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QUE CETTE RICHESSE DE PAROLE AILLE DE L'AVANT Discours de clôture du commandant Zebedeo du CCRI-Commandement général de l'EZLN |
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Avec l'autorisation des camarades de cette délégation, avec l'autorisation de mes camarades absents. Aux camarades des troupes insurgées, je demande l'autorisation ainsi qu'à vous tous de prendre la parole. Nous sommes dans la phase des remerciements : ces discours terminent cette Rencontre, mais aussi ces discours commencent cette rencontre où nous cherchons nos rêves. Le moment est venu de faire les premiers pas de l'espoir, que tous, hommes et femmes, nous portons. Je voudrais aussi remercier les camarades organisateurs pour leur aide : ils ont travaillé durement. Les camarades techniciens du son qui nous ont aidé par leur présence. Les camarades de la sécurité. Le camarade qui est resté en permanence pour surveiller l'eau. Il nous a rendu un service qui nous a donné la fraîcheur du Dieu de l'eau. Merci aussi aux camarades qui nous ont présenté leurs créations, leurs programmes artistiques, aux camarades qui ont collé leurs affiches qui ont décoré cet Aguascalientes, et également à vous tous qui avez été présents, vous qui venez de différents parties du monde et qui, pendant trois jours, avez souffert de l'eau et de la boue. Vos pieds ont souffert et nous considérons que vous avez vécu comme vivent depuis cinq cents ans les indigènes du Chiapas et du monde entier. Nous pensons que vous avez commencé ainsi à partager la souffrance ; peut-être parfois vos estomacs se sont lamentés parce qu'ils avaient faim, de cette même faim qu'ont les indigènes depuis cinq cents ans et dont ils souffraient également parce qu'ils n'avaient pas de terres. Cela serait la reconnaissance de tous les camarades : je demande que nous nous levions tous, que nous nous applaudissions tous, hommes et femmes. Quand vous applaudissez, vos mains ressemblent à des pelles appelées à construire une maison. Ce sont des pelles pour construire une maison où nous tiendrons tous, pour construire un monde nouveau. Maintenant, nous allons nous asseoir pour ne pas fatiguer nos les pieds. Et maintenant, je vais lire ce petit document que nous avons tous rédigé pour vous. Camarades zapatistes hommes et femmes, camarades internationaux Aujourd'hui, 31 juillet 1996, nous finissons les travaux de la table numéro 3 qui portait sur le thème des cultures et les sous-thèmes pour lesquels nous avons été convoqués. Aujourd'hui, nous emportons dans nos maisons les semences de l'espoir, la semence internationale de l'espoir dans nos pays, au Mexique, en Europe et dans le reste du monde. Cette semence de l'espoir représente un monde meilleur pour tous. Il faut savoir la soigner, il faut savoir la porter dans tous les recoins de tous les États, pays et continents. L'espoir d'un monde nouveau, où nous aurons tous notre place en tant qu'êtres humains. Pas comme des hommes et des femmes exploités ou exploiteurs. Non comme des riches et des pauvres, mais dans le respect pour la cohabitation des cultures du monde. De la même façon que nous savons partager la fête et la joie, nous devons apprendre à partager équitablement le savoir, le développement et le bien-être. Au cours de cette rencontre, les hommes et les femmes du maïs avons écouté et appris les paroles de ceux qui, avec leur cœur, sont venus connaître nos terres, notre culture et notre façon de vivre. Cela ne suffit pas. Le chemin est long et il commencera lorsque nous serons tous unis, lorsque les voix des sans-voix de toutes les terres, pays et cultures du monde s'uniront et chanteront à l'unisson : non au néolibéralisme. Non au capital pour lequel nous ne sommes qu'une marchandise. Non aux industries qui exploitent sans contrôle les ressources naturelles, les hommes, les femmes et les enfants du monde. Non aux moyens de communication au service du capital. Le capitalisme s'est imposé à feu et à sang dans le monde. S'il est nécessaire de tuer ou de mourir pour nous libérer de cette maladie, nous les hommes et les femmes véritables, nous sommes prêts. Nous sommes présents en ayant conscience que c'est maintenant ou jamais. Si le chemin c'est la paix, le dialogue, la compréhension et l'information véridique, cet Aguascalientes IV et tous les autres sont la preuve de notre volonté de dialoguer avec tout le monde. Nous voulons la paix, mais la paix juste et digne. Nous savons que la route est longue et que beaucoup de rencontres comme celle-ci sont nécessaires. Il faut beaucoup d'Aguascalientes, non seulement au Mexique mais dans tous les coins d'Amérique, d'Asie, d'Europe et d'Océanie. Un changement de conscience mondial est nécessaire, un changement de conscience individuel de nous tous qui habitons la planète et qui faisons partie de toutes les cultures du monde. Un changement est un long processus. Les riches doivent cesser d'être riches, non pour devenir pauvres ou exploités, mais pour être égaux. Un monde d'égalité où il n'y aurait ni pauvres ni riches, ni exploiteurs ni exploités. Le rêve zapatiste, qui commence à se faire réalité ici, aujourd'hui et toujours pour un lendemain meilleur sans misère et sans mort, dans les cinq Aguascalientes zapatistes. La participation des indigènes est claire pour nous. Nous avons apporté des journées de travail volontaire pour la construction des Aguascalientes, de la nourriture, la surveillance, etc. dans le but de créer un espace de dialogue où l'on puisse écouter nos voix. Nous avons envoyé nos délégués pour écouter, pour apprendre et aussi pour participer. Nous les hommes et les femmes véritables, nous n'avons pas l'habitude des longues sessions de discussion, ni des phrases et des mots compliqués. Notre langue est simple car véridique. Nous ne sommes pas des "baratineurs". La délégation zapatiste a toujours répété que le gouvernement fédéral continue de harceler les travailleurs de cette Rencontre dans les Aguascalientes. Pendant ces quelques jours, il y a eu plusieurs vols en rase-mottes de l'armée mexicaine et des mal-gouvernants sur les Aguascalientes ; et avant le début de cette Rencontre, il y a eu des patrouilles de sécurité publique. Dans tous nos Aguascalientes, à la Realidad, à Oventic, à Roberto Barrio et à Morelia, vous avez senti ces survols rasants. Toute cette intimidation ne changera jamais notre volonté de continuer d'aller de l'avant, notre volonté de lutter. Si nous nous sommes armés, c'est parce que nous sommes prêts à vivre ou à mourir. Nous avons utilisé le peu d'argent que nous avions, nous l'avons dépensé pour nos armes et il n'est pas si facile d'abandonner notre lutte révolutionnaire. Nos bases de soutien sont prêtes pour résister à la répression, à la persécution et aux poursuites. Nous sommes également prêts avec nos pieds et nos cœurs à aller de l'avant malgré toutes les manœuvres du gouvernement. Pas seulement les manœuvres militaires, mais également les manœuvres que les mal-gouvernants font aux institutions, comme la Sedesol qui prétend acheter la dignité zapatiste avec quelques tonnes de maïs et un misérable crédit de soutien à la production. Nous sommes prêts à ne pas tomber dans ces manœuvres, dans ces pièges que nous tend ce mauvais gouvernement. La dignité zapatiste n'est pas une marchandise du capital. La dignité zapatiste ne s'achète ni ne se vend. Si nous ne nous sommes pas rendus après la répression du 1er janvier 1994, avec les bombardements des communautés dans la région d'Almirano le 7 janvier de la même année, avec celle de février 1995, nous ne nous rendrons pas maintenant. Dans nos langues maternelles, nous ne savons pas ce que veut dire le mot reddition. Nous, avec nos paroles, non seulement nous annonçons ce que nous faisons mais nous faisons ce que nous disons. Nous saluons les frères et les sœurs qui, avec leur bonne volonté et leur sens de l'engagement sont venus jusqu'ici à cette communauté de Morelia, de la municipalité d'Altamirano au Chiapas. Nous saluons les frères et les sœurs qui n'ont pas pu venir, mais qui étaient présents de tout cœur avec nous. Nous souhaitons donc que la richesse de ces paroles aille de l'avant. Retournez dans vos régions, dans vos coins, dans vos pays, dans vos villes et dites la vérité, rien que la vérité, et que nous emportions tout cela, toute cette fête, toute cette cohabitation que nous avons vécue pendant trois jours, et que nos camarades des endroits où vous vivez ressentent ce que nous avons vécu avec vous. Je vais mettre fin à ce discours. Je sais que vous partez demain, les uns à San Cristobal, d'autres à la Realidad ; cette délégation vous souhaite bon voyage et que vous ayez la santé, la motivation et le courage de toujours dans cette lutte. Nous pourrons trouver notre juste cause, l'espérance et ce que nous désirons tous pour vivre, ce que nous avons maintes fois répété, un monde meilleur où nous ayons tous notre place. |
