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San Andrés Sakamch’en de los pobres (San Andrés Larrainzar) est une municipalité autonome, dirigée par ses propres autorités élues à la majorité par la population. Les gouvernements fédéral et d'état ne veulent pas reconnaître cette municipalité ; "nous n'appartenons déjà plus au gouvernement ; nous vivons seuls, nous résistons en luttant" (entrevue). Il existe des problèmes à l'intérieur de la communauté car une partie de la population appartient au PRI. Cette division est la cause de beaucoup de tensions. San Andrés est aussi un symbole national et international suite au dialogue entre l'EZLN et le gouvernement qui s'est soldé, en 1996, par les "Accords de San Andrés". "C'est pourquoi nous, en tant que gouvernement autonome ainsi que notre communauté, nous souffrons constamment de menaces, de harcèlements, et du risque d'être démantelé au travers du PRI" (communiqué, p2)
Thèmes évoqués :
· Militarisation :
En 2000, il y avait 4 camps militaires près de la communauté : à l'entrée du village, dans la communauté de Jolnachoj, dans la colonie San Cayetano et au col "cate" de la colonie Majoval. Le communiqué explique qu'au lieu de retirer les postes militaires de la région, Fox "les a seulement changés d'emplacement et que, jusqu'à présent, aucun camp militaire n'a été retiré " (communiqué p1). Ils nous ont aussi expliqué que les effectifs avaient augmentés : "Au cours de l'année 2001 et jusqu'à présent, les éléments militaires de chaque campement ainsi que l'armement et les équipements ont augmentés. Les soldats fédéraux, judiciaires et de Sécurité Publique réalisent des patrouilles en différents points de notre territoire à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. (...) De plus, les soldats qui se trouvent installés dans les locaux municipaux utilisent une autre stratégie consistant à s'habiller en Civiles sous prétexte de faire leurs courses, de passer des appels téléphoniques, mais c'est en fait pour étudier et contrôler le peuple." (communiqué p2)
En 2001, les gens de la municipalité et d'autres communautés des Altos, se sont réunis pour déloger le camp de Jolachoj, qui se trouvait près d'une école et qui créait beaucoup de problèmes. "Ce n'est pas le gouvernement qui a délogé le camp, mais le peuple" (entrevue).
La militarisation continue dans la région et crée divers problèmes (circulation des personnes, alcoolisme, consommation de marihuana, prostitution). "Ils se rendent coupables de délits contre le peuple en détruisant des arbres qui bénéficient à la communauté, en contaminant les ruisseaux et l'environnement car ils laissent traîner ce qu'ils utilisent lorsqu'ils réalisent leurs actes sexuels, tels des préservatifs, que les enfants ramassent et dans lesquels ils soufflent pour les gonfler comme si c'étaient des ballons. (…) Pour toutes ces raisons, beaucoup de femmes sont contaminées par des maladies incurables, principalement le SIDA et par d'autres graves maladies (…) : Les soldats font tranquillement leurs méchancetés en convertissant le village en centre de prostitution où ils consomment constamment des boissons alcoolisées" (communiqué, p1-2).
Dans le camp de Jolnachoj, il y avait beaucoup de problèmes liés au femmes. Ils nous ont expliqué que les militaires emmenaient les femmes à l'extérieur et que c'est ainsi que le problème de la prostitution a commencé. Mais ils ont aussi parlé de viols, et de la naissance de nombreux enfants qui maintenant n'ont pas de père (et donc de terre) pour s'occuper d'eux. Cela se concrétise surtout, pour la population féminine, par une peur constante des menaces des militaires.
La présence des militaires crée un climat permanent d'insécurité, et c'est pourquoi les gens ne peuvent vaquer à leurs occupations quotidiennes. " Ces jours derniers, les soldats fédéraux, mélangés à ceux de la sécurité publique, principalement à ceux du camp qui se situe dans les locaux municipaux de San Andrés Sakamch’en de los Pobres, Chiapas, Mexique, sont en train de réaliser leurs entraînements militaires sur la route avec leurs armes et équipements militaires. Lorsqu'ils arrivent en un point, ils restent quelques heures en se dispersant, certains dans la campagne et dans les chemins, d'autres restent sur la route et observent les véhicules qui transitent pour voir ceux qui voyagent dans les unités ainsi que ceux qui se déplacent à pied. Nous rejetons totalement cette attitude car les gens ne peuvent se déplacer tranquillement pour réaliser leurs activités des champs et que les compagnes des communautés ont peur de se faire violer ". (communiqué, p3)
· Paramilitarisation :
Les paramilitaires sont des indigènes pauvres de la communautés et d'autres communautés proches. C'est pourquoi ils connaissent bien ce qui se passe dans la communauté, comme les horaires auxquels il y a des gens au palais municipal. "C'est la stratégie militaire du gouvernement pour contrôler, surveiller le peuple" (entrevue). Ils sont recrutés par le gouvernement priiste avec l'objectif de créer des tensions à l'intérieur de la communauté : "L'attitude des gouvernements priistes est de créer des provocations pour que les indigènes s'affrontent entre eux" (communiqué, p2). Les groupes militaires les plus présents sont les Mascara Roja et les Puñales et ils sont formés par l'armée. "ces sont eux (les soldats), qui organisent et sont à la tête des groupes paramilitaires et des gardes blanches et ils sont en partie payés par le gouvernement fédéral et en partie par les présidents municipaux priistes". (communiqué, p2)
Les paramilitaires sont présents dans tous les villages. Les autorités de San Andrés ont dénoncé deux faits liés au thème des paramilitaires : "Le 19 novembre 2001, un chauffeur de la Mairie Autonome de cette municipalité a été sauvagement frappé par un groupe de personnes connues comme gardes blanches, originaires de la supposée nouvelle municipalité Magdalena, Chiapas. (…) Quelques jours après cela, le représentant de la communauté de TZUTZBEN a été gravement battu sur le chemin, alors qu'il partait pour une réunion dans l'autre communauté et qu'il a rencontré, malheureusement, une personne inconnue de lui en état certain d'ébriété. Là, ils ont commencé à discuter en poursuivant le chemin, mais un moment après avoir commencé à discuter, l'inconnu s'est mis à le haler et à le frapper. Heureusement, quelques personnes de bonne volonté sont apparues et ont arrêté le sujet afin qu'il fasse les déclarations correspondant à cet acte. Après l'avoir interrogé et au vu de ses déclarations , il en est résulté qu'il faisait partie d'un groupe de personnes entraînées et appuyées par les autorités municipales priistes en coordination avec les soldats Fédéraux, et de Sécurité Publique pour en faire des groupes de paramilitaires. C'est pourquoi les gouvernements, qu'ils soient fédéraux, d'états ou municipaux, ne peuvent dire qu'il n'y a pas de gardes blanches ou de groupes paramilitaires formant elles-mêmes ces groupes à travailler contre le peuple" (communiqué, p2-3).
Le thème des paramilitaires semble très lié aux catéchistes (conservateurs) qui se servent de la parole de Dieu pour former ces groupes. Les autorités autonomes nous ont raconté qu'ils connaissaient bien les dirigeants de ces groupes (des personnes qui vivaient dans la municipalités "ce sont des voisins"), ce qui génère un climat de grande insécurité.
“Leur commandant, leur dirigeant, est un coordinateur qui mise sur la parole. Tandis qu'il parle, il enseigne au peuple sous couvert de la parole de Dieu. (...) Nous, en tant que gouvernement autonome, ils nous connaissent bien, ils savent bien où nous vivons, qui nous sommes, combien nous sommes, tout cela ils le savent parce que ce sont des gens d'ici. C'est pourquoi nous vous disons que nous sommes persécutés, que nous sommes menacés. Ce sont des conservateurs, ils ne veulent pas de coordination dans la paroisse de cette municipalité. Maintenant, nous sommes en train de travailler avec le diocèse de San Cristóbal et le curé de San Andrés. Eux ne veulent pas de coordination, ils ne veulent pas travailler avec nous. C'est pourquoi les conservateurs avaient des postes dans d'autres municipalités. Ils ne veulent pas avoir une unité, ils ne veulent pas respecter les accords qui nous viennent du peuple" (entrevue)
· Démantèlement :
Le 7 avril 1999, eut lieu une tentative pour démanteler la municipalité autonome de San Andrés. A l'heure du repas, il ne restait que 3 personnes dans le palais municipal. La Sécurité Publique, judiciaire, les gardes blanches et les priistes sont arrivés et ont pris le palais. Ils ont occupé la présidence et la sécurité a fait un cordon autour de la municipalité en ne laissant passer personne. Les municipalités autonomes se sont mobilisées pour défendre la mairie qui est un symbole de dialogue au niveau national et international. Lorsque toutes les personnes qui voulaient défendre la municipalité sont arrivées, les priistes sont partis : ils avaient peur de tant de personnes, bien qu'elles n'étaient pas armées. Après, la Sécurité Publique est parti aussi et le peuple a ainsi récupéré la mairie. "Le 7 avril 1999, cette municipalité autonome a été démantelé par le gouvernement municipal priiste appuyé par la force publique du gouvernement fédéral, de sécurité publique et judiciaire. Heureusement, le peuple lui-même est arrivé à récupérer la mairie le lendemain, 8 avril du même mois. Il y eut alors nécessité de la protéger et, durant deux ans, tous les trois jours, les hommes et les femmes se relayaient pour pouvoir défendre leur mairie et accompagner l'autorité municipale autonome" (communiqué, p1).
Le 31 Décembre 2001, les priistes ont à nouveau essayer de démanteler la communauté autonome. Mais, les autorités qui étaient informés, ont contacté les communautés pour défendre la municipalité. Beaucoup de personnes sont venus pour affirmer publiquement leur appui à la municipalité. C'est seulement ainsi que la tentative a échoué. "Le 31 décembre 2001, ils voulaient à nouveau démanteler la municipalité. Lorsque nous l'avons appris, nous avons immédiatement informé les communautés. Le premier janvier 2002, les personnes et les représentant de chaque communauté sont venus pour dire leur appui à cette municipalité".
· Nécessités – Autonomie :
Suite au rejet des programmes du gouvernement, il y a beaucoup de problèmes dans la municipalité. "Les anciens gouvernements fédéral et d'état comme les nouveaux ont maintenu leur autorité municipale priiste afin de créer l'affrontement et d'affaiblir nos communautés en résistance et leur conseil autonome, car cette autorité, qui reconnaît les gouvernements actuels, reçoit de l'argent à répartir entre les communautés priistes dans le but de les maintenir silencieuses" (communiqué, p2). Les autorités nous ont expliqué qu'il y avait beaucoup de problèmes de santé, d'éducation et d'infrastructures (électricité, eau potable). "Nous sommes face à des situations économiques très difficiles car, dans nos communautés en résistance, chaque jour la faim et la misère augmentent, et beaucoup de gens meurent de maladies curables" (notre expérience).
Santé : Los centres gouvernementaux offrent un service très limité. "Il n'y a pas de prévenance médicale, il n'y a ni médicaments ni matériels. Le travailleur de santé gagne seulement de l'argent, il ne travaille pas. Il est toujours en dehors de la communauté quand nous avons besoin de lui" (entrevue). Ce problème a été affronté en coordination avec la clinique autonome d'Oventic, Aguascalientes II (c.f. retranscription, de Oventic – ruta 5), et par l'implantation d'une micro-clinique dans la municipalité même. Quelques bénévoles de San Andrés ont été envoyés à Oventic pour se former et s'en vont, ensuite, dans d'autres communautés comme promoteurs de santé. "Les communautés de cette municipalité sont en train de développer le travail de la Santé et, actuellement, une Clinique du peuple se trouve située dans la communauté d'Oventic, Aguacalientes 2. (…) Cette clinique est considérée comme la clinique centrale car, jusqu'à présent, 7 micro cliniques sont réparties dans les différentes régions de notre zone dont bénéficient presque toutes les municipalités des Altos du Chiapas" (travaux organisationnels).
Education : Ils nous ont expliqué que l'éducation du gouvernement ne leur convient pas. Le matériel n'est pas adapté aux nécessités et les maîtres, mal payés, ne sont pas formés pour leur travail. Ce type d'éducation nie la culture et l'histoire des indigènes. Ils se sont aussi coordonnés avec l'école secondaire autonome d'Oventic où il y a 20 promoteurs et 120 élèves. Maintenant, ils essayent de créer une Ecole Autonome Préparatoire pour affronter les nécessités de l'éducation de la municipalité. Ils nous ont aussi raconté qu'il y avait beaucoup de maîtres originaires de San Andrés, mais qu'ils ne voulaient pas appuyer la lutte zapatiste ; ces maîtres travaillent conjointement avec le gouvernement et n'aident pas le village, leur communauté.
Il y eut une large intervention du comité d'éducation de la municipalité autonome et rebelle zapatiste, qui nous raconta que l'éducation répondait aux 11 points des revendications zapatistes. "Nous respectons l'article 3 de la Constitution qui affirme que l'éducation sert aux développement intégral et humain des personnes. Nous respectons aussi les traités internationaux signés par le Mexique sur les peuples indigènes. (…) Nous avons créé nos propres institutions organisationnelles dans lesquelles l'éducation est pour tous, sans aucune discrimination. Nous voulons enseigner l'histoire de nos ancêtres (…) Les principes de notre éducation sont : une éducation égale pour tous, une éducation où nous serons inclus, le droit à une éducation de bonne qualité, le dialogue et la tolérance. (…) Un peuple sans éducation est un peuple mort, un peuple sans histoire. La lutte est collective, pour le bien de l'humanité. Jusqu'à la victoire éducative !" (entrevue)
Problèmes économiques : Il y avait des problèmes sur les prix de vente de la production municipale. Ils avaient besoin d'appuis techniques pour développer leur production. A part la production de café, de maïs et de haricots, ils ne savaient pas quels autres types de culture implanter. Ils savaient qu'il existe des semences améliorées (mais ils n'étaient pas certain de ne pas être en train de parler de semences transgéniques) qui, par exemple, résistent au froid, et ils voulaient en obtenir. Ils pouvaient voir les produits vendu par leurs concurrents sur le Marché de San Cristóbal. Ils ont aussi parlé de fertilisants organiques, difficilement employés dans leurs terres, de mauvaise qualité. Sur le thème de l'élevage (bétail, poulets et lapins), ils nous ont expliqué qu'ils ne pouvaient pas soigner les animaux malades. Ils trouvent des solutions face aux nécessités rencontrés (par exemple, le manque de terre). "Nous ne sommes pas avancés. Nous avons fait une boulangerie, mais le prix de vente n'est pas juste et nous n'avons pas d'endroit pour vendre notre production. (…) Nous sommes un gouvernement, mais nous avons une formation très limitée. Nous accomplissons simplement les ordres du peuple et nous n'avons pas de solution pour l'économie" (entrevue).
Ils ont aussi expliqué que les travaux organisationnels sont "la seule alternative pour la survie des communautés ne recevant encore aucun appui économique de la part du mauvais gouvernement. [Mais que] ce sont ces mêmes domination, marginalisation, soumission, manipulation et ce désespoir dont nous avons souffert depuis des siècles, qui ont affecté la capacité d'organisation de nos peuples (travaux organisationnels). " Ils nous ont expliqué qu'il y avait une coopératives d'artisanat des Femmes pour la Dignité, qui avait pour "objectif de chercher à vendre leur production aux meilleurs prix, tant au niveau national qu'international (…) Dans notre municipalité, il y a aussi des communautés qui travaillent dans l'élevage de bétail, une boutique d'épicerie, de légumes et aussi un petit atelier de cordonnerie. Mais c'est travaux n'ont pu se développer pour beaucoup de raisons et ont échoué par manque de ressources économiques et par manque de conseils adaptés à chaque travail" (société coopérative d'artisanat).
Dépendant du conflit avec les priistes, ils nous ont expliqué que, chaque mois, ceux-ci attendaient leurs cadeaux, leurs programmes, tel PROGRESA. La commission leur a demandé à ce sujet : "Suite aux conflits avec les priistes à l'intérieur de la communauté, nous voulons savoir si vous êtes soumis à des pressions quelconques pour implanter des programmes de développement gouvernemental, comme le PPP". Ils nous ont répondu que "chaque groupe dirigeait ses gens, et que les priistes n'intervenaient pas sur les plans. Mais il y a beaucoup de pressions de la part des paramilitaires. Chaque communauté a un groupe de paramilitaires, entretenu et payé par les gouvernement d'état et municipal. C'est seulement sous cette forme que le gouvernement fait pression". (entrevue)
Infrastructure : Sur le thème de la lumière et de l'électricité, ils nous ont dit qu'ils étaient conscients que le Chiapas était un des plus importants producteurs nationaux. C'est pourquoi ils refusent le projet de privatisation de l'énergie électrique, car ils pensent que l'énergie appartient à la population. Ils ont des infrastructures électriques, mais elles sont de puissance si basse que leur utilisation est très limitée. Sur le thème de l'eau, ils nous ont raconté qu'ils avaient aussi l'eau courante dans la municipalité, mais que le moteur était toujours cassé.
Ils utilisent ces mots pour dire que la municipalité n'est pas nouvelle, mais qu'elle est considérée ainsi pour la remunicipalisation des municipalités au Chiapas. La municipalité de Magdalena est une municipalité priiste.
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