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table n° 3
 

Discours du commandant Salvador à la table éducation et science



@ DISCOURS DU COMMANDANT SALVADOR
À LA TABLE ÉDUCATION ET SCIENCE

Camarades, bonsoir. Avec votre permission, je m'adresse à vous pour vous faire quelques commentaires sur ce qui a été exposé jusqu'à maintenant. Tout d'abord, je vais me permettre de parler plus que chaque rapporteur car moi je suis resté cinq cents ans sans pouvoir parler. Et maintenant que nous avons abandonné le silence, je ne mesurerai pas le temps qui m'est imparti.
A propos des maîtres considérés comme dompteurs : oui, nous les voyons comme ça et c'est ainsi que les enfants deviennent semblables à des fauves domptés régis par l'égoïsme, et c'est là le principal obstacle de l'humanité.
Pour nous, l'important est d'apprendre à travailler, et non pas ce que vous, vous appelez éducation universelle. L'éducation commence au foyer, sans besoin de documentation aucune. Pourquoi nous préoccuper de l'école traditionnelle ? Elle coûte cher et nous n'allons pas attendre. Nous devons agir dès à présent avec votre aide. On y arrivera avec des forums, de la musique, sans égoïsmes et avec harmonie.
Je répète ce qui a été dit hier : il n'est pas utile de discuter, mais d'apporter des propositions, des alternatives. Les enfants deviennent compétiteurs et égoïstes par les examens. Il faut considérer l'éducation, non pas comme une suite de conférences, mais plutôt comme ce qui apprend à vivre dès le foyer. La vie doit être comme l'enseignent les maîtres et non comme le disent Zedillo et Bill Clinton. Nous sommes un commerce, un objet. Réfléchissez bien pour que la discussion ne se prolonge pas et que les propositions affluent. Ceci n'est pas la fin, ce n'est que le début. C'est pour cela que les propositions sont plus importantes que les conclusions.
Être un maître n'est pas gagner un salaire, mais apprendre à se sentir l'égal des enfants, et non supérieur à eux. L'éducation commence au foyer. Nous devons agir avec l'aide de tous, créer des liens.
Il faut casser l'égoïsme avec la culture, avec la musique. Les interventions ne doivent pas être des discussions, il ne faut pas chercher la meilleure idée mais comment arriver à l'unité.
Enseigner là où vous êtes, avec ce qui s'y trouve. Au Chiapas, l'histoire a été supprimée des livres. Pour le gouvernement, ses costumes ne sont plus que des objets à vendre aux touristes. Cela fait mal, c'est pour cela que nous nous sommes levés en armes. L'éducation et la culture sont devenus des commerces pour le gouvernement.
L'importance de l'éducation populaire est évidente : travailler dans la nature, avec la nature, avec ce que vous avez, sans besoin d'infrastructure. L'important est de savoir ce que recherche, ce que veut, ce qu'est un éducateur. Se sentir l'égal des enfants et apprendre d'eux. Nos enfants ont été traités comme des animaux en cage, ils ont oublié de marcher. C'est ainsi qu'ils deviennent individualistes par les examens mêmes.
On leur a raconté qu'il y avait des frontières et qu'ils ne pouvaient pas les franchir. Et c'est là l'importance d'une rencontre intercontinentale – la première –, qui casse les frontières : frontières politiques, culturelles, toutes les frontières. On nous a dit que nous avions des frontières.
Qu'il est bon d'être ensemble aujourd'hui !