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 3ème Commission civile
internationale d'observation
des droits humains au Chiapas




 
Pétition pour avaliser les conclusion de la commission

 

 
   
Télégargez la pétition pour la faire signer
autour de vous.


( word : 104 k )
 
à renvoyer à l'adresse suivante.

Collectif Ya Basta
36 rue Mathieu
93 400 St Ouen
 
 

 

A la société civile mexicaine
A la société civile internationale
Au gouvernement mexicain
Aux media
Aux communautés indigènes du Chiapas
Au Congrès National Indigène (CNI)
A l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN)
Au Parlement Européen
A la Haute Commission pour les droits humains de l'ONU

A la mémoire de Digna Ochoa y Plácido, José Tila García et Trinidad López Cruz, assassinés pour avoir témoigné et défendu les droits des plus faibles.

Du 16 février au 3 mars 2002, 104 personnes de 14 pays ont visité le Chiapas et le Mexique en tant que membres de la troisième visite de la CCIODH (Commission Civile Internationale d'Observation des Droits Humains) afin d'évaluer, un an et demi après la prise de possession du gouvernement de Vicente Fox, quelle était la situation du conflit au Chiapas, maintenant l'engagement pris depuis février 1998 de surveiller et de contrôler les violations aux droits humains sur les communautés indigènes en résistance. Après avoir réalisé 130 entrevues avec tous les interlocuteurs (institutionnels, société civile et bases d'appui zapatistes), nous avons remis nos conclusions et recommandations à toutes les personnes et institutions qui ont donné leur aval à la création de cette commission.

Nous, Les ci-dessous signataires, nous avalisons ces conclusions et recommandations en assumant notre engagement, en tant que société civile, d'être attentifs au conflit en cherchant des issues vers une paix digne et juste et demander aux gouvernements qu'ils prennent en compte les causes du conflit afin de donner satisfaction aux besoins et aspirations des communautés indigènes.

L'approbation du projet d'initiatives constitutionnelles par une partie du Congrès de l'Union n'a pas donné satisfaction aux peuples indiens qui n'y voient pas le reflet de l'essence des accords de San Andrés, ce projet ne reconnaissant pas les communautés comme des entités de droit public ni les peuples comme des sujets de la loi ou des dépositaires politiques de leurs droits à la libre détermination et à l'autonomie.

L'initiative de réforme de la Cocopa est la seule qui puisse rétablir les conditions minimales au dialogue de paix, dont la rupture a signifié d'énormes sacrifices pour les peuples indiens, non seulement dans la zone de conflit mais également dans toutes les régions à présence indigène.

Les survols d'aéronefs militaires fédéraux continuent de semer l'angoisse dans les communautés, les patrouilles et barrages de l'Armée mexicaine ont été augmentés progressivement et il est devenu coutumier que les soldats improvisent leurs postes de contrôles autour des villages pour harceler et intimider les indigènes en les soumettant à des interrogatoires et en empêchant le libre transit des populations.

L'origine des groupes paramilitaires fait partie d'un schéma de contre-insurrection qui se cache derrière des agressions pour des problèmes de terre, des confrontations partisanes, des conflits religieux, des inimitiés personnelles, des vengeances familiales ou simplement accidentelles, occultant ainsi la stratégie paramilitaire de contrôle, de déstabilisation, de surveillance et de répression sélective comme partie d'une guerre sale, conçue et dirigée depuis les plus hautes sphères du pouvoir.

Mais, loin de retenir les groupes paramilitaires comme Paz y Justicia (dont les dirigeants ont été libérés de façon inexplicable), ceux-ci continuent de générer de multiples conflits, fermant des chemins, appliquant une politique de terreur, d'assassinats et d'agressions constantes contre les communautés zapatistes, appuyés, comme toujours, par les vieilles structures municipales et communales priistes et jouissant de la complicité par omission et commission de l'Armée et des corps de sécurité des diverses instances gouvernementales.

Le problème des déplacés par la guerre et la contre-insurrection reste sans solution. Ceux qui ont dépouillé et assassiné, poussant à l'exil des milliers de choles et tzotziles, dans leur majorité bases d'appui de l'EZLN, restent toujours impunis. Jusqu'à présent, le problème des déplacés n'a pas été considéré dans sa véritable dimension. Ni le gouvernement fédéral, ni celui de l'état n'ont assumé le fait que ce sont des personnes forcées d'abandonner leurs communautés par la violence paramilitaire. En conséquence, ils poussent au retour des déplacés dans des conditions d'insécurité et sous de faibles accords de réconciliation qui n'ont pas été présidés par la justice ni par la réparation des dommages causés aux déplacés.

L'application des programmes de développement, dans une situation de suspension de dialogue et la non-application des accords de San Andrés, font que ceux-ci se convertissent en une nouvelle forme de contre-insurrection, moins voyante et violente que dans les étapes antérieures, mais d'une grande efficacité pour provoquer des divisions dans les communautés. Le fait que le gouvernement prétende ignorer que les communautés sont en résistance suite au non-accomplissement des trois conditions pour retourner au dialogue et sa façon d'agir comme si le problème n'était qu'économique et non politico-social, aggrave les conditions des communautés et facilite la destruction du, déjà si fragile, tissu social. L'application de cette politique économique se traduit dans la pratique par une politique sociale discriminatoire qui s'aggrave chaque jour qui passe sans apporter de solution à la question de l'autonomie indigène.

Dans le cadre du Plan Puebla-Panama, les terres indiennes se convertissent en cible des grands intérêts économiques pour leurs richesses naturelles et leur biodiversité, ainsi que par la disponibilité de main d'œuvre bon marché, entre autres. Dans ce contexte, les communautés ne se sentent pas protégées face au Plan Puebla-Panama. Cela génère de l'inquiétude et une non-résignation, les communautés indigènes ne pouvant compter sur l'instrument de contrôle des ressources, territoires et formes juridique de l'exercice de l'autonomie que représentait pour eux la loi élaborée par la COCOPA, produit des accords de San Andrés.

Nous lançons un appel à toute la société en général pour qu'elle maintienne son attention sur le Chiapas vue la raréfaction du climat social et politique autour des communautés indigènes qui sympathisent avec l'EZLN.

Mai 2002



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