés 26 en attention sociale qui avaient auparavant été enchaînées par la présence militaire. Nous avons proposé une articulation à partir de micro-régions, micro-régions qui étaient définies en fonction de la participation des actions sociales grâce aux communautés et aux organisations sociales, mais aussi à partir de critères de production, des intérêts culturels de la partie physique (géographique). A partir du travail de notre cabinet, nous avons proposé 16 micro-régions. Nous les avons portées au consentement des assemblées communautaires, des forums régionaux et par la révision de ces accords sociaux, il en a été déterminé 34.

Un autre changement important a été la forme de représentation sociale que nous avons déterminée ensemble : une localité de 100 à 499 habitants devait avoir un délégué représentant. Une communauté de 500 habitants et plus devait avoir un second représentant, de préférence une femme, et là nous avons tous reconnu que nous nous trompions et qu'il devait y avoir obligatoirement une femme. Dans le cas des organisations sociales, il se passa la même chose. De 100 à 499 habitants dans la même région, il devait y avoir un représentant et à partir de 500 et plus, un second représentant, de préférence une femme.

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